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\title{Codes correcteurs d'erreur}
\author{Bernard Parisse\\Universit\'e de Grenoble I}
%\date{}
\textheight=23.5cm
\textwidth=17.5cm
\topmargin=-7mm
\oddsidemargin=-10mm
\begin{document}

%\maketitle

R\'ef\'erences~: Demazure, G. Z\'emor, wikipedia (pour les codes de
Hamming binaires non repris ici).

\section{TP}
On appellera symbole d'information l'unit\'e de base transmise, qu'on
supposera appartenir à un corps fini $K$, par
exemple pour un bit un élément de $K=\Z/2\Z$, ou pour un octet 
un \'el\'ement du corps à 256 éléments $K=F_{256}$.

On veut coder un message de longueur $k$ avec des possibilit\'es
de d\'etection et de correction d'erreurs, pour cela on rajoute
des symboles calcul\'es \`a partir des pr\'ec\'edents, 
on envoie un \'el\'ement d'un code ayant $n$ symboles.

\subsection{Le bit de parit\'e.}
On prend $k=7$ bits et $n=8$ bits. On compte
le nombre de 1 parmi les 7 bits envoy\'es, si ce nombre est pair, 
on envoie 0 comme 8i\`eme bit, sinon 1. 
Au final le nombre de bits \`a 1 de l'octet (1 octet=8 bits)
est pair. On peut ainsi d\'etecter une erreur de transmission si
\`a la r\'eception le nombre de bits d'un octet est impair, mais on
ne peut pas corriger d'erreurs.
On peut aussi dire que l'octet
repr\'esente un polyn\^ome \`a coefficients dans $\Z/2\Z$ divisible
par $X+1$.

{\bf Exercice}~:
\'Ecrire un programme Xcas permettant de rajouter un bit de parité
à une liste composée de 7 bits. Puis un programme de vérification
qui accepte ou non un octet selon sa parité. Vous représenterez
l'octet par une liste de bits, avec le délimiteur \verb|poly1[|
pour pouvoir effectuer des opérations arithmétiques polynomiales,
et vous effectuerez la vérification de deux manières, en comptant
le nombre de 1 ou avec l'instruction \verb|rem|.

\subsection{Codes lin\'eaires}
{\bf D\'efinition}~:
On multiplie le vecteur des $k$ symboles par
une matrice $M$ à coefficients dans $K$ de taille $n \times k$
et on transmet l'image.
Pour assurer qu'on peut identifier un antécédent
unique à partir d'une image, il faut que $M$ corresponde 
à une application linéaire injective, ce qui entraine $n\geq k$. 
On dit qu'un vecteur de $n$ symboles est un mot du code 
s'il est dans l'image de l'application lin\'eaire.

Pour assurer l'injectivité tout en facilitant le décodage, 
on utilise souvent une matrice identité $k,k$ comme sous-bloc
de la matrice $n,k$, par exemple on prend l'identité pour
les $k$ premières lignes de $M$, on ajoute ensuite $n-k$ lignes.

Pour savoir si un vecteur est un mot de code, il faut vérifier
qu'il est dans l'image de $M$. On peut par exemple vérifier
qu'en ajoutant la colonne de ses coordonnées à $M$, on ne change
pas le rang de $M$ (qui doit être $k$).

{\bf Exercice}~: créez une matrice $M$ de taille 7,4 injective. Puis
un programme qui teste si un vecteur est un mot de code et en
extrait alors la partie avant codage. Vérifiez votre programme
avec un vecteur $Mv$, on doit obtenir un mot de code.\\
Instructions utiles~: \verb|idn| (matrice identité)
\verb|ker| (noyau d'une application linéaire), \verb|rank| (rang),
\verb|tran| (tranposée), ... Pour créer une matrice, on peut coller
les lignes de 2 matrices $A$ et $B$ par \verb|[op(A),op(B)]| ou avec
\verb|blockmatrix|.

\subsection{Codes polynomiaux}
{\bf Définition}~:
Il s'agit d'un cas particulier de codes lin\'eaires.
On se donne un polyn\^ome $g(x)$ de degr\'e $n-k$,
On repr\'esente le message de longueur $k$ \`a coder par un polyn\^ome 
$P$ de degr\'e $k-1$.
On multiplie $P$ par $x^{n-k}$, on calcule le reste $R$ de la division
de $P x^{n-k}$ par $g$. On \'emet alors $P x^{n-k}-R$ qui est divisible
par $g$. Les mots de code sont les polyn\^omes divisibles par $g$.

