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\newtheorem{theorem}{Theorem}
\newtheorem{defn}{Definition}

\begin{document}

\title{Résultant et applications}
\author{Préparation agrégation, option C}
\date{05/06}

\maketitle

Le résultant est un outil de calcul que l'on rencontre dans divers
domaines des mathématiques, ce texte présente quelques méthodes
de calcul du résultant plus ou moins efficaces selon les cas,
puis des applications.

\section{Calcul du résultant}
Le calcul des résultants non triviaux est très vite intensif,
on essaie donc d'utiliser des algorithmes efficaces, nous en présentons
quelques uns.

\subsection{Méthode du sous-résultant.}
Pour calculer le résultant de $A$ et $B$,
on peut réduire le déterminant correspondant
en faisant apparaitre par des combinaisons
linéaires de lignes le reste de la division euclidienne de $A$ par $B$.
On suit ainsi l'algorithme d'Euclide. On peut donc améliorer
l'efficacité de cette méthode de la même manière que pour
le calcul du PGCD, en effectuant des pseudo-divisions (pour
éviter d'introduire des dénominateurs), en simplifiant par
le PGCD des coefficients, et même en utilisant la méthode
du sous-résultant qui évite le calcul du PGCD des coefficients
en calculant à priori un facteur commun du reste.

\subsection{Méthodes de calcul de déterminant.}
On peut ``oublier'' l'origine polynomiale du résultant et le calculer
comme n'importe quel déterminant. On peut ainsi utiliser des méthodes
modulaires par exemple lorsque les coefficients sont entiers (cf. infra) ou
la méthode de Laplace, plus particulièrement efficace pour des 
polynomes creux ou
à coefficients symboliques. Cette méthode consiste à calculer
tout d'abord tous les mineurs 2,2 des 2 premières colonnes
du déterminant, puis tous les mineurs 3,3 des 3 premères colonnes
en les développant par rapport à la 3ème colonne et en utilisant
les mineurs 2,2 précédents, ainsi de suite jusqu'au déterminant
lui-même qu'on développe par rapport à la dernière colonne.

\subsection{Méthodes modulaires.}
Si les polynômes sont à coefficients entiers, on peut calculer
le déterminant modulo plusieurs nombres premiers et reconstruire
le résultat par le théorème des restes chinois en utilisant
la représentation symétrique des entiers. Il faut une
majoration de la valeur absolue du déterminant à calculer,
ce qu'on obtient facilement par la majoration de Hadamard.

Lorsque les polynômes dépendent polynomialement de paramètres,
on peut donner des valeurs entières à ces paramètres et reconstruire
le résultat par interpolation de Lagrange. Il faut ici une majoration
sur le degré du résultant. On peut majorer par
la somme des degrés partiels de $A$ et $B$ par rapport à cette variable
multipli\'e par le degr\'e total par rapport
aux autres variables. Dans certains cas
on peut améliorer cette majoration, par exemple si les polynomes
considérés sont homogènes par rapport à un groupe de variables
et si on calcule le résultant par rapport à une de ces variables,
le degré total du résultant par rapport aux variables restantes
est majoré par le produit des degr\'es totaux des deux polyn\^omes
de d\'epart, c'est ce qui permet de montrer par exemple
que l'intersection de deux courbes alg\'ebriques de degr\'es
totaux $n$ et $m$ a au plus $nm$ points (th\'eor\`eme de B\'ezout).

\section{Exemples d'applications}
Dans cette section, on présente quelques exemples importants
d'application du résultant. Il ne s'agit en aucun cas d'une
liste exhaustive d'applications!

\subsection{Systèmes polynomiaux}
Le résultant sert tout d'abord à éliminer une variable lorsqu'on
résout plusieurs équations polynomiales faisant intervenir
cette variable. Si $A$ et $B$ sont deux polynômes premiers entre eux
à coefficients dans un anneau de polynômes, on peut écrire
une version améliorée de l'identité de Bézout lorsque le second
membre est le résultant de $A$ et $B$~: il existe deux polynomes
$U$ et $V$ à coefficients dans l'anneau de polynomes tels que
\[ AU + B V = \mbox{resultant}(A,B) \]
Ainsi, si $A$ et $B$ s'annulent alors le résultant de $A$ et $B$
s'annulera aussi.

