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\parindent=0mm \parskip=6pt plus 2pt minus 2pt

\input macros_ocr.tex

{\sevenrm\baselineskip=10pt
Inventiones Mathematicae  {\sevenbf 48} (1978) 293--302\\
{\rm\copyright} by Springer-Verlag 1978, 0020-9910/78/0048/0293/\$02.00
\vskip1.5cm}

\centerline{\hugebf Un exemple de fibr\'e holomorphe non de Stein}
\smallskip
\centerline{\hugebf \`a fibre $\hbox{\hugebbb C}^{\hbox{\tenrm 2}}$
ayant pour base le disque ou le plan}
\bigskip

{\leftskip=8mm
par Jean-Pierre Demailly\vskip0pt
{\it Ecole Normale Sup\'erieure, 45, rue d'Ulm, F-75230 Paris Cedex 05, France\\
et L.A.\ au C.N.R.S.\ n$^0$$\,$213,
Universit\'e de Paris VI, D\'epartement de Math\'ematiques
\vskip1cm}}



\bigskip\bigskip

{\bigbf Introduction}

Dans le pr\'esent travail, nous construisons un fibr\'e holomorphe non de
Stein au dessus d'un ouvert connexe non vide quelconque de $\bC$, ayant
pour fibre $\bC^2$, et dont les automorphismes de transition sont de type
exponentiel.

La premi\`ere r\'eponse n\'egative au probl\`eme pos\'e en 1953 par J.-P. Serre
[4] de savoir si un espace fibr\'e \`a base et \`a fibre de Stein est
lui-m\^eme de Stein, a \'et\'e donn\'ee r\'ecemment par H.~Skoda dans [5] et
[6], o\`u le lecteur trouvera une bibliographie compl\`ete sur le
sujet. Dans le contre-exemple de H.~Skoda, la base est un ouvert
multiplement connexe, et les automorphismes de transition sont
localement constants et \`a croissance exponentielle.

En r\'eponse \`a une question soulev\'ee par H. Skoda, nous avons donn\'e dans
[1] un contre-exemple o\`u la base est une couronne, o\`u les
automorphismes de transition sont polynomiaux, et nous avons montr\'e
qu'alors le groupe de Dolbeault $H^{0,1}$ de l'espace total du fibr\'e est
muni de la topologie grossi\`ere.

L'outil principal pour la construction de tels fibr\'es est une
in\'egalit\'e due \`a P.~Lelong [3], qui permet de contr\^oler pr\'ecis\'ement la
croissance des fonctions plurisousharmoniques sur les fibres. On
prouve ici, par un calcul d'enveloppe pseudo-convexe utilisant le
principe du disque, que les fonctions plurisousharmoniques continues
sont constantes sur certaines fibres particuli\`eres, achevant ainsi la
construction du fibr\'e. On montre de plus (cf.\ la remarque 3) que les
fonctions holomorphes du fibr\'e sont triviales, c'est-\`a-dire constantes
sur toutes les fibres.
\bigskip

{\bigbf 1. L'in\'egalit\'e de P.~Lelong}

Nous nous contenterons d'\'enoncer le r\'esultat, et renvoyons le lecteur
\`a [1], \S$\,$1, [3] p. 193 th.~6.5.2 et p.~194, th.~6.5.4, ou [6], \S$\,$9,
pour un expos\'e complet.

Soit $\Omega$ une vari\'et\'e analytique complexe complexe de dimension $p$,
$V$ une fonction psh sur~$\Omega\times\bC^n$, $\omega$ un ouvert
relativement compact de $\Omega$. On mesure la croissance de $V$ sur 
les fibres en posant 
$$
M(V,\omega,r) = \sup_{x\in\omega,\,|z|\le r}V(x,z),
$$
o\`u $r\ge 0$ et $|z|=\sup_{1\le j\le n}|z_j|$.