{\bf Exercice}~: écrire de cette façon le codage du bit de parité. Puis
une proc\'edure Xcas de codage utilisant $g=X^7+X^3+1$ 
(ce polynôme était utilisé par le Minitel).
N.B. on obtient le polynôme $X^{n-k}$ sous forme
de polynome-liste dans Xcas par {\tt poly1[1,0\$(n-k)]}.

\subsection{D\'etection et correction d'erreur}
Si le mot recu n'est pas dans l'image de l'application
lin\'eaire il y a eu erreur de transmission. Sinon, il n'y
a pas eu d'erreur {\em d\'etectable\/} (il pourrait y avoir eu plusieurs
erreurs qui se ``compensent'').

Plut\^ot que de demander la r\'e\'emission du mot mal transmis
(ce qui serait par exemple impossible en temps réel 
depuis un robot en orbite autour de Mars),
on essaie d'ajouter suffisamment d'information pour 
pouvoir corriger des erreurs en supposant
que leur nombre est major\'e par $N$. 
Si les erreurs de
transmissions sont ind\'ependantes, la probabilit\'e d'avoir
au moins $N+1$ erreurs dans un message de longueur $L$
est $\sum_{k=N+1}^L \left( ^L_{k} \right) \epsilon^{k} (1-\epsilon)^{L-k}$, 
o\`u $\epsilon$ est la probabilit\'e d'une erreur
de transmission, c'est aussi \verb|1-binomial_cdf(L,epsilon,N)|. 
Par exemple, pour un message de $10^3$ caract\`eres,
chacun ayant une probabilit\'e d'erreur de transmission de $10^{-3}$,
si on prend $N=3$, alors la probabilit\'e d'avoir au moins 4 erreurs
est de 0.019 (arrondi par exc\`es)~:\\
\verb|P(N,eps,L):=sum(comb(L,k)*eps^k*(1-eps)^(L-k),k,N+1,L):;|\\
\verb|P(3,1e-3,10^3)|\\
ou directement \verb|1-binomial_cdf(1000,1e-3,3)|.

{\bf Exemple}~: On ne peut pas corriger d'erreur avec le bit de parité.

\subsection{Distances}
La distance de Hamming de 2 mots est le nombre de symboles qui diffèrent.
(il s'agit bien d'une distance au sens mathématique, 
elle v\'erifie l'in\'egalit\'e triangulaire). 

Exercice~: écrire une procédure de calcul de la distance de Hamming
de 2 mots. En Xcas, la fonction s'appelle {\tt hamdist}.

La distance d'un code est la distance de Hamming minimale
de 2 mots diff\'erents du code.
Pour un code lin\'eaire, la distance est aussi le nombre minimal
de coefficients non nuls d'un vecteur non nul de l'image.
Pour un code polynomial, la distance du code
est le nombre minimal de coefficients non nuls d'un multiple
de $g$ de degr\'e inf\'erieur \`a $n$.

Exercice~: quelle est la distance du code linéaire que
vous avez créé plus haut~?

{\bf Majoration de la distance du code:}\\
La distance minimale d'un code lin\'eaire est inf\'erieure ou 
\'egale \`a $n-k+1$~: en effet on écrit en ligne les coordonnées
des images de la base canonique (ce qui revient \`a transposer la
matrice) et on réduit par le pivot de Gauss,
comme l'application linéaire est injective, le rang de la matrice
est $k$, donc la réduction de Gauss crée $k-1$
zéros dans chaque ligne, donc le nombre de coefficients non nuls
de ces $k$ lignes (qui sont toujours des mots de code) est 
au plus de $n-k+1$.

Exercice~: si votre code linéaire n'est pas de distance 3, modifiez
les 3 dernières lignes pour réaliser un code de distance 3. On
ne peut pas obtenir une distance $n-k+1=4$ avec $n=7$ et $k=4$ 
dans $\Z/2\Z$, essayez! Essayez sur $\Z/3\Z$ et $\Z/5\Z$.

N.B.~: Pour les codes non
polynomiaux, par exemple convolutifs, la distance n'est pas
forc\'ement le
param\`etre le mieux adapt\'e \`a la correction d'erreurs.