Un exemple simple d'application est le passage d'équations paramétriques
rationnelles d'une courbe à son équation cartésienne. On commence
par transformer en un système de 2 équations polynomiales en $t$ (le
paramètre), $x$ et $y$ (les coordonnées), dont on élimine $t$
en en prenant le résultant. En géométrie analytique, on peut
représenter les objets usuels (droites, cercles) par des équations
paramétriques rationnelles, 
et calculer les intersections, perpendiculaires, etc.
de manière paramétrique, ce qui permet par exemple de calculer
l'équation cartésienne d'un lieu géométrique.

On peut aussi calculer l'intersection de deux courbes algébriques
par cette méthode, ou les points singuliers d'une courbe.

Plus générallement, on peut résoudre des systèmes polynomiaux
de cette manière en éliminant au fur et à mesure les variables
jusqu'à obtenir une équation en une variable. Cette méthode
est toutefois moins efficace que l'utilisation des bases de Groebner~:
il s'agit de bases particulières d'un idéal engendré par des polynômes,
telles que la réduction par ``divisions'' successives (en restant
dans l'anneau) par les éléments de la base renvoie 0 si et seulement
si le polynome est dans l'idéal. Le calcul des bases de Groebner fait
intervenir un ordre moins dissym\'etrique entre les variables, cette souplesse
permet des gains en efficacité.


\subsection{Fractions rationnelles (intégration)}
C'est plutot l'identité de Bézout qui permet de décomposer
des fractions rationnelles en éléments simples que l'on utilise
pour calculer des primitives de fractions rationnelles, mais
le r\'esultant intervient \`a la fin.

On commence par factoriser le polynôme sous forme ``square-free''
(en produit de puissances de polyn\^omes premiers entre
eux et sans racine multiple), on décompose avec Bézout 
\[ \frac{N}{\prod_{j}P_j^j} = \sum_{j} \frac{N_j}{P_j^j}\]
on élimine les multiplicités en utilisant Bézout pour $P_j$ et $P_j'$,
si $1<k\leq j$~:
\[ \int \frac{N}{P_j^k} 
= \int \frac{AP_j+BP_j'}{P_j^k} = \int \frac{A}{P_j^{k-1}}
+ \int B \frac{P'}{P_j^k} \]
pour la dernière intégrale, on effectue une intégration par parties,
ce qui permet de diminuer la puissance du dénominateur de 1, on
se ram\`ene ainsi \`a un d\'enominateur sans racine multiple (\`a
la puissance 1).

L'étape finale consiste à intégrer une fraction dont le dénominateur
n'a que des racines simples. C'est ici qu'intervient le résultant,
si on souhaite exprimer cette intégrale en minimisant les
extensions algébriques (nécessaires à la factorisation du dénominateur),
en regroupant les logarithmes correspondant au même coefficient, on montre
que~:
\[ \int \frac{N}{D} = \sum_{t / \mbox{resultant}(N-tD',D)=0} 
t \ln( \mbox{gcd}(N-tD',D) )\]

\subsection{Extensions algébriques}
Le résultant sert également à calculer le polynome minimal
d'une extension algébrique contenant
deux extensions algébriques.
Si $x$ a comme polynome minimal $P(x)$ de degré $p$ irréductible
sur $\Q[X]$ et $y$ a comme polynome
minimal $Q(y)$ de degré $q$, irréductible sur $\Q(x)[X]$, 
alors il existe un entier $k$ tel que $kx+y$ engendre une
extension algébrique contenant $x$ et $y$, et le polynome
minimal de $x+ky$ est de degré $pq$ (en général on peut prendre
$k=1$). Pour calculer le polynome minimal de $kx+y$, on calcule
le résultant par rapport à $x$ de $P$ et de $Q(z-kx)$, on le
factorise par rapport à $z$, on doit obtenir un polynome de 
degré $pq$ (sinon on change de $k$), en effet
$P(x)=0$ et si $z=kx+y$, alors $Q(z-kx)=Q(y)=0$.

Le résultant sert également à factoriser des polynomes à coefficients
dans une extension algébrique de $\Q$ (cf. par exemple Cohen).

\section{Suggestions de développement}
\begin{itemize}
\item Description d'un algorithme complet de calcul de primitives
de fraction rationnelle.
\item Applications en géométrie, par exemple calcul de lieu géométrique.
\item Etude locale des courbes algébriques.
\item Illustration de l'utilisation du résultant pour les
extensions algébriques.
\item Autre(s) exemple(s) d'application(s) du résultant et/ou de
Bézout.
\item Intérêt des algorithmes modulaires.
\item Comparaison d'algorithmes de calcul de déterminant
\end{itemize}

\end{document}