\input macros_ocr.tex
\def\bu{\scriptstyle\bullet}

{\bigbf Lycée Naval de Brest}\\
\vskip1cm

{\bf Certificat d'exercice}
\vskip1cm
Je soussigné, {\petcap N.~Lefort}, Proviseur du Lycée Naval, certifie que
Monsieur {\petcap Demailly}, Professeur de Mathématiques a assuré dans mon
établissement avec compétence et efficacité, un service d'enseignement
notamment en classe de Seconde C, durant son service national (année
scolaire 1980-1981).

Fait à  Brest le 22 juin 1981

Le Proviseur du Lycée Naval de Brest

\vfill\eject

\centerline{\hugebf Admissions aux agrégations}
\vskip7mm

{\bigbf Mathématiques}

Mmes et MM. Aidi (46e bis)~; Allais, née Billard (189e)~; Allys
(131e)~; Alt (171e)~; Jacques Amon (179e )~; Pierre Amon (138e)~;
Arger, épouse Abrial (112e)~; Pierre Arnoux (53e)~; Michèle Audin
(29e)~; Yves Auffray (118e)~; Auquiert (171e)~; Azzali (168e)~; Bagnol
(179e)~; Bakry (17e)~; Pierre Baras (74e)~; Baroth (77e)~; Bauderon
(146e)~; Bernard Beck (40e)~; Bedel-Vattaire (8e)~; Bellina (163e)~;
Ben Naceur (157e bis)~; Bernardi (5e)~; Gérard Besson (19e)~; Beuzelin
(153e)~; Michel Boileau (55e)~; Bonahon (15e)~; Michel Bonnet (80e)~;
Bouaziz (189e bis)~; Serge Bouc (10e)~; Christian Bourdarias (57e)~;
Bernard Bourgeois (189e)~; Nicole Bourgeois (168e).

Mmes et MM. Bouveresse (26e)~; Boyer de Bouillane (163e)~; Brondeau
(64e)~; Buhler (40e)~; Caignaert (124e)~; Campbelle (189e)~; Canadas
(131e)~; Candelpergher (138e)~; Capliez (34e)~; Yves Carrière (60e)~;
Bernard Caumartin (72e)~; Chagny (179e)~; Dominique Chariot (109e)~;
Chevillard (87e)~; Chiappori (40e)~; Cirade (83e)~; Clairambault (91e
)~; Clermont (26e)~; Jean-François Colin (118e)~; Combrouze (36e)~;
Coornaert (24e)~; Costa (141e)~; Marc Coudert (55e)~; Crépy (146e)~;
Cuculière (50e)~; Dalin (118e)~; De Conninck (48e)~; De Plaugergues
(107e)~; Dechoux (189e)~; Deleglise (138e)~; Michel Delmas (112e)~;
Demailly (3e).

Mmes et MM. Demolliens (118e)~; Dennebouy (151e)~; Devys (62e)~;
Dhomps (91e)~; Driencourt (122e)~; Dubus (141e)~; Agnès Duchenne
(68e)~; Durin, née Chaput (114e)~; Christian Duval (163e),~; Yves
Duval (9e)~; Duverney (179e)~; Dymetman (99e)~; Eguether (74e)~;
Ehrsam (168e)~; Richard Emilion (44e)~; Enjalbert (18e)~; Philippe
Etienne (19e)~; Fack (166e)~; Fall (118e bis)~; Faugère (102e)~; Feray
(171e)~; Feuillet, née Costa (153e)~; Flamant (83e)~; Alain Forestier
(57e)~; Fourmont (171e)~; Franchi (89e)~; Franchini (49e)~; Fuhr (36e)
: Gacogne (171e)~; Gaud (91e)~; Geoffre, née Rauch (45e)~; Cécile
Germain (53e).

Mmes et MM. Christian Germain (153e)~; Ghys (12e)~; Marc Gillet
(131e)~; Pascal Girault (77e)~; Giry (28e)~; Gloess (189e), Gravereaux
(141e)~; Groscot (80e)~; Anne Guillaume (57e)~; Hainneville (83e)~;
Halpern (151e)~; Hollard (16e)~; Huguenin (66e)~; Dominique Hulle
(157e)~; Jean-François Husson (30e)~; Jan (83e)~; Janssoone (189e)~;
Guy Jany (131e)~; Joppin (189e)~; Jean-Michel Jospin (21e)~; Journat
(141e)~; Jouvinroux (22e)~; Kittel (157e)~; Koszul (189e)~; Laurent
Lacroix (179e)~; Lalauze (126e)~; Lamari (47e bis)~; Le Helloco
(157e)~; Le Telller née Mazières (115e)~; Hervé Lebas (109e)~;
Jean-Marc Lecole (96e)~; Legay (68e)~; Yves Lemaire (24e)~; Leresche
(179e)~; Liron (115e)~; Lourdet (61e)~; Maffre de Lastens (131e)~;
Mairie (80e)~; Dominique Mansard (47e)~; Alain Marc (126e)~; Marpsat
(126e)~; Marselli (96e)~; Patrick Martin (141e)~; Michel Matignon
(74e)~; Maupon (146e)~; Jacques Merle (31e)~; Messin (52e)~; Pascal
Michel (102e)~; Mondoloni (62e)~; Claude Morin (91e)~; Christianne
Muller (126e)~; Nadine Muller (124e)~; Anne Nicol (104e)~; Nin
(115e)~; Nourisson (171e)~; Dominique Paoli (104e)~; Claude Pascal
(96e)~; Pavard (126e)~; Pecqueur (179e)~; Patrice Perrin (38e)~;
Jean-Michel Pierre (100e)~; Piraux (38e)~; Piron (68e)~; Plateau
(40e).

Mmes et MM. Henri Poncet (189e)~; Prestel (44e)~; Marc Prévost
(157e)~; Philippe Reboul (171e)~; Revol, née Michaud (179e)~; Claude
Ricaud (13e)~; Alain Rieu (107e)~; Bernadette Riou (6e)~; Rondepierre,
née Parisot (171e)~; Roseau (157e)~; Rousée (131e)~; Gilbert Roux
(50e)~; Roux-Durrafourt, épouse Bravard (131e)~; Jean-Paul Roy
(122e)~; Royer (66e)~; Jean-Luc Sabourin (87e)~; Sauloy (11e)~;
Schoenhauer (91e)~; Schwach (7e)~; Thierry Schwartz (22e)~; Denis
Serre (1er)~; Siau (89e)~; Simon, née Hamon (179e)~; Albert Sitbon
(157e)~; Skandalis (2) (3e bis)~; Jean-Marie Staub (71e)~; Stepanian
(109e)~; Marie-Luce Sutter (189e)~; Marie-Paule Sutter (46e)~; Suzor
(100e)~; Taboury (64e)~; Nicole Texier (77e)~; Thedie (146e)~; Tierno,
née Scarpelli (146e)~; Touraille (179e)~; Tutenuit (33e)~; Vadot, née
Pierrot (32e)~; Jean-Claude Vilard (166e)~; Vincenti (153e)~; Vinel
(104e)~; Voedts (4e)~; Wallon, née Tillié (72e)~; Yoccoz (1er)~; Zurek
(14e).
\bigskip

{\bigbf Sciences physiques (option physique)}

Mmes et MM. Ameil (36e)~; Angelie (31e)~; Marc Barnier (32e)~; René
Baudouin (58e)~; Ben Amar Lannoy (76e)~; Beuget (73e)~; Philippe
Blondeau (36e)~; Bolmont (76e)~; Bonneton-Caillat (54e)~; Bommier
(64e)~; Bouteloup (85e)~; Broutée (57e)~; Jean-Luc Brunel
(88e). Caulliez (23e)~; Chahbenderian (29e)~; Béatrice Chancel (28e)~;
Chandesris-Horn (38e)~; Michel Cohen (53e)~; Chappert (17e)~; Colomb
de Daunant (24e)~; Cornuejois (10e)~; Bernard Croset (82e)~; Dalaudier
(33e)~; Daurelle (44e)~; Delduc (5e)~; Delyon (34e)~; Depoorter
(54e). Bertrand Duplantier (27e)~; Enderlin (78e)~; André Ferrand
(20e)~; Finaud-Guyot (74e)~; Anne-Marie Fleury (20e)~; Gilles Foret
(46e)~; Brigitte Fournier (52e)~; Paul François (70e)~; Frey (66e)~;

Mmes et MM. Gabiane (74e)~; Gallaud (24e)~; Gerland (46e)~; Ghozland
(89e)~; Gleizes (81e)~; Goursaud (82e)~; Jean-Paul Grenet (78e)~;
Claude Guyot (8e)~; Haag (14e)~; Christophe Hernandez (78e)~; Jaekel
(18e)~; Joussen (3e)~; Juraszek (9e)~; Kirchner (43e)~; Kovacic
(49e)~; Alain Leelerc (58e)~; Catherine Marin (82e)~; Georges Marin
(58e)~; Mialet-Espitalier (35e)~; Milsztajn (16e)~; Mochkovitch
(89e)~; Jean-Louis Moisy (45e)~; Moncho (30e)~; Mohgrand (24e)~;
Montambaux (15e)~; Moussa (38e)~; M'Bengue-Mathe (69e) ;

Mmes et MM. Panni (71e)~; Pedelabat-Lartigau (66e)~; Christian Perrier
(46e)~; Pillet (63e)~; Pontzeele (6e)~; Rabeux (38e)~; Claude Rabot
(54e)~; Serge Reynaud (2e)~; Domini­que Richard (66e)~; Rollinger
(51e)~; Romney (19e)~; Rosset (7e)~; Seyller (38e)~; Michel Steiner
(22e)~; Stoliaroff Pépin (31e)~; Taconet-Terrasse (12e)~; Marie-Hélène
Thibault (49e)~; Thonier (61e)~; Thouroude (64e)~; Triou (72e)~;
Vecchiato (1er)~; Charles Vianey (87e)~; Jean Virieux (38e)~; Paul
Voisin (61e)~; Whybrew~; (12e)~; Wolff-Boissard (86e)~; Yvinec-Guiard
(11e).
\bigskip

{\bigbf Sciences physiques (option chimie).}

Mmes et MM. Alberto (16e)~; Antoine Arsène (7e)~; Arzallier (31e)~;
Marinette Barraud (13e)~; Bernache-Assollant (23e)~; Beynier (7e)~;
Ber­nard Boulet (2e)~; Branlard (25e)~; Brefort (3e)~; Burlot (19e)~;
Canneva (26e)~; Catté (17e)~; Cauchy (4e)~; Didier Devilliers (1er)~;
Dufetel née Barruol (35e)~; Durand née Tardy (31e)~; Fagoaga (33e)~;
Gayme (18e)~; Gula née Style (15e)~; Jumain (29e)~; Pierre Kopff
(10e)~; Lagouge (14e)~; Le Génissel (5e). Legueut (30e)~; Lugan épouse
Fabre (20e)~; Magna (9e)~; Ménival (6e)~; Miloriaux (22e)~;
Nerguararian née Pédussaud (11e). Nickel (27e)~; Patrice Noblet
(11e)~; Raoult (24e)~; Christian Rolando (28e)~; Toromanoff (34e)~;
Volatron (21e).

\vfill\eject

\centerline{\bigbf Présentation des travaux de Jean-Pierre DEMAILLY}
\bigskip\bigskip

Jean-Pierre Demailly est professeur à l'Université Grenoble 1. Il est
l'auteur d'une oeuvre exceptionnelle par sa profondeur et l'étendue
des résultats obtenus. Ceux-ci, fondamentaux pour l'Analyse complexe,
apportent des méthodes analytiques nouvelles en géométrie algébrique,
en théorie des nombres, et, pour certains d'entre eux, en Physique
mathématique. Ils ont donné à Demailly une réputation
internationale. Prix Carrière (1981), Prix Mergier-Bourdeix (1994), il
a été conférencier invité aux Congrès internationaux de Kyoto (1990)
et de Zürich (1994). Il a reçu les Prix Heinemann (Göttingen, 1991) et
Humboldt (Max Planck, 1996).

