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\frenchletter
\address
Monsieur le Ministre de 
l'Education Nationale
$\ $
Monsieur le Ministre de la 
Recherche et de la Technologie
$\ $
Monsieur le Secrétaire d'\'Etat
à l'Industrie
|

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\date 30 juillet 2001|
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\parindent = 0cm

\centerline{\bf Rapport sur l'enseignement des sciences}
\centerline{\bf et sur l'environnement de travail des enseignants
et enseignants-chercheurs}
\bigskip

L'objet de ce rapport est de contribuer à une analyse de la situation 
de l'enseignement scientifique en France, dans le Secondaire et à 
l'Université. Comme cette situation est fortement liée aux conditions 
générales d'exercice des enseignants et enseignants-chercheurs, 
je me suis attaché aussi à analyser les difficultés les plus sérieuses 
que ceux-ci peuvent rencontrer dans d'autres secteurs que celui strict 
de leur activité d'enseignement, notamment dans leurs activités de recherche. 
Le rapport se veut sans concessions ni complaisance, mais ne prétend 
pas à l'exhaustivité dans l'analyse des difficultés.

L'analyse soutenue dans ce rapport est que la qualité de
l'enseignement public scolaire et universitaire s'est considérablement
dégradée depuis une dizaine d'années, pour des raisons objectives et
quantifiables, et que c'est cette dégradation globale, massive, qui
est la cause principale de désaffection des étudiants dans les
filières scientifiques, ainsi que de la difficulté qu'éprouvent les
enseignants et enseignants-chercheurs à pouvoir exercer efficacement
leur métier.  Bien entendu, si le texte est très fortement critique,
c'est aussi parce qu'il se concentre à dessein sur les difficultés et
ne s'étend pas sur les aspects positifs (cela ne veut pas dire qu'il
n'en existe pas aux yeux de l'auteur de ce texte...)

Les vues qui suivent sont personnelles, mais je dois ajouter
qu'elles ressortent d'une pratique de près de 25 ans sur le terrain,
et de discussions avec de nombreux collègues d'autres disciplines
scientifiques, ou encore avec des enseignants du secondaire, à l'IREM
de Grenoble.  J'ai pu bénéficier des réflexions menées par la commission
Kahane, ainsi que de débats menés à l'Académie des Sciences l'an
dernier. J'ai moi-même enseigné au Lycée il y a une vingtaine
d'années, et depuis, à tous les niveaux de l'Université. Mes travaux
de recherche m'ont amené à cotoyer de près plusieurs branches des
mathématiques, mais aussi la physique mathématique et l'informatique,
souvent en relation avec des chercheurs européens ou d'autres
pays. Enfin, j'ai joué récemment un rôle de conseil auprès du MEN et
du CNDP dans le cadre d'une opération en cours concernant les TICE et
les logiciels libres.

J'espère que ces vues pourront être utiles par exemple en vue du
travail de la commission présidée par Monsieur le Professeur Guy
Ourisson, Membre et Président sortant de l'Académie des Sciences, 
ainsi qu'aux cellules de réflexion des ministères concernés.  Il va de
soi que je me tiens à votre disposition pour vous apporter de plus
amples informations, et, le cas échéant, vous mettre en contact avec
les individualités, associations ou institutions qui ont été mes
sources de réflexion.

Le rapport s'articule en quatre parties, de longueurs inégales :

I. Enseignement des Sciences: un état des lieux.

II. Situation calamiteuse des filières d'enseignement général à 
l'Université

III. Combattre l'inflation et l'inefficacité administratives

IV. Entrée dans la société de l'information: plaidoyer pour un libre 
accès à la connaissance scientifique


Pour chacun des aspects, des propositions précises sont faites. Il est
évident que l'ampleur des mesures que je propose est très grande et
demanderait (demandera?) des efforts et des moyens considérables. De
telles mesures devraient s'étaler sur plusieurs années, et s'effectuer
dans un souci de continuité et de cohérence. Je suis pour ma part
absolument convaincu que les problèmes sont structurels et très
profonds, et qu'on ne pourra pas y remédier par une collection de
petites mesures ou ajustements ponctuels. Les solutions ne pourront
pas être mises en oeuvre sans une prise de conscience suffisante
des pouvoirs publics et de l'opinion, et une participation active
de la société dans son ensemble.
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\centerline{Fait à Saint-Martin d'Hères,}
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\centerline{Jean-Pierre Demailly}
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{\it Copie}:

* Présidence de la République, Cabinet du Premier Ministre

* Présidence de l'Académie des Sciences, Commission présidée par Guy Ourisson

* Associations savantes

* Grands partis politiques

* Syndicats enseignants

* Media
\end

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% End:


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% End:

