Epreuve orale de Mathématiques ENS : PARIS : filière MP : 25 / filière MPI : 20 Membre de jury : Yves Laszlo Comme chaque année, l'épreuve a permis de détecter un certain nombre d'excellents candidats au potentiel prometteur. Rappelons que le but est de repérer, au-delà des qualités académiques, les signes d'un futur chercheur scientifique. Outre donc les facultés de compréhension et de raisonnement, on recherche l'originalité et, point essentiel, la possibilité d'étudier activement, de façon aussi autonome que possible un problème inconnu. Cette attitude de recherche active, pugnace est malheureusement souvent remplacée par une attente passive et silencieuse, sans doute de perches tendues par l'interrogateur. Il va sans dire que c'est la pire manière de procéder et qu'on préférera de loin un candidat se trompant au cours de tentatives infructueuses - qui sait se reprendre cela va sans dire - à tel ou tel enfermé dans un prudent mutisme. Les examinateurs sont conscients de l'énorme stress supporté par le candidat. Celui-ci doit savoir que les sujets proposés ne sont que bien rarement - voire jamais - fondés sur des recherches d'astuces quasi divinatoires. Au contraire, on cherche à voir si le candidat est capable d'émettre des hypothèses, de les tester, sur des exemples parfois, pour ensuite aboutir à une preuve. Comme nos collègues physiciens, on a pu constater que même sur un panel de candidats à aussi fort potentiel, les méfaits de la mise à sac de l'enseignement des mathématiques dans le secondaire mis en place depuis plus de deux décennies se faisaient sentir. Le programme est souvent mal assimilé, ce parfois même dans les points les plus basiques (l'algèbre linéaire par exemple). Il semble clair qu'on ne peut impunément retarder l'apprentissage du raisonnement mathématique et que les notions ont besoin de recul pour être assimilées, même par les meilleurs. Bien entendu, on imagine, hélas, mal un changement radical d'attitude, pourtant indispensable, à ce niveau. A tout le moins, on ne saurait trop mettre en garde contre les dangers de l'acquisition de connaissances hors programmes, qui dans la majeure partie du temps, sont mal comprises et handicapent au final le candidat.