{\bf 1 --} Le point de départ des travaux de J-P. Demailly est l'Analyse
complexe à plusieurs variables avec la présence, à côté des fonctions
holomorphes, d'objets (fonctions, opéra­teurs) qui n'ont plus le
caractère holomorphe mais forment des classes invariantes par les
isomorphismes analytiques complexes: tels sont les fonctions
plurisousharmoniques (p.s.h.) et les opérateurs formes-courants
positifs fermés. Ils se prêtent à l'étude des opérateurs $\partial$ et 
$\overline\partial$ et
de leurs cohomologies ainsi qu'à celle de la ``positivité''. Celle-ci
fait l'objet de la Thèse de Demailly qui comprend 7 mémoires. Il y
définit la s-positivité des espaces fibrés vectoriels holomorphes
hermitiens, en faisant intervenir la courbure. Demailly résout ainsi
des problèmes nés de la présence de plusieurs notions différentes
(Griffiths, Nakano) et sa méthode lui donne la solution de problèmes
fins en montrant l'existence de rétractions holomorphes, et
d'extensions de fonctions avec contrôle de croissance. Elle utilise
des scindages de suites exactes et les estimations $L^2$. Après sa
formule de Jensen, Demailly donne une généralisation du nombre de
Lelong pour les courants positifs fermés (P.~Lelong, 1957, Y.T.~Siu,
1974) en introduisant un poids p.s.h.. Il crée ainsi une technique
d'une remarquable efficacité. Un lemme de Schwarz nouveau lui permet
de résoudre des conjectures (Chudnovski) en théorie des nombres et
d'aller au delà des résultats de Bombieri grâce à une méthode directe
qui évite le recours aux techniques $L^2$. L'étude des éléments extrémaux
sur le cône des courants positifs fermés en liaison avec la conjecture
de Hodge lui permet de montrer par construction qu'ils ne sont pas
nécessairement donnés par des cycles analytiques. Demailly donne une
caractérisation intrinsèque des variétés algébriques. Elles sont
caractérisées par l'existence d'une fonction d'exhaustion p.s.h. qui
vérifie une condition simple, ce fut là une réussite très remarquée
après les résultats partiels obtenus par Y.T.~Siu et S.T.~Yau. Je
citerai encore la fonction de Green hypercomplexe que Demailly a
construite pour l'opérateur de Monge-Ampère complexe, ainsi que son
étude sur les nombres de Lelong des images directes de courants
positifs fermés et les résultats qu'il ne cesse de préciser, vu leur
importance pour les applications, sur la propagation de leurs
singularités. En résolvant une telle succession de problèmes, Demailly
a créé une série de techniques nouvelles.

{\bf 2 --} Les résultats de Demailly sur les espaces fibrés l'ont amené à
utiliser les techniques précédentes pour l'étude de problèmes de la
Géométrie analytique ou algébrique. Une étude spectrale de l'opérateur
de Laplace-Beltrami complexe le conduit à démontrer des inégalités de
Morse asymptotiques pour la cohomologie à valeurs dans un fibré
holomorphe. Ses résultats sur les puissances tensorielles des fibrés
vectoriels ont été vite remarqués et utilisés. Soit $E$ un fibré
holomorphe en droites et $F$ un fibré de rang $r$ sur une variété complexe
compacte $X$. Demailly donne pour la dimension des espaces de
cohomologie $H^q(X, E^k \otimes F)$ une majoration fonction de la 
courbure de $X$, pour $k\to +\infty$. Ce résultat lui permet de 
démontrer en géométrie algébrique des conjectures 
(Grauert-Riemenschneider) sur les espaces
de Moishezon. L'étude fournit aussi des propriétés asymptotiques. En
les appliquant à l'opérateur de Schrödinger des champs magnétiques
intenses, Demailly a obtenu des propriétés asymptotiques optimales,
elles sont valables dans une situation plus générale que celle étudiée
par Witten pour la théorie de la supersymétrie.

{\bf 3 --} La mesure de l'amplitude des fibrés vectoriels holomorphes sur une
variété complexe $X$ amène Demailly à étudier des critères
numériques. L'analyse de la conjecture de Fujita (1993) le conduit à
un résultat précis pour passer d'un fibré ample à un fibré «très
ample». En utilisant les techniques $L^2$, des résultats de Yau, et les
propriétés des nombres de Lelong, Demailly établit une version
effective pour des énoncés importants tel le théorème de Matsusaka.

Les succès de Demailly l'ont amené récemment à développer ses méthodes
en Géométrie. En collaboration avec Peternell et Schneider (1994), il
a entrepris une série d'études sur les variétés kählériennes compactes
à fibré tangent numériquement effectif. Une autre étude en cours (avec
Kollár) apporte des résultats sur les exposants (au sens d'Arnold) des
singularités des fonctions plurisousharmoniques.

Ces travaux qui intéressent l'Analyse complexe, la géométrie
algébrique et la théorie des nombres ont valu à Demailly de nombreuses
invitations et lui ont donné une activité internationale. Il est
actuellement rédacteur de plusieurs des meilleurs journaux
mathématiques.

L'étendue et l'importance de l'{\oe}uvre déjà faite par J.-P. Demailly
font de lui un candidat exceptionnel. Cette oeuvre poursuivie avec une
continuité remarquable donne dès maintenant à Demailly une réputation
internationale.
\vfill\eject

\def\bibitem#1{\item{\llap{#1}\kern10pt}}

\centerline{\bf Principales publications de Jean-Pierre Demailly}
\vskip1.5cm
{\parindent=12mm

\bibitem{\bf[1]} {\it Formules de Jensen en plusieurs variables et
applications arithmétiques}. Bull.\ Soc.\ Math.\ de France, 110, 1982,
75--102.

\bibitem{\bf[2]} {\it Estimations $L^2$ pour l'opérateur d'un fibré
vectoriel holomorphe semi-positif au dessus d'une variété kählérienne
complète}. Ann.\ Sci.\ Ecole Norm.\ Sup.\ 4e Sér.~15, 1982, 457--511.

\bibitem{\bf[3]} {\it Courants positifs extrémaux et conjecture de
Hodge}. Invent.\ Math.69, 1982, 347-374.

\bibitem{\bf[4]} {\it Champs magnétiques et inégalités de Morse pour la
$d''$ cohomologie}. C.R.A.S., 305, 119--122 et Ann.\ Inst.\ Fourier
Grenoble 35, 1985, 189--229.

\bibitem{\bf[5]} {\it Nombres de Lelong généralisés, théorèmes
d'intégralité et d'analyticité}. Acta Math.\ 159, 1987, 153--159.

\bibitem{\bf[6]} {\it Holomorphic Morse inequalities}. Proc.\ Symposia in
pure Math. 52, 1991, 93--114.

\bibitem{\bf[7]} {\it A numerical criterion for very ample line
bundles}. Jour.\ Diff.\ Geom., 37, 1993, 323--374.

\bibitem{\bf[8]} {\it Regularization of closed positive currents and
intersection theory}. Jour.\ Alg.\ Geom.\ 1, 1992, 361--409.

\bibitem{\bf[9]} {\it Algebraic criteria for Kobayashi hyperbolic
projective varieties and jet differentials}. Proc.\ A.M.S., Summer School
on Alg.\ Geom., Santa-Cruz, 1995.

\bibitem{\bf[10]} {\it Effective bounds for very ample line
bundles}. Invent.\ Math.\ 124, 1996, 243--261.

\bibitem{\bf[11]} {\it Semi-continuity of complex singularity exponents
and Kähler-Einstein metrics on Fano orbifolds}, Ann.\ Inst.\ Fourier
Grenoble, 1997.

}
\vfill\eject

\centerline{\bf 
Note sur l'{\oe}uvre et les travaux de Jean-Pierre Demailly, mathématicien}
\bigskip

Je crois nécessaire de préciser, ne fût-ce que brièvement, le
caractère et la valeur exceptionnelle des résultats que J.-P.~Demailly
a apportés aux mathématiques. J'essaierai de le faire en quelques
mots. Poincaré, autrefois, avait dit et prévenu que la recherche
mathématique, pour le passage de $1$ à $n>1$, du nombre $n$ des variables
(ou des coordonnées) complexes, en analyse ou en géométrie, ne
pourrait être une généralisation ni s'y ramener. Par là, certes, il
jugeait déjà la valeur mais aussi les difficultés des créations à
accomplir au sein de secteurs fondamentaux pour la science
mathématique et pour ses applications.

C'est cependant vers de tels problèmes qui obligent à former des
méthodes et à créer des situations nouvelles au sein d'un domaine
fondamentalement nouveau (mais parfois, à tort, on le juge classique)
que Demailly a fait cette oeuvre étendue qui a conduit si souvent à
une analyse, une géométrie et des applications nouvelles. J'en
donnerai ici un exemple simple en évoquant un problème qui était
demeuré longtemps sans solution et que Demailly a résolu dès ses
débuts, avant sa thèse, en montrant qu'un domaine fibré dans l'espace
complexe, même si sa base et ses fibres ont la propriété de
pseudo-convexité, ne saurait posséder lui-même cette convexité
complexe que dans des situations exceptionnelles que l'analyse de
Demailly a été capable de préciser.

En conclusion, l'{\oe}uvre de Demailly, est de qualité et d'importance
exceptionnelle dans un domaine mathématique étendu et important pour
la science par ses applications. Elle a résolu des problèmes
mathématiques essentiels. Leur solution par Demailly fait de lui un
candidat exceptionnel. La valeur de l'oeuvre qu'il a faite lui a valu
nombre de prix parmi les plus recherchés, nationaux et internationaux,
confirmant la réputation d'une recherche de première importance
scientifique.

Je prie le lecteur d'excuser l'envoi de cette Note sur la situation
mathématique, je le renvoie à l'exposé des travaux de Demailly dans la
présentation de sa candidature.
\bigskip

Pierre Lelong\hfill 19 Novembre 2005\\
9 place de Rungis\\
75013 Paris\\
Tél. 01.45.81.51.45
\vfill\eject


Université de Grenoble\\
Institut Fourier \\
BP 116 - 38402 Saint-Martin d'Hères Cedex\\
Laboratoire de Mathématiques Pures associé au CNRS - Tél. (76) 54.81.45
\vskip1cm

Saint-Martin d'Hères, le 23 novembre 1982
\vskip1cm

{\bf Rapport sur les travaux de J.P.\ Demailly}
\vskip5mm

M. {\petcap Demailly} est âgé de 25 ans ; c'est donc, et de loin, le plus jeune
des candidats, il a soutenu sa thèse en octobre 1982 à Paris 6 ; son
directeur de thèse était M. Skoda.

Avant sa thèse, il avait publié quelques articles, notamment deux où
il améliore le contre exemple de Skoda au problème de Serre (fibrés
dont la base et la fibre sont des variétés de Stein, sans que le fibre
lui-même soit de Stein) ; en particulier, {\petcap Demailly} donne un
exemple de cette situation où la base est le disque et la fibre $\bC^2$.

Sa thèse elle-même regroupe 7 articles, publiés ces deux dernières
années ou en cours de publications, qui étudient différents aspects de
la positivité en analyse complexe et géométrie analytique. Étant donné
la très grande richesse de ses articles, je me contenterai de noter
quelques points particulièrement remarquables.

En premier lieu, {\petcap Demailly} élucide le rapport entre les différentes
notions de positivité pour les fibrés vectoriels holomorphes
hermitiens en démontrant notamment le résultat suivant : si $E$ est
positif au sens de Griffiths, $E \otimes \det E$ est positif au sens de
Nakano. La résolution de ce problème, que {\petcap Demailly} ramène à des
résultats élémentaires sur les formes hermitiennes semble avoir
beaucoup surpris les spécialistes. Il montre aussi que les mêmes
résultats permettent d'analyser les relations entre les différentes
notions de positivité des courants.

Dans un autre article, il montre comment les estimations $L^2$ de
Hörmander pour l'opéra­teur $d''$ et les théorèmes d'existence qui en
découlent se ramènent à des majorations de type Kodaira-Nakano sur des
variétés kählériennes complètes : le rapport entre ces deux types de
majorations avait souvent été noté, mais sans doute jamais aussi
nettement, La fin du même article, d'une grande virtuosité technique,
montre comment on peut se débarrasser de la régularité des poids qui
interviennent dans ce type de majorations ; ceci lui permet de
retrouver et d'améliorer des résultats de divers auteurs, notamment
Nakano, Griffiths, Skoda.

Dans un troisième travail; il établit une formule de Jensen à $n$
variables, et en déduit un lemme de Schwarz qui lui permet de
retrouver le théorème de Bombieri sur l'ensemble des points où une
application méromorphe prend une valeur algébrique, en éliminant les
majorations de Hörmander de la question ; la démonstration est de ce
fait beaucoup plus simple et naturelle ; l'estimation du degré des
hypersurfaces obtenues est un peu moins bonne que celle de Bombieri en
dimension${}\ge 3\;$; mais en dimension 2 elle est meilleure et optimale. La
même méthode lui permet aussi de démontrer une conjecture de
Chudnovski sur le degré des hypersurfaces algébriques qui s'annulent
sur un ensemble fini donné de $\bC^n$ avec multiplicité $t$, lorsque 
$t\to +\infty$.