\subsection{Correction au mot le plus proche}
Une strat\'egie de correction bas\'ee sur la distance consiste \`a
trouver le mot de code le plus proche d'un mot donn\'e.
Si la distance d'un code est sup\'erieure ou \'egale
\`a $2t+1$, et s'il existe un mot de code de distance inf\'erieure
\`a $t$ au mot donn\'e, alors ce mot de code est unique.
On corrige alors le mot transmis en le remplaçant par le mot de code
le plus proche.

Exercice~: écrivez un programme permettant de corriger une erreur
dans un mot dans votre code linéaire.

On dit qu'un code $t$-correcteur est parfait si la réunion des boules
de centre un mot de code et de rayon $t$ (pour la distance de Hamming)
est disjointe et recouvre l'ensemble des mots ($K^n$).

Exercice~: votre code linéaire sur $\Z/2\Z$ (celui de distance 3) 
est-il un code 1-correcteur parfait~?

\section{Les codes de Reed-Solomon}
Il s'agit de codes polynomiaux qui r\'ealisent la distance maximale
possible $n-k+1$. De plus la recherche du mot de code le plus
proche peut se faire par un algorithme de B\'ezout avec arr\^et 
pr\'ematur\'e.

\subsection{Théorie}
On se donne un g\'en\'erateur $a$ 
de $F_q^*$ et le polyn\^ome $g(x)=(x-a)...(x-a^{2t})$ (donc $n-k=2t$). 
Typiquement $q=2^m$ avec $m=8$, 
$a$ est une racine d'un polyn\^ome irr\'eductible
de degr\'e $m$ à coefficients dans $\Z/2$ 
qui ne divise pas $x^l-1$ pour $l$ diviseur
strict de $2^m-1$, en pratique, on factorise le quotient de $x^{2^m-1}-1$
par le ppcm des $x^{(2^m-1)/p}-1$ o\`u $p$ parcourt les
diviseurs premiers de $2^m-1$ et on en extrait un facteur de degr\'e $m$.

{\bf Distance du code}\\
Si la longueur $n$ d'un mot v\'erifie
$n \leq 2^m-1$, alors la distance entre 2 mots du code est au moins
de $2t+1$.
En effet, si un polynome $P$ de degr\'e $<n$ est un multiple de $g$
ayant moins de $2t+1$ coefficients non nuls,
\[ P(x)=\sum_{k=1}^{2t} p_{i_k} x^{i_k}, \quad i_k<n \]
en \'ecrivant $P(a)=...=P(a^{2t})=0$, on obtient
un d\'eterminant de Van der Monde, on prouve qu'il est non nul en
utilisant la condition $i_k<n$ et le fait que la premi\`ere puissance
de $a$ telle que $a^x=1$ est $x=2^m-1$.

{\bf Correction des erreurs}\\ 
Soit $c(x)$ le polynome envoy\'e, $d(x)$
le polyn\^ome recu, on suppose qu'il y a moins de $t$ erreurs
\[d(x)-c(x)=e(x)= \sum_{k=1}^\nu \alpha_k x^{i_k}, \quad \nu \leq t\]
On calcule le polynome syndrome~:
\[ s(x)= \sum_{i=0}^{2t-1}d(a^{i+1}) x^i= \sum_{i=0}^{2t-1}e(a^{i+1}) x^i \]
on a donc~:
\begin{eqnarray*} 
s(x) &= &\sum_{i=0}^{2t-1}\sum_{k=1}^\nu \alpha_k (a^{i+1})^{i_k} x^i \\
&=& \sum_{k=1}^\nu \alpha_k \sum_{i=0}^{2t-1}(a^{i+1})^{i_k} x^i\\
&=& \sum_{k=1}^\nu \alpha_k a^{i_k} \frac{(a^{i_k}x)^{2t}-1}{a^{i_k}x-1}
\end{eqnarray*}
On pose $l(x)$ le produit des d\'enominateurs (que l'on appelle polyn\^ome
localisateur, car ses racines permettent de trouver la position
des symboles \`a corriger), on a alors
\begin{equation} \label{eq:lsw}
 l(x) s(x) = \sum_{k=1}^\nu \alpha_k a^{i_k} ( (a^{i_k}x)^{2t} -1 )
\prod_{j\neq k, j \in [1,\nu]} (a^{i_j}x -1) 
\end{equation}
Modulo $x^{2t}$, $l(x)s(x)$ est donc un polyn\^ome $w$ de degr\'e inf\'erieur
ou \'egal \`a $\nu -1$, donc strictement inf\'erieur \`a $t$.
Pour le calculer, on applique l'algorithme de B\'ezout à $s(x)$
et $x^{2t}$ (dans $F_q$), en s'arr\^etant au premier reste $w(x)$
dont le degr\'e est strictement inf\'erieur \`a $t$ (au lieu
d'aller jusqu'au calcul du PGCD de $s(x)$ et $x^{2t}$).
Les relations sur les degr\'es (cf. approximants de Pad\'e et
la preuve ci-dessous) donnent
alors en coefficient de $s(x)$ le polyn\^ome $l(x)$ de degr\'e inf\'erieur ou
\'egal \`a $t$. On en calcule les racines (en testant tous les \'el\'ements
du corps avec Horner), donc la place des symboles erron\'es.