D'apr\`es P.~Lelong~[4], $M(V,\omega,r)$ est fonction convexe croissante de 
$\log r$, strictement croissante pour $r$ assez grand si $V$ est non 
constante sur au moins une fibre au dessus de~$\Omega$.
\medskip

{\petcap Lemme.} -- {\it Si $\Omega$ est un ouvert de $\bC^p$, 
$\omega_1\subset\omega_2\subset\omega_3$ trois polydisques concentriques de 
rayons $\rho_1<\rho_2<\rho_3$, relativement compacts dans $\Omega$, et $V$ 
une fonction plurisousharmonique sur $\Omega\times \bC^n$, alors
$$
M(V,\omega_2,r)\le M(V,\omega_1,r^\sigma) + \mu\big[
M(V,\omega_3,1)-M(V,\omega_1,r^\sigma)\big],
\eqno(1)
$$
avec
$$
\sigma={\log \rho_3/\rho_1\over\log\rho_3/\rho_2},\qquad
\mu=1-{1\over\sigma}={\log \rho_2/\rho_1\over\log\rho_3/\rho_1}.
\eqno(2)
$$}

\medskip

{\petcap Corollaire {\rm (in\'egalit\'e de P. Lelong).}} -- {\it Soient
$\Omega$ une vari\'et\'e analytique connexe de dimension $p$, $V$ une function
plurisousharmonique sur $\Omega\times\bC^n$ non constante sur au moins 
une fibre, et $\omega_1$, $\omega_2$ deux ouverts relativement compacts 
de~$\Omega$. Il existe une constante $\sigma>1$ ne d\'ependant que de 
$\omega_1$, $\omega_2$, $\Omega$, et une constante $R>0$ d\'ependant en 
outre de $V$ telles que
$$
M(V,\omega_2,r)\le M(V,\omega_1,r^\sigma)\qquad
\hbox{\it pour $r\ge R$.}
\eqno(3)
$$}
\medskip

{\bigbf 2. Construction du fibr\'e $X$}

La base du fibr\'e sera un ouvert connexe non vide $\Omega$ de~$\bC$.  Nous
nous int\'eresserons surtout au cas o\`u $\Omega$ est un disque ou le plan,
car si $\Omega$ n'est pas simplement connexe, on peut donner une
construction plus simple avec des automorphismes polynomiaux
localement constants (cf.\ [1] \S$\,$2, 3). Soient $a_1$, $a_2$,
$a_3$, $a_4$, $a_5$, $a_6$, six points distincts de $\Omega$, et posons
$$
\Omega_0 = \Omega \ssm \{a_1,\,a_2,\,a_3,\,a_4,\,a_5,\,a_6\},\qquad
\Omega_k = \Omega_0\cup\{a_k\},\quad 1\le k\le 6.
$$
On d\'efinit un fibr\'e $X$ \`a fibre $\bC^2$ au dessus de $\Omega$ par
les cartes locales trivialisantes
\end
Tk'-X\c)k ->QtxC2 au dessus de Qk, Org/c\^{\i}S\^o, avec les automorphismes de transition

xkl = xk o if1 : Q0 x C2 -* Q0 x C2,

(si k + l, QknQl = Q0) d\'efinis par:

Un exemple de fibr\'e holomorphe non de Stein

295

Tki = Tok $^0$Toi      pour tous k,l=l, ...,6,

*()*(*, z) = (*, H      XeQQ,	Z = (Zl,Z2)>	W={WUW2),

o\`u

w1=z1,      w2 = z2exp(z1/_1 (p(x)),      si fc = l,2,3,

w1=z1 exp(z2/~4(p(.x)),     w2 = z2,     si fc = 4,5,6, avec

Z,,Z2,Wi,W2eC,       ;=-- + !--,

et

<p(x) = exp(   X    7-M>

M g* g 6 ?*      uk'

[lk, k = \, ...,6, \'etant un nombre complexe non nul.

Remarque 1. Pour d\'efinir X, la carte Q0 x C2 est en principe superflue, mais sa consid\'eration introduit des automorphismes x0k plus simples que les automor-phismes xkI,k,l + 0.
\bigskip

{\bigbf 3. Restrictions sur la croissance d'une fonction
plurisousharmonique non constante sur une fibre $\{a_k\}\times \bC^2$}

Soit V une fonction plurisousharmonique continue sur X, repr\'esent\'ee dans la carte Qk x C2 par la fonction du m\^eme type Vk = Vo x~l. On a donc sur Q0 x C2

K,oTk,= F"     fc,/ = 0,...,6.

L'id\'ee est la suivante: la croissance de Vk=V0$^0$x0k au dessus d'un ouvert io0 relativement compact dans Q0 est comparable \`a la croissance de Vk au dessus d'un petit disque voisin de ak (in\'egalit\'e de P. Lelong). Ce petit disque peut \^etre choisi de sorte que cp y prenne des valeurs tr\`es petites, et que x0k y soit proche de l'application identique. Revenant \`a l'ouvert initial w0, on voit que le croissance de Vk va \^etre contr\^ol\'ee par celle de V0, comme l'exprime de fa\c{c}on pr\'ecise la proposition ci-dessous.