D'autres articles sont consacrés aux courants positifs~; dans l'un
d'eux il généralise la notion de nombre de Lelong d'un courant positif
fermé et en déduit une démonstration très simple de l'invariance du
nombre de Lelong par un isomorphisme analytique ; il éclaircit aussi
le problème du comportement du nombre de Lelong par image directe par
un morphisme propre. Dans un autre article, il donne un exemple de
courant positif extrémal sur $\bP^2(\bC)$ qui n'est pas un ensemble
algébrique (son exemple est le suivant :
$$S = \lim_d {1\over d} [\Gamma_d]$$ 
est le courant d'intégration sur la courbe de Fermat
de degré$d\;$; il résout ainsi un problème vieux de 15 ans$\;$; il montre
aussi le rapport de ce type de questions avec la conjecture de Hodge.

Je dois dire que je suis très impressionné par l'ensemble des
résultats de {\petcap Demailly}, et plus encore par son style~:
{\petcap Demailly} ne se contente pas d'améliorer des résultats
d'auteurs tels que Hörmander, Nakano, Skoda, Bombieri, etc... à coup de
prouesses techniques~; dans les problèmes qu'il étudie, il simplifie,
cherche à aller au fond des choses, à la méthode définitive et au
résultat optimal, et il y parvient souvent. A cela viennent s'ajouter
tout naturellement un soin et une clarté de rédaction et d'exposition
orale remarquables. C'est peu de dire que c'est un excellent candidat,
il semble qu'il a l'étoffe d'un grand mathématicien ; dans d'autres
temps, il n'aurait eu que le choix entre plusieurs des meilleures
universités françaises ou étrangères.
\vskip1cm
\centerline{Bernard {\petcap Malgrange}}
\vfill\eject


\centerline{\bf --- o ---}

Le PRIX IBM a été attribué pour 1989 à Jean-Pierre Demailly de
l'université de Grenoble. A cette occasion, le président du jury
A. Beauville nous a transmis ce texte de présentation des travaux de
J.-P.~Demailly.


Jean-Pierre Demailly, âgé de 32 ans, est professeur à l'université de
Grenoble I depuis 1983. Ses travaux portent sur l'analyse complexe,
avec une forte composante géométrique. Il n'est pas question ici de
les analyser tous; je vais essayer d'en dégager les thèmes essentiels.

1) La positivité des fibrés holomorphes. Il existe différentes notions
de positivité pour un fibré vectoriel holomorphe sur une variété
complexe, en particulier celles introduites par Griffiths d'une part
et par Nakano d'autre part; la relation entre ces notions a été
remarquablement clarifiée par Demailly dans une partie de sa
thèse. Cela lui permet d'établir un lien très simple (auparavant
inexpliqué) entre les théorèmes d'annulation établis par ces deux
auteurs.

Demailly est revenu récemment sur ce sujet avec deux résultats
frappants. Le premier concerne l'annulation d'espaces de cohomologie
$H^p(X,\Omega^q\otimes S^kE)$ pour $p$, $q$, $k$ convenables, 
lorsque $E$ est un fibré
positif. Le Potier a observé voici deux ou trois ans que les résultats
de Faltings sur le sujet étaient un peu trop optimistes ; Demailly a
alors obtenu ses énoncés, qui sont probablement les meilleurs
possibles. Il convient de souligner que, parti d'une approche
analytique, Demailly est arrivée à une présentation entièrement
algébrique (et très conceptuelle) de ces théorèmes.

Le second résultat, encore plus spectaculaire, est une estimation de
la dimension asymptotique des espaces $H^p(X, E \otimes L^k)$ en fonction 
de $k$ ($p$ fixé), qui a été exposée par Siu au séminaire Bourbaki. La
démonstration de Demailly s'inspire de la démonstration par Witten des
inégalités de Morse. Elle utilise de l'analyse très fine pour estimer
la distribution des valeurs propres du laplacien. Elle permet
d'améliorer notablement la conjecture de Grauert et Riemenschneider
(d'abord démontrée par Siu) qui caractérise les variétés de Moishezon
par l'existence d'un fibré en droites faiblement positif.

Tout récemment Demailly a montré que le théorème d'annulation de
Kawamata-Viehweg, qui est un raffinement du théorème de Kodaira très
utile en géométrie algébrique, résulte simplement des estimations $L^2$
de Hörmander; cela lui permet d'ailleurs d'en donner une formulation
très agréable.

2) L'étude des courants positifs constitue un gros morceau de la thèse
de Demailly. Cette étude va dans plusieurs directions : l'une est
proche de l'arithmétique, avec notamment une minoration du degré des
hypersurfaces s'annulant en un ensemble donné de points; celle-ci lui
permet entre autres de résoudre une conjecture de Chudnovski et
Waldschmidt sur les multiplicités des courbes algébriques dans $\bC^2$. Une
autre tend vers la géométrie algébrique : il faut citer, en
particulier, un exemple de courant fermé positif extrémal sur $\bP^2$ qui
ne provient pas d'un cycle algébrique. Cet exemple, qui répond à une
question vieille de 20 ans, paraît ruiner les espoirs d'une
démonstration analytique de la conjecture de Hodge~; mais Demailly les
rétablit en prouvant que la conjecture de Hodge résulterait d'un
énoncé plus faible que celui qui était généralement conjecturé.

3) Equations de Monge-Ampère et fonctions plurisousharmoniques. Je
citerai simplement deux résultats : la caractérisation des variétés
affines par l'existence d'une fonction psh vérifiant certaines
propriétés, et récemment la construction d'une fonction de Green pour
l'opérateur de Monge-Ampère sur les ouverts hyperconvexes de $\bC^n$, qui
lui permet de jeter les bases d'une analyse harmonique dans $\bC^n$ où
l'opérateur de Laplace est remplacé par celui de Monge-Ampère.

A cheval sur 2) et 3), il faut citer aussi un article récent aux Acta
Mathematica où Demailly donne une définition générale des nombres de
Lelong associés à un courant de type $(p,p)$ en un point d'un espace
analytique. Il clarifie ainsi les notions introduites par différents
auteurs, généralise et simplifie tout à la fois les théorèmes
d'intégralité et d'analyticité de ces nombres de Lelong. On retrouve
là une recherche de la clarté et de la simplification qui me paraît
être une constante du travail de Demailly.