Pour calculer les valeurs $\alpha_k$, on reprend la définition de $w$,
c'est le terme de droite de l'équation (\ref{eq:lsw}) modulo $x^{2t}$,
donc~:
\[ w(x)=\sum_{k=1}^\nu \alpha_k a^{i_k} (-1)
\prod_{j\neq k, j \in [1,\nu]} (a^{i_j}x-1) \]
Donc~:
\[ w(a^{-i_k}) = - \alpha_k a^{i_k}  
\prod_{j\neq k, j \in [1,\nu]} (a^{i_j} a^{-i_k} -1) \]
Comme~:
\[ l(x)=(a^{i_k}x-1)\prod_{j\neq k, j \in [1,\nu]} (a^{i_j}x-1) \]
on a~:
\[ l'(a^{-i_k})=a^{i_k}\prod_{j\neq k, j \in [1,\nu]} (a^{i_j}a^{-i_k}-1) \]
Finalement~:
\[ \alpha_k = -\frac{w(a^{-i_k})}{l'(a^{-i_k})} \]

\subsection{Preuve du calcul de $l$}
On avait $s(x)$ avec deg$(s)<=2t-1$,
il s'agissait de voir comment la solution $u,v,r$ calculee par Bezout
\begin{equation}   \label{eq:loc}
 u(x)  x^{2t}+ v(x) s(x) = r(x) 
\end{equation}
avec arr\^et pr\'ematur\'e au 1er reste $r(x)$ de degr\'e $<=t-1$ 
correspondait \`a l'\'equation
\[   l(x) s(x) = w(x) mod x^{2t} \]
avec deg$(l)<=t$ et deg$(w)<=t-1$

On a vu que deg$(v)<=t$.
On commence par factoriser la puissance de $x$ de degr\'e maximal $p$ dans
$v(x)$, et on simplifie (\ref{eq:loc}) par $x^p$. 
Quitte \`a changer $v$ et $r$, on se
ramene donc \`a:
\[   u(x)  x^{2t-p}+ v(x) s(x) = r(x) \]
avec $v(x)$ premier avec $x$, deg$(v)<= t-p$ et deg$(r)<= t-1-p$.
On simplifie ensuite par le pgcd de $v(x)$ et de $r(x)$
(qui divise $u(x)$ car premier avec $x$ puisqu'on a d\'ej\`a trait\'e les
puissances de $x$).
On a donc, quitte \`a changer de notation $u,v,r$ tels que
\[  u(x)  x^{2t-p}+ v(x) s(x) = r(x) \]
avec $v$ et $r$ premiers entre eux, $v$ premier avec $x$,
deg$(v)<=t-p$ et deg$(r)<=t-1-p$ (N.B.: $p=0$ en general)

On observe que $l(x)$ est premier avec $x$ ($0$ n'est pas racine de $l$).
On raisonne modulo $x^{2t-p}$, $l$ et $v$ sont inversibles modulo $x^{2t-p}$,
donc 
\[ s(x) = w(x)*inv(l) \pmod{ x^{2t-p}},
\quad s(x) = r(x)*inv(v) \pmod {x^{2t-p}} \]
donc 
\[ w(x)*inv(l)=r(x)*inv(v) \pmod{x^{2t-p}} 
\quad \Rightarrow \quad w(x)*v(x)=r(x)*l(x) \pmod {x^{2t-p}} \]
donc $w(x)*v(x)=r(x)*l(x)$ \`a cause des majorations de degres

D'autre part par construction $w(x)$ est premier avec $l(x)$ (car chacun
des facteurs de $l(x)$ divise tous les \'el\'ements de la somme d\'efinissant
$w(x)$ sauf un), donc $l(x)$ divise $v(x)$, et comme $v(x)$ est premier
avec $r(x)$, on en d\'eduit que $v(x)=C l(x)$ o\`u $C$ est une constante non
nulle, puis $r(x) = C w(x)$.