Proposition. Soient \omega0 un ouvert relativement compact dans Q0, V une fonction plurisousharmonique continue sur X. Si pour un certain k - 1,..., ou 6, Vk=Voxkl est non constante sur la fibre {ak} x C2, il existe une constante R > 1 telle que pour r^R on ait:

M(V0 o x0k, \omega0, r) ^ M(V0, m0, exp(Log4 r)).

D\'emonstration. D\'esignons par $\frac{1}{2}${a,p) le disque ouvert de centre aeQ, et de rayon p>0.

296	J.-P. Demailly

Soit b un point de Q0 tel que --- soit r\'eel n\'egatif, et assez voisin de ak

b-ak

pour que le disque m(b,4p), p = \b - ak\, soit contenu et relativement compact

dans Qk. Nous poserons:

bt = ak + t{b - ak),     pt = \pt,     avec 0<tg^	(4)

Dans la suite Cl,C2,...,R1,R2,..., d\'esigneront des constantes d\'ependant des donn\'ees de l'\'enonc\'e, mais ind\'ependantes de r et du param\`etre t. Puisque Qk est connexe, (3) entra\^{\i}ne pour r^R1

M{Vk,$\frac{1}{2}$0,r)^M(Vk,m(b,p\r^), et

M(Vk,$\frac{1}{2}$0,r)^M(Vk,(o(b"2p),rCl),     carw(b,p)<za(b"2p).	(5)

D'apr\`es le lemme (formules (1), (2)) appliqu\'e aux disques concentriques w, = \omega{bt,pt), <$^+_-$>2 = u>(bt,2p), \omega3 = o>(fct,3/o), contenus dans \omega(b,4p), on a

M(Vk, \omega(bt, 2p), r) \`e M(Vk, $\frac{1}{2}$(b" Pt\ r"')

+ pt[M(Vk,m(bv3p),l)-M{Vk,$\frac{1}{2}$(b"pt),r$^0$<)-],

avec

= Log3p/p, =Log6/f ^	\_

G'    Log3p/2p    Log3/2=   2     8t'

1

d'o\`u pour r^l, compte tenu de ce que <rt>l et $\frac{1}{2}$(bt,3p)^a>(b,4p),

M(Vk,$\frac{1}{2}$(bt,2p),r)^M(Vk,$\frac{1}{2}$(b"pt),rC2Lo^)

+ ptlM(Vk,$\frac{1}{2}$(b>4p),l)-M(Vk,\omega(b"pt),r^.	(6)

Vk \'etant non constante par hypoth\`ese sur la fibre {ak} xC2, sup Vk(ak,z) tend

vers \omega quand r tend vers oo.	|z'-r

Gr\^ace \`a la continuit\'e de Vk, il existe pour tout nombre A une constante rA et un voisinage UA de ak tels que

sup Vk(x,z)^A      pour tout xeUA.	(7)

Prenons

A = M(Vk,$\frac{1}{2}$(b,4p),l).

Pour 0<t^t0 assez petit, w{bt,pt) rencontre UA, donc pour r^rA on a

M(VkMb"Pl),r)*A = M(VkMbAp),l).	(8)

Un exemple de fibr\'e holomorphe non de Stein

297

En combinant (5), (6) et (8), il vient:

M(Vk,oj0,r)\`eM(Vk,$\frac{1}{2}$(b"pt),rC2Lo^),	(9)

pour r^R2 = sup{Rl, \,rA) et 0<f rgt0.

Rempla\c{c}ons  maintenant   Vk  par   V0$^0$x0k  et  choisissons   t  pour  que  t0k

C Lo ~

\lguil\?approche l'application identique\?\rguil sur le polydisque \z\^r 2 $^0$B<-r \'etant fix\'eS;R2, d\'eterminons f pour que

C2Log-

r 2     < -    sup    |p(x)|^l.	(10)

xeto{bt,Pt)

Le transform\'e du disque a)(bt,pt) par l'homographie xh--- est le disque de

y	n

points diam\'etralement oppos\'es	k

A	et	^

t/2{b-ak)	3t/2{b-ak)'

Comme --- a \'et\'e choisi r\'eel n\'egatif, on a pour xe\omega(bt,pt b-ak

x-ak	t '	'3    3|b-aJ'

Puisque u>(bt,pt)c(o(b,Ap)<gQk, on a les majorations

|<p(x)|^ C4exp (Re---)      pour xem(b, Ap), \     x - akl

|(jo(x)|^exp I	-I	pour xem(bt,pt).