J'espère que ce bref résumé donne une idée de la richesse et de la
diversité de l'oeuvre de Demailly. Le plus brillant des jeunes
analystes complexes en France (et probablement dans le monde) est un
lauréat incontestable du prix IBM.
\bigskip
\centerline{\bf --- o ---}
\vfill\eject

UNIVERSITÉ PARIS VI\\
ANALYSE COMPLEXE ET GÉOMÉTRIE\\
Laboratoire Associé au C.N.R.S. (LA.\ 213)\\
4, PLACE JUSSIEU\\
75230 PARIS - CEDEX 05\\
TOUR 45-46\kern20pt 5e étage\\
TEL 329-12-21~~~ poste 53 - 46

Envoi de : {\petcap H.~Skoda}\\
Paris, le 29/X/1982
\vskip1cm

Monsieur le Président de la Commission de ``Mathématiques'' (Section 17)

Cher Collègue,

Je vous transmets ci-joint les rapports de la soutenance de thèse de
Jean-Pierre {\petcap Demailly} destinés à être joints à son dossier de
candidature à un poste de professeur.

Il y a en particulier un rapport de {\petcap R.~Harvey}, mathématicien
américain qui avait été invité à parler au Congrès ajourné de Varsovie
(1982).  Ces rapports contiennent une analyse détaillée de l'oeuvre
déjà impressionnante de {\petcap J.-P.\ Demailly}. Je voudrais
seulement ajouter qu'à mon avis {\petcap J.-P.\ Demailly} est
certainement l'un des jeunes mathématiciens les plus doués de sa
génération et que de plus ses qualités personnelles et ses qualités
d'exposition feront de lui un excellent professeur d'Université.

Si cette candidature vous intéresse, je vous invite à demander des
avis complémentaires à Louis {\petcap Boutet de Monvel, J.-P.~Ramis,
J.-L.\ Verdier} en France, à {\petcap Y.T.~Siu} (Harvard) et {\petcap
C.O.~Kiselman} (Uppsala) à l'étranger. Ces personnes ont en effet
suivi de près la carrière de {\petcap J.-P.~ Demailly}.

Je vous prie de croire, cher Collègue, à l'expression de mes
sentiments dévoués. 
\vskip 1cm

{\petcap H.~Skoda}
\vfill\eject


UNIVERSITÉ PARIS VI\\
ANALYSE COMPLEXE ET GÉOMÉTRIE\\
Laboratoire Associé au C.N.R.S. (LA. 213)\\
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Envoi de : Pierre Dolbeault
\vskip1cm

{\bf Rapport sur la thèse d'état de J.-P. Demailly}
\bigskip

La thèse de Demailly est une contribution majeure à l'étude de la
positivité des fibrés vectoriels holomorphes d'une part, des courants
d'autre part. L'introduction de ces notions remonte à plus de trente
ans pour la première, à 25 ans pour la seconde. Elles ont donné lieu à
de nombreux travaux de mathématiciens éminents. Deux contributions de
Demailly me paraissent essentielles :

(a) pour les fibrés, les relations entre les notions de positivité de
Nakano, de Griffiths et les nouvelles notions introduites par Demailly~;

(b) pour les courants positifs, l'exemple de courant positif extrémal
qui n'est pas le courant d'intégration sur un ensemble analytique
complexe irréductible, résolvant un problème classique depuis 15 ans.

Il faut insister sur la profondeur de l'idée de Demailly pour le point
(a) qui a ramené une situation qui paraissait confuse à un problème
simple de géométrie hermitienne et, d'autre part, l'ingéniosité des
méthodes souvent originales et des exemples comme celui du point (b) .

Si beaucoup de ces travaux ont leur origine dans ceux de Skoda,
beaucoup aussi en sont indépendants et l'autonomie de Demailly est
acquise depuis longtemps.

Il y a lieu de remarquer aussi la rapidité et la qualité de rédaction
de Demailly.

Parmi les thèses de mathématiques récentes, toutes spécialités
confondues, celle-ci me parait figurer dans le lot des toutes
premières.
\bigskip

\centerline{Paris, le 28 Septembre 1982}
\bigskip
\centerline{{\petcap P.~Dolbeault}}
\vfill\eject

\centerline{\bigbf Report on the Thesis of Jean-Pierre Demailly}
\bigskip
\centerline{by Reese Harvey}
\vskip1cm

It is my pleasure to report on the thesis of J.-P. Demailly. Because
of the comprehensive and detailed report of Henri Skoda on his
individual papers, I will confine myself to more general remarks.

Demailly has made major contributions to complex analysis/ complex
geometry. His work contains many results which are highly original and
of great significance. I mention just two of many examples. First, his
understanding of positivity (of extreme importance because of the
Bochner method) goes beyond that of the world's experts. I rate this
work very high. Second, and more recently, he has obtained a beautiful
Jensen type formula for currents of bidimension (p,p), and shown
originality and depth in applying this formula.

His contributions to various problems consistently demonstrate good
mathematical taste, depth, and originality. In my opinion, there is no
doubt whatsoever that his work constitutes a worthy thesis. By
American standards his work is comparable to the union of several
first class theses at a first class university.
\bigskip
\centerline{Reese Harvey, 5/20/82}
\vfill\eject

UNIVERSITÉ PIERRE ET MARIE CURIE\\
-- PARIS 6 --\\
4 Place Jussieu 75230 PARIS CEDEX 05\\
SERVICE DE LA SCOLARITÉ\\
Bureau des Enseignements du 3e Cycle\\
 Bât. C - 11 Quai St. Bernard Paris, 5e\\
 Tél. 325-12-21 - 336-26-25\\

DOCTORAT ES SCIENCES\\
Spécialité MATHÉMATIQUES\\
RAPPORT de M. Henri SKODA 

qualité Professeur\\
Lieu d'exercice Paris VI\\
sur la Thèse présentée par M.\ DEMAILLY	Jean-Pierre

ayant pour sujet\\
``SUR DIFFÉRENTS ASPECTS DE LA POSITIVITÉ EN ANALYSE COMPLEXE''
\vskip1cm


La thèse d'Etat de Jean-Pierre Demailly regroupe un ensemble de huit
articles qui apportent chacun une contribution majeure à l'analyse
complexe. Le thème central de sa thèse est sans aucun doute la notion
de positivité en analyse complexe et en géométrie analytique sous ses
différents aspects: fibrés positifs, courants positifs, fonctions
plurisousharmoniques.