Bezout donne donc (apr\`es simplifications du couple $v(x), r(x)$ par
son pgcd) le polynome localisateur \`a une constante pr\`es (donc les
racines et les positions des erreurs), et on peut calculer
les valeurs des erreurs avec $v$ et $r$ car la constante $C$ se simplifie.

\subsection{Avec Xcas}
R\'ecup\'erez la session \\
\verb|http://www-fourier.ujf-grenoble.fr/~parisse/agreg/reed_s.xws|
% Ouvrir la session \verb|Aide->Exemples->crypto->reed_s|

\end{document}
\pagebreak

\subsection{Avec Xcas}
Ouvrez dans le menu Exemples, poly la session |reed\_sol.xws|.

Le niveau 2 définit $F_{256}$, le niveau 3 un élément primitif.
Pour calculer le polyn\^ome \'emis correspondant \`a une suite
d'octets, on cr\'ee la liste des \'el\'ements de $F_{256}$
correspondant au moyen de l'application
\begin{center}
\verb|f(y):=ifte (y==0,zero,a^y)|
\end{center}
et de \verb|map|, par exemple
\begin{center}
\verb|l:=map([1,5,2,0],f)|
\end{center}

Le polynome $g$ peut se calculer avec \verb|product|
\begin{center}
\verb|g:=product(poly1[1,-a^k],k=1..2*t)|
\end{center}
On rajoute $2t$ \verb|G(0)| \`a la liste 
\begin{center}
\verb|l1:=poly1[op(l),seq(zero,2*t)]|
\end{center} 
ce qui revient à 
multiplier par $x^{2t}$, puis on calcule 
le reste de la division par $g$,
\begin{center}
\verb|r1:=rem(l1,g)|
\end{center}
que l'on retire (ou ajoute, c'est pareil) \`a \verb|l1| pour transmission.

Ajoutons 2 erreurs pour tester la correction d'erreurs
\begin{center}
\verb|r2:=r1+poly1[a,zero,zero,a^5,zero];|
\end{center}

On calcule le polynome syndrome directement en repr\'esentation liste
\begin{center}
\verb|s:=poly1[seq(horner(r2,a^(2*t-k)),k=0..(2*t-1))]|
\end{center}
On effectue maintenant l'algorithme de B\'ezout sur $x^{2t}$ et $s$
en calculant uniquement les coefficients de $s$ et en s'arretant 
au premier reste $w(x)$
dont le degr\'e est strictement inf\'erieur \`a $t$.
\begin{verbatim}
gf_bez(s,t):={ // s polynome liste, t entier
  local R0,R1,R2,v0,v1,v2; // R0=x^2t, R1=s, on calcule les v
  R0:=poly1[G(1),seq(zero,2*t)]; // x^2t
  R1:=s;
  v0:=poly1[];
  v1:=poly1[G(1)];
  while (degree(R1)>=t){
    q:=quo(R0,R1);
    R2:=R0-q*R1;
    v2:=v0-q*v1;
    R0:=R1;
    R1:=R2;
    v0:=v1;
    v1:=v2;
  }
  return v1,R1; // on renvoie le polynome localisateur et w
}
\end{verbatim}
puis
\begin{center}
\verb|(loc,w):=gf_bez(s,t)|
\end{center}
donne le polynome localisateur et $w$.

Avec nos erreurs en positions $i_k=1$ et $i_k=4$, on v\'erifie bien que
\begin{center}
\verb|horner(loc,1/a)| et \verb|horner(loc,1/a^4)|
\end{center}
sont nuls. Pour trouver 
la position des erreurs en général, on teste tous les $a^{-k}$
\begin{verbatim}
test_zero(loc,inva):={ 
  local pos,k;
  pos:=NULL; 
  for (k:=0;k<255;k++){ 
    if (1/horner(loc,inva^k)==infinity) // astuce pour giac-0.5.0
      pos:=pos,k;
  }
  return pos;
}
\end{verbatim}
Pour corriger les erreurs, il nous reste \`a calculer
$\frac{w(a^{-i_k})}{l'(a^{-i_k})}$. On écrit un petit
programme de dérivée de polynome-liste
\begin{verbatim}
diff_poly(l):={ // derivee d'un polynome liste
  local s,j;
  s:=degree(l);
  res:=poly1[0$s];
  for (j:=0;j<s;j++){
    res[j]:=(s-j)*l[j];
  }
  return res;
}
\end{verbatim}
on l'applique
\begin{center}
\verb|  lprime=diff_poly(loc)|
\end{center}
puis on évalue
\begin{center}
\verb|k:=pos[0];horner(w,inva^k)/horner(lprime,inva^k)|
\end{center}
et de même pour \verb|k:=pos[1]|.
On retrouve bien les erreurs introduites!

\pagebreak

\

\noindent M2 Crypto \hfill Codes correcteurs \hfill 2006

Ce TP comporte deux parties, la première partie propose des exercices
d'illustration des principes de base des codes correcteurs, la deuxième
partie explique une implémentation des codes de Reed-Solomon (utilisés
notamment dans les CD).

Vous allez effectuer les exercices de ce TP dans une session
interactive de Xcas, vous pourriez aussi les programmer en C++
en utilisant la librairie giac ou directement en C++ (mais
dans ce dernier cas, certaines instructions comme la réduction 
sous forme échelonnée
ou les opérations polynomiales doivent alors être programmées).

\section{Xcas}
Pour faire ce TP, vous devrez installer Xcas, qui est 
un logiciel de calcul formel capable entre autres
de calculer dans les corps finis~: cherchez
sur google, puis installez le package debian. 
Au premier lancement, choisissez Xcas comme syntaxe.
Pour obtenir de l'aide dans Xcas, utilisez le menu Aide ou tapez
le début d'un nom de commande puis la touche de tabulation.

En Xcas, un élément $a$ de $\Z/n\Z$ s'écrit \verb|a % n|, 
un corps fini se définit par exemple pour $G=F_{256}$
par l'instruction \verb|G:=GF(2,8,['a','G'])|, \verb|A:=G(a)| désigne
alors un élément primitif de $G$, $G$ est donc égal à 
$\{ 0, A^0=1, A, A^2, ..., A^{254}\}$ et les \'el\'ements de $G$
seront affich\'es par Xcas comme \verb|G| de puissances de $a$.

Vous pouvez effectuer les opérations arithmétiques usuelles avec
des éléments de corps finis (\verb|+,-,*,/,%| et
menus \verb|Maths->Entier| et \verb|Math->Polynomes|). 
Pour les polynômes à coefficients
dans un corps fini, on utilise la représentation par la liste
de ses coefficients en ordre décroissant, par exemple
\verb|poly1[A,A^3,0]| désigne un polynôme de degré
2 à coefficients dans le corps fini $G$ dont le coefficient
de $x^2$ est $a$, celui de $x$ est $a^3$ et le coefficient
constant est nul.

Un programme Xcas se définit par\\
\verb|f(arg1,...,argn):={|\\
\verb|  local var1,...,varn;|\\
\verb|  ...|\\
\verb|}|\\
Pour créer un programme, on utilise le menu Edit, ajouter programmme, puis
les menus du niveau de programme créé pour ajouter des structures
de controle (dont la syntaxe est identique à celle du C). Les principales
différences avec le C sont l'instruction d'affectation (\verb|:=| au lieu
de \verb|=|) et le fait que le langage est non typé (en-dehors de
la distinction variable globale/locale). Utilisez \verb|OK| pour 
interpr\'eter le programme, v\'erifiez les messages d'erreur.

Pour mettre au point un programme en l'exécutant pas à pas, tapez 
\verb|debug(nom_du_programme(arg1,...))|. Vous pouvez aussi utiliser
l'instruction \verb|print| pour afficher des informations intermédiaires.


\subsection{En C++}
Vous pouvez utiliser un autre langage, mais en C++ vous pouvez
utiliser la classe de polynomes\\
\verb|http://www-fourier.ujf-grenoble.fr/~parisse/crypto/poly.tgz|\\
D\'efinissez une classe avec un membre de donn\'ee de type \verb|int| 
repr\'esentant un \'el\'ement de \verb|GF(2,8)| 
et impl\'ementez les op\'erations
\verb|+, -, *, /| (vous pouvez r\'eutiliser
le TP AES, mais attention si votre polynome n'est pas primitif
au choix de $a$ pour qu'il soit g\'en\'erateur), 
vous pouvez alors utiliser les op\'erations
sur les polyn\^omes de la classe ci-dessus.
Il vous est maintenant possible de faire un programme C++ 
de codage et de correction d'erreurs en suivant le mod\`ele
de la section pr\'ec\'edente.