(10) est donc r\'ealis\'e d\`es que

/C5\       C2Logi	.	1/t	C2t

exp   -   {\pounds}r	',soit-	- ^ -Logr,

\ t I	Log 1/f    C5

encore avec C6>C2/C5 et r^R3 assez grand:

^C6LogrLogLogr	(12)

C   Lo  !

Avec le choix (10) de t, l'image par x0k du polydisque \z\^r 2 $^0$ef est incluse

C   Lo  -

dans le polydisque |w|^er 2 $^0$8\lguil\?. On a donc d'apr\`es (9) et (12)

M(Fk,\omega0,r)^M(K0oTofe,ffl(fc(,ft),rC2Log7),

M{Vk,$\frac{1}{2}$0,r)^M{V0Mbt,Pt),erC^$^0$*T),

M(Vk,a>0,r)SM(V0,\omega(bnp,),rc^Oil-ogr)	(13)

298

J.-P. Demailly

en prenant

1    3 C6LogrLogLogrg-S-C6Logr-LogLogr

r^^4 = sup(R2,R3).	(14)

Il nous reste \`a revenir du disque a>(fr"/y,) \`a l'ouvert $\frac{1}{2}$0. Consid\'erons \`a cet effet une suite de disques concentriques \omega"ca>"<=(u5 de centre btn, de rayons ipt",yt", \pt"(d. (4)).

La condition lolaoff1 \'equivaut \`a t"^f tn_x, tn^jt"_l par un calcul facile.

Nous prendrons f" = f t"_1 =({\S})"-

Pour n = n(r) d\'etermin\'e de fa\c{c}on unique, on a

1     3 C6Logr-LogLogrg - <-C6Logr-LogLogr,

'-n       *?

et d'apr\`es (13), (14) il vient pour r^R4

M(Kfc,oj0,r)^M(K0,\omega"2(r),rC7LogLo80	(15)

(Noter que of2 = o)(btn, ptJ.)

D'apr\`es le lemme, formules (1) et (2), on a pour r^ 1 et pour tout entier n

M(F0,ffl"2,r)lM(K0,\lguil\?);/) + /1[M(F0,ffl"3,l)-M(F0,0);,r)],	(16)

avec

Log3

Log2

$^0$   Log3/2

'      M_Log3'

Or



M(V0,$\frac{1}{2}$"3,\

) = M(Vko^k\(o"3,l)



SM(Vk,$\frac{1}{2}$"3,Cs)



\`eM(Vk,a>(b,3p),C8),

avec



xe\omega(b, 3

sup            |t\^o/(x,z)|,

x-ak

et compte tenu de l'inclusion \omega3c\omega(b,3p) (cf. (11) ainsi que la d\'efinition de x0k au paragraphe 2). Choisissons maintenant pour A = M(Vk,\omega(b,3p), C8) une constante r^ et un voisinage 1/4 tels que la condition (7) soit satisfaite. On a pour

M(K0,^,r) = M(KkoTofc1,a;\"{\i},r)^M(Fk,\omega\"{\i},C9Logr),	(18)

o\`u C9 est une constante positive assez petite.	n

En effet pour xem", on a \`a la fois xe\omega(b,4p) et Re ---^0, ce qui entra\^{\i}ne

\(p{x)\^ C4 gr\^ace \`a (11). Dans ces conditions, si |z|^ C9Logr, l'image w = x0k(x,z)

Un exemple de fibr\'e holomorphe non de Stein	299

v\'erifie

|w|^sup(C9Logr, C9Logrexp(C4 C9Logr)), d'o\`u

\w\=r si Cg est assez petit.

Si \lguil\? est plus grand qu'un certain entier n0, m" rencontre UA, et d'apr\`es (7) on a

M(Vk,oJ\"I,C9Logr)^Apom C9Logr^rA.	(19)

En prenant n^n0, r^exp(rA/C9), (16), (17), (18), (19) donnent

M(V0, \omega"2,r){\pounds}M(V0, afu r$^0$) \`eM(V0, off^r"),

puisque m" ci of2 '.

De proche en proche on obtient

M(V0, oj"2, r){\pounds}M(V0, $\frac{1}{2}$"2$^0$, r""""0),	(20)

avec

n^n0, r^exp (~-\.

Dans l'ouvert connexe Q0, (3) implique pour r^Rs

M(V0, of2$^0$, r) ^M(V0, $\frac{1}{2}$0, rc'$^0$).	(21)

Enfin (15), (20), (21) fournissent

M(Vk,oj0,r)SM(V0,w0,rc<'1"a""'^"oLoeLa\?\rguilr\	(22)

pour r^R6 = sup(R4_,R5, exp(rA/C9)). Mais

Log3      /3\a

a =	-=  -)       avec a = 2,458... <3,

Log3/2    \2/

d'o\`u

a"{r) = -^S (~) (Logr-LogLogr)"

d'apr\`es (14), et C7 C10ff"(,')~'l0LogLogr;i(Logr)3 pour r^R-, assez grand. L'in\'egalit\'e de la proposition r\'esulte de (22) en posant R = sup(R6,R1).
\bigskip

{\bigbf 4. Calcul d'enveloppe pseudo-convexe}

Th\'eor\`eme. Le fibr\'e X construit au paragraphe 2 au moyen des 7 cartes Qk x C2 et des automorphismes de transition xkl a la propri\'et\'e suivante: il existe une fibre

300

J.-P. Deraailly

Tki(iak} x C2), k = l,...,6 o\`u toutes les fonctions plurisousharmoniques continues sur X sont constantes; en particulier X n'est pas de Stein, et nest pas isomorphe au fibr\'e trivial \Omega x C2.

D\'emonstration. Supposons que pour tout fc = l,...,6 il existe une fonction V[k) plurisousharmonique et continue sur X non constante sur la fibre ^'({aj x C2).

6

Posons V= Y, K V&) ou les K sont des scalaires r\'eels >0. Lorsque les ).k sont

k= 1

bien choisis, V est non constante sur les six fibres {ak} x C2, car il y a au plus un hyperplan de (A1,...,\^A6)eR6 pour lesquels V soit constante sur l'une des six fibres. On peut alors appliquer la proposition \`a chacune des fibres {ak} x C2, fc = l,...,6:

M(F0$^0$Tot,cw0,r)^M(F0,<x>0,exp(Log4r))      pour r^R,

ce qui s'\'ecrit encore

sup      L0(x,z){\pounds}M(L0,(u0,exp(Log4r)),	(23)

avec

Kx,r=    U   To*(MxDr).

1 g/c{\pounds}6

Comme V0 est plurisousharmonique en z, on a

sup      V0(x,z)=      sup^^L0(x, z),	(24)

XE\^uJo.zeKXir	XEC\`aQ,zeKXlr

o\`u, par d\'efinition m\^eme de celle-ci, Kx r est l'enveloppe pseudo-convexe de Kx r.

Kxr co\"{\i}ncide d'ailleurs avec l'enveloppe polynomialement convexe de Kxr

d'apr\`es Hormander [2] p. 91, th. 4.3.4. Il nous reste \`a \'evaluer Kx r. La forme de x0k montre que pour k= 1,2,3, t0k{{x} x Dr) contient l'ensemble

\(wl,w2)eC2;\wl\Sr,\w2\\`erexp\^\(p(x)\Y      et lArgwJ^1 (p(x)\^ donc      1J    -i0k({x}xDr) contient le polydisque |w,|^r, |w2|^r exp l-|\c{c}>(x)|);

de m\^eme     \J   x0k({x} xCr) contient le polydisque Iwjrgrexp l-|(j!\?\rguil(x)|),|w

k=4,5,6	\2	/

Le principe du disque (cf. par exemple Hormander [2], p. 34, th. 2.4.3.) montre que Kx r contient le polydisque de rayon moyenne g\'eom\'etrique

2\^r.

(Jkotol)-	(25)

Mais pour xec\^o0, on a \(p(x)\^C>0, et d'apr\`es (23), (24), (25), la majoration M\V0,(o0,r exp I-- 11^M(V0,m0, exp(Log4r)) est v\'erifi\'ee pour r^R.