Nous analysons brièvement chacun des articles par ordre chronologique.

$\bu$ L'article « Construction d'hypersurfaces irréductibles avec lien
singulier donné dans $\bC^n$ » a été publié aux Annales de l'institut
Fourier en 1980. Dans cet article, J.-P. Demailly construit des
exemples d'hypersurfaces complexes irréductibles à croissance très
lente dont néanmoins l'ensemble des points singuliers est à croissance
très rapide. Cela montre que l'analogue transcendant de la propriété
bien connue des courbes algébriques de se décomposer, si elles ont
trop de points doubles, n'est pas vrai. Il s'agit en fait d'un
analogue pour les singularités du contre-exemple de Cornalba-Shiffman
pour le problème de Bezout transcendant. Par l'intermédiaire du
théorème de Paley-Wiener, il en déduit en particulier que 
${\Cal D}(\bR^n)*{\Cal D}(\bR^n)\neq{\cal D}(\bR^n)$ pour 
$n\ge 2$ (résultat dû à Dixmier, Malliavin, Rubel).

$\bu$ Dans l'article «Relations entre les notions de positivités de
P.A.~Griffiths et de S.~Nakano pour les fibrés vectoriels», il montre
que si $E$ est positif au sens de Griffiths, $E\otimes \det E$ est positif au
sens de Nakano. Il clarifie de la sorte les liens entre les deux types
de positivité et montre que contrairement au sentiment qui prévalait
chez les spécialistes, la notion forte de positivité au sens de Nakano
est également très géométrique et très répandue.

$\bu$ Dans l'article « Relations entre les différentes notions de fibrés et
de courants positifs », J.-P. Demailly affine les résultats
précédents. Il montre qu'il y a en fait trois notions naturelles de
positivité pour les fibrés vectoriels. Il étudie leurs relations puis
il montre que ces résultats se transposent à la positivité des
courants : si $T$ est un courant faiblement positif, alors
$P(L,\Lambda)T$ est fortement positif, où $P$ est un certain polynôme
très naturel appliqué aux opérateurs $L$ et $\Lambda$ de la géométrie
hermitienne.

$\bu$ Dans l'article «Scindage holomorphe d'un morphisme de fibrés
vectoriels semi-positifs avec estimations $L^2$», J.-P.~Demailly
montre, sous des hypothèses de positivité très raisonnables,
l'existence de scindages holomorphes d'une suite exacte de fibrés
vectoriels holomorphes avec contrôle de la croissance. Il s'inspire de
mes travaux antérieurs sur les morphismes de fibrés, mais il les
dépasse en faisant preuve de beaucoup d'originalité. De plus il en
donne des applications intéressantes à l'existence de rétractions
holomorphes locales sur une sous-variété lisse de $\bC^n$, avec
estimations précises. Il en déduit un théorème de prolongement des
fonctions holomorphes toujours avec estimations $L^2$ précises. Les
résultats qu'il obtient sur ces questions fondamentales semblent à peu
près optimaux et définitifs. Ces trois derniers articles ont été
publiés dans le Séminaire Lelong-Skoda, 1980 et 1980-1981.

$\bu$ Dans l'article «Formules de Jensen en plusieurs variables et
applications arithmétiques», J.-P. Demailly généralise les notions de
mesure trace, de mesure projective et de nombre de Lelong d'un courant
positif fermé. Il obtient de nouvelles formules de Jensen dans $\bC^n$. 
Il en déduit un lemme de Schwarz très général dans $\bC^n$ qui lui a
permis de redémontrer le théorème de Bombieri sur l'ensemble des
points où une application méromorphe prend des valeurs algébriques,
sans utiliser les estimations $L^2$ de Hörmander. Il parvient ainsi à
éliminer de la théorie un argument peu constructif et difficile.
L'estimation du degré des hypersurfaces est un peu moins bonne que
celle de Bombieri dans le cas $n\ge 3$, mais pour $n = 2$ elle est
meilleure et optimale. Ce travail a été publié au Bulletin de la
Société Mathématique de France, 1980.

$\bu$ Dans l'article «Sur les nombres de Lelong associés à l'image directe
d'un courant positif fermé» , il définit le nombre de Lelong d'un
courant $T$ positif fermé associé à un poids $\varphi$ par :
$$\nu(T,\varphi)=\lim_{r\to 0} {1\over (2\pi r)^p} \int_{\varphi(z)<r}
T\wedge (i\partial\overline\partial\varphi)^p$$
(où $T$ est de bidimension $(p,p)$).

Il montre que $\nu(T,\varphi)$ ne dépend que du comportement
asymptotique de $\log\varphi$ au voisinage de l'ensemble $\varphi = 0$.

Il en déduit une démonstration très simple de l'invariance du nombre
de Lelong par un isomorphisme analytique local.

Il éclaircit d'autre part complètement le problème de la
transformation du nombre de Lelong d'un courant positif fermé par
image directe par un morphisme propre.

Il montre que si le morphisme est à fibres totalement discontinues, le
nombre de Lelong augmente par image directe et que sinon on ne peut
rien dire.  Il précise d'autre part la façon dont se transforme le
nombre de Lelong en tenant compte de certaines multiplicités du
morphisme.

$\bu$ Dans l'article «Estimations $L^2$ pour l'opérateur
$\overline\partial$ d'un fibré vectoriel holomorphe semi-positif
au-dessus d'une variété kählérienne complète», J.-P.~Demailly
généralise les estimations $L^2$ de Hörmander au cas d'une variété
kahlérienne complète, munie d'une métrique kählérienne non
nécessairement complète. De plus, les métriques des fibrés et les
poids utilisés peuvent être singuliers. Il substitue avantageusement à
la technique des trois poids de Hörmander une idée astucieuse et
simple, consistant à approcher une métrique non complète par une suite
de métriques complètes. Il introduit une notion de $s$-positivité
particulièrement adaptée à l'identité de Kodaira et généralisant les
notions de positivité de S.~Nakano et P.A.~Griffiths. Il obtient une
formulation optimale de mes résultats sur les morphismes de fibrés
semi-positifs, en les généralisant de plus au cas des $q$-formes
$\overline\partial$-fermées et en éliminant certaines hypothèses superflues.

