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As of September 2009, I have moved to Germany to take up a professorship in the Mathematics Department at the University of Stuttgart. Please update your web links.
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Fachbereich Mathematik
Institut für Geometrie und Topologie
From September 2002 to August 2009, I held a position of maître de conférences (a tenured position roughly equivalent to associate professor) at the Institut Fourier.
My former home page at the Institut Fourier, which you are reading here and now, will remain online for a while but is no longer maintained nor updated.
« Au bout de chaque rue, une montagne... »
— Stendhal à propos de Grenoble.
Vue du Moucherotte sur Grenoble et la chaîne de Belledonne, au fond à gauche le Montblanc (7 mai 2009)

Blick vom Moucherotte auf Grenoble und das Belledonne-Massiv, im Hintergrund links der Mont Blanc
Wir tauschen Alpen gegen Schwarzwald,
Gratin dauphinois gegen Spätzle,
Renault gegen Porsche.
Il y a une douzaine d'années je suis tombé amoureux de ce merveilleux pays qu'est la France. Après y avoir vécu neuf années passionnantes, j'émigre une seconde fois pour retrouver le bonheur d'enseignant-chercheur, au moins je l'espère, dans mon pays natal.
Je réitère ici mes remerciements formulés lors du pot de départ le 9 juillet 2009 à l'Institut Fourier :
Chers collègues,
Ces sept dernières années, l'Institut Fourier est devenu ma famille,
famille mathématique bien sûr, mais bien plus que cela.
Je vous remercie tous très sincèrement de m'avoir adopté,
et de m'avoir donné ce privilège d'évoluer, ici, parmi vous.
Les enfants grandissent.
Un jour ils quittent la maison.
Et c'est bien ainsi.
Pourtant je ne parts pas le cœur léger. En allemand je dirais
« mit einem lachenden und einem weinenden Auge » :
pleurant d'un œil et riant de l'autre.
Comme vous imaginez, la situation en Allemagne n'est pas toute rose non plus.
Vue de loin elle semble plutôt grise, vue de plus près elle présente quelques tâches intéressantes.
En France, par contre, nous voyons notre situation se noircir. Pour tout vous dire, ceci a tranché ma décision.
Je suis mathématicien comme la plupart entre vous. J'adore enseigner et j'aime le métier de chercheur.
Ce sont ces perspectives qui m'ont attiré jadis, et ce sont maintenant les raisons pour lesquelles
je ne veux plus subir le mépris et le vandalisme gouvernemental qui règnent actuellement en France.
D'autre part je sais bien ce que je perds : nos amis, mes collègues,
une communauté mathématique forte et fière, une magnifique région, le pays où sont nés nos enfants.
Jusqu'à présent, en France, nous étions pauvres mais heureux.
Mais rien ne dure. En Allemagne... on verra bien.
Au lieu de vous reraconter ce que j'ai déjà dit à plusieurs reprises,
je préfère conclure en réitérant mes remerciements : merci beaucoup à vous tous !
Il est de la responsabilité de chaque communauté nationale, en Mathématiques, de veiller à ce que la qualité de l'enseignement en mathématiques, en particulier au niveau secondaire, soit préservée. Pour nous Français, au moment où des réductions d'horaires draconniennes menacent, cette tâche sera rude.
Ainsi conclut Adrien Douady sa splendide présentation de Jean-Christophe Yoccoz, médaille fields 1994. Force est de constater que 15 ans plus tard la cause est perdue, et ceci pour longtemps.
Je suis loin de faire l'éloge de l'Allemagne et de son système éducatif, y compris universitaire, qui a ses propres défauts et aussi ses qualités. La France sarkozienne, par contre, vit sur ses acquis, bientôt entièrement consommés, et le gouvernement détruit délibérément les fondements républicains, notamment l'enseignement public.
Plus haut était l'envol et plus dure sera la chute.
Nos gouvernants savent-ils que la culture, la science et l'éducation nécessitent
des décennies voire des sciècles pour s'enraciner et pour grandir ?
Elles ne se décrètent pas d'un jour à l'autre, elles se construisent au long terme, et elles doivent être cultivées.
Nos potentats se rendent-ils compte de notre héritage prestigieux, des travaux herculéens accomplis et du potentiel pour l'avenir ? Un climat favorable à la culture, à la science et à l'éducation est difficile à créer et nécessite toujours un effort soutenu. Malheureusement, il reste vulnerable et est vite détruit par quelques abrutis au pouvoir.
Qui aujourd'hui ne serait pas ravi des fruits que portent les investissements des nos ancêtres ? Faut-il encore rappeler les bienfaits d'un développement durable vis-à-vis la dévastation causée par les monocultures ? Or, à tous égards et particulièrement en science et éducation, le gouvernement français adopte la logique d'une république bananière.
Ceux qui veulent nous « piloter » sont en fait myopes !
Le discours de Nicolas Sarkozy le 22 janvier 2009. Tout simplement honteux.
Commentaire dudit discours, par Antoine Destemberg. Peut-on décrypter N.S. ?
Lettre ouverte à Valérie Pécresse (9 février 2009). Les sociétés savantes se révoltent.
Une intervention de l'éminent astronome André Brahic. On le savait dès le début.
Depuis la loi LRU, le gouvernement français est passé de la négligence à la destruction des universités, des organismes de recherche et de l'enseignement public à tous les niveaux. Les effets sont déjà désastreux, la confiance est perdue, le respect restera ruiné. Le démantèlement du service public français n'est plus seulement une menace mais une triste réalité. Ce sera aux futures générations de reconstruire ce que ces casseurs détruisent en peu de temps.
À ce propos j'adhère entièrement à la lettre ouverte de 130 Enseignants-chercheurs de l’Université Paris-Ouest Nanterre du 12 juin 2009 : « Vous pouvez partir. Nous, nous restons. Vous avez détruit, nous reconstruirons ».

La place Victor Hugo à Grenoble, le 5 mars 2009.
Documents sur les réformes (2009) regroupés sur la page de l'Institut Camille Jordan.
L'université féodale de demain par Pierre Jourde (Le Monde Diplomatique, avril 2008)
Comment devenir le chercheur du mois ? par Pierre Jourde (LMD, décembre 2008)
Point de vue de Jean-Pierre Démailly, professeur à l'Institut Fourier.

L'Institut Fourier, Université de Grenoble, au printemps 2009.
Une société qui ne transmet plus son savoir, s'appauvrit.
Une société qui ne transmet plus ses valeurs fondatrices, s'éfondre.
Peut-être, un jour, l'enseignement public français renaîtra de ses cendres...
| © Michael Eisermann | www-fourier.ujf-grenoble.fr/~eiserm |