rexp

Un exemple de fibr\'e holomorphe non de Stein

301

Comme V est non constante sur au moins une fibre de X, M(V0,$\frac{1}{2}$0,r) est strictement croissante pour r assez grand; on en conclut

rexp (-J-) ^exp(Log4r)

pour tout r assez grand, ce qui est contradictoire.
\bigskip

{\bf 5. Compl\'ements et bibliographie}

Remarque 2. La d\'emonstration ci-dessus ne permet pas de pr\'eciser la fibre \lguil\?exceptionnelle\?\rguil T^l({ak} xC2) du th\'eor\`eme. Supposons n\'eanmoins qu'il existe un groupe d'automorphismes de X permutant transitivement les fibres ^"'({fljxC2), fc = l,...,6: toutes les fonctions plurisousharmoniques continues sur X sont alors constantes sur chacune des six fibres. Un exemple de cette situation est obtenu avec les donn\'ees suivantes: \Omega est un disque de centre 0 et de rayon p, 0<p^ oo,

$$
ak = ajk~1	pour k=l,2,3,

ak= -ajk~5      pour /c = 4,5,6, avec 0<|a| <p,

<j\?\rguil(x) = exp(    X       ,     k   X     P + 0; V= o,i,2 a -j x /
$$
le groupe d'automorphismes de X est le groupe d'ordre 6 engendr\'e par l'auto-morphisme 8 tel que

Okl = Tko0oT-1:QlxC2-*QkxC2 {x,z1,z2)^{-jx,z2,jz1)

o\`u k et / sont li\'es par la relation Qk= -jQt. (Les conditions de recollement des 0kl se v\'erifient facilement sachant que cp(-jx) = (p(x).)

Remarque 3. Il est ais\'e de voir, de fa\c{c}on g\'en\'erale, que les fonctions holomorphes sur X sont constantes sur toutes les fibres.

Soit en effet / une fonction holomorphe sur X, repr\'esent\'ee dans la carte QkxC2 par la fonction fk=f$^0$tk1- Au dessus d'un disque de centre ak contenu dans Qk, on peut \'ecrire


/*(*\?\rguilz)= X (x-ak)"gn(z),

n=0

o\`u les g" sont des fonctions enti\`eres de 2 variables. g0(z)=fk(ak,z) est une constante a0 d'apr\`es le th\'eor\`eme; par r\'ecurrence sur n, on voit que chaque g" est une constante a" en consid\'erant la fonction holomorphe sur X

i     		m < n

-_        {x~^aj"        '

qui est repr\'esent\'ee dans la carte QkxC2 par la fonction hnk = hn$^0$rk 1 = {\pounds}  (x

go	m   an

- ak)m~"gm(z). On a donc/k(x, z) = {\pounds} a"(x -ak)", et / est constante sur toutes les fibres par connexit\'e de la base (ou par l'in\'egalit\'e de Lelong).

Remarque 4. On peut montrer que le groupe de Dolbeault H0zl(X) est de dimension infinie, et non s\'epar\'e; voir [1], {\S}6.
\bigskip\bigskip

\centerline{\bf Bibliographie}
\bigskip

{\parindent=6.5mm

\item{[1]} {\petcap J.-P.\ Demailly} -- {\it Diff\'erents exemples de
fibr\'es holomorphes non de Stein}$\;$; S\'emi\-naire P. Lelong, H. Skoda
(Analyse), 1976/1977, Lecture Notes in Math. n$^0$~694, Springer-Verlag,
15--41.

\item{[2]} {\petcap L.~H\"ormander} -- {\it An introduction to complex
analysis in several variables}$\;$; Second edition, North Holland
Publishing Company, 1973.

\item{[3]} {\petcap P.~Lelong} -- {\it Fonctionnelles analytiques et
fonctions enti\`eres $(n$ variables$)$}$\;$; Mont\-r\'eal, Les Presses de
l'Universit\'e de Montr\'eal, 1968, S\'eminaire de Math\'ematiques
Sup\'e\-rieures, \'et\'e 1967, n$^0$~28.

\item{[4]} {\petcap J.-P.~Serre} -- {\it Quelques probl\`emes globaux
relatifs aux vari\'et\'es de Stein}$\;$; Colloque sur les fonctions de
plusieurs variables, Bruxelles, 1953.

\item{[5]} {\petcap H.~Skoda} -- {\it Fibr\'es holomorphes \`a base et \`a fibre
de Stein$\;$; C.~R.\ Acad.\ Sc.\ de Paris, 16 mai 1977, A.\ 1159--1202.

\item{[6]} {\petcap H.~Skoda} -- {\it Fibr\'es holomorphes \`a base et \`a fibre
de Stein}$\;$; Inventiones Math.\ {\bf 43} (1977) 97--107.
\bigskip\bigskip}

\centerline{Re\c{c}u le 5 Juillet 1978}

\end