Pour approcher des poids singuliers sur la variété par des poids
$C^\infty$, J.P.~Demailly a été amené à développer une théorie de la
régularisation sur les variétés à l'aide d'un noyau qui fait
intervenir l'application exponentielle et qui est ``symétrique''
vis-à-vis de la métrique kählérienne.  Il obtient alors
l'approximation d'une fonction plurisousharmonique, aux singularités
arbitraires, à l'aide d'une suite décroissante de fonctions, dont les
défauts de plurisousharmonicité sont continus et tendent uniformément
vers $0$ sur tout compact.

Les résultats obtenus sont quasiment optimaux.
Il faut noter que l'estimation du hessien de la régularisée est un
joli tour de force technique.

$\bu$ Dans le dernier article «Courants, positifs, extrémaux et conjecture
de Hodge»,\break J.-P.~Demailly exhibe un courant, positif, fermé sur
$\bP^2$ ou $\bC^2$ qui est extrémal et qui n'est pas le courant
d'intégration sur un ensemble analytique irréductible. Il résout ainsi
un problème posé depuis près de quinze ans. Le courant est obtenu
comme limite de cycles à coefficients rationnels~: grossièrement
parlant, son support est un fibré en disques complexes. Le caractère
extrémal du courant est démontré à l'aide d'un théorème du support
pour les courants positifs fermés, à support dans une variété, fibrée
en variétés complexes et totalement réelle dans les directions
transverses aux fibres. J.-P. Demailly pose un nouveau problème : tout
courant extrémal est-il limite de cycles ? Il montre qu'une réponse
positive à ce problème entraîne la conjecture de Hodge : toute classe
de cohomologie rationnelle d'une variété projective contient un cycle
rationnel. Il fournit de la sorte une motivation exceptionnelle aux
recherches dans ce domaine.

En résumé, cet ensemble imposant de résultats nouveaux et profonds
constitue une thèse d'Etat d'un très haut niveau qui a déjà donné lieu
à six publications. J.-P. Demailly a fait la preuve qu'il maîtrise
parfaitement les méthodes et techniques diverses de l'Analyse
Complexe. Il a su trouver par lui-même des directions de recherche
très originales en particulier dans son article sur les formules de
Jensen et dans celui qui porte sur les éléments extrémaux. La
rédaction de tous ces articles est extrêmement précise et soignée. Il
s'agit, à mon avis, d'une très bonne thèse qui révèle chez son auteur
des qualités de chercheur exceptionnelles.
\vskip1cm
Fait à PARIS, le 19/1/1982\\
Henri SKODA

\vfill\eject

UNIVERSITÉ PARIS VI\hfill Janvier 1979\\
ANALYSE COMPLEXE ET GÉOMÉTRIE\\
Laboratoire Associé au C.N.R.S. (LA.\ 213)\\
4, PLACE JUSSIEU\\
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Envoi de : {\petcap H.~Skoda}
\vskip1cm

{\bf
Rapport sur les travaux de J.-P.~Demailly\\
en vue d'une candidature au C.N.R.S.}
\bigskip

Directeur de Recherche : H.SKODA, Université de Paris VI
\vskip1cm

Jean-Pierre {\petcap DEMAILLY} est actuellement élève (en quatrième année) à
l'École Normale Supérieure (de la rue d'Ulm) et agrégé de
l'université(1977) [rang 3e].

Depuis Octobre 1977 il travaille sous ma direction à la préparation
d'une thèse de 3e Cycle. Extrêmement doué et rapide, J.-P. Demailly
a déjà accumulé la matière d'une excellente thèse de 3e Cycle. Il
s'agit d'une thèse d'Analyse complexe, utilisant les propriétés de
croissance des fonctions entières pour l'étude des espaces fibrés
d'une part, d'une remarquable surface de Riemann d'autre part. Cette
thèse regroupe et améliore les résultats de deux articles originaux
déjà acceptés pour publication dans des revues scientifiques, et dont
chacun aurait suffi à lui seul pour l'obtention d'un 3e Cycle.

La première partie du travail de J.-P.~Demailly se situe dans le cadre
du problème de J.-P. Serre : un fibré à base et à fibre de Stein
est-il lui-même de Stein ? En 1977, j'avais donné une réponse négative
à ce problème en construisant un contre-exemple dont la base était un
ouvert de C à deux trous, la fibre était $\bC^2$ et les automorphismes
de transition étaient de type exponentiel et localement constants. Je
montrais alors que les fonctions holomorphes sur le fibré étaient
constantes sur les fibres.

J.-P. Demailly a considérablement développé les idées de ce
contre-exemple.  Il a construit un contre-exemple dans lequel la base
n'a qu'un trou ($\bC\ssm\{0\}$ ou une couronne par exemp1e), dans lequel la
fibre est toujours $\bC^2$, et dans lequel les automorphismes de
transition sont localement constants et surtout polynomiaux, ce qui
constitue le contre-exemple ``maximal'' puisque la réponse au problème
de Serre est positive si les automorphismes de transitions sont
linéaires affines.

Dans le cas d'une couronne de $\bC$ définie par $0 < \rho_1 < |z| < \rho_2 < 
+\infty$ et de l'auto­mor­phisme de transition :
 $$( z_1 , z_2 ) \longmapsto ( z_1^k - z_2 , z_1 )$$
il a fait une étude quantitative précise, montrant que le fibré est de
Stein si\break $k \le \exp( 2\pi^2/ \log\rho_2/\rho_1)$, non de Stein si 
$k > \exp( 2\pi^2/ \log\rho_2/\rho_1)$.

L'holomorphe convexité du fibre dépend donc aussi de la structure de
la base. Elle dépend en fait fondamentalement de certaines constantes
dans une inégalité de P.~Lelong, qui exprime une certaine invariance
de la croissance d'une fonction holomorphe sur les fibres d'un espace
fibré, quand la fibre varie. Le travail de J.-P. Demailly a consisté
alors par un calcul ingénieux d'enveloppe pseudo-convexe a évaluer
très précisément la constante de P.Lelong.

Dans les contre-exemples précédents, la base n'est pas simplement
connexe.  Il était donc naturel de se demander si la réponse était
encore négative avec une base simplement convexe. J.-P.~Demailly a
construit un tel contre-exemple, ayant pour base $\bC$ ou le disque unité,
dans lequel les automorphismes de transition sont (non constants bien
sûr) de type exponentiel. L'idée est de substituer aux trous des
contre-exemples précédents des singularités ponctuelles essentielles
des automorphismes de transition. Quand on approche la singularité
dans une direction privilégiée, l'automorphisme de transition est très
proche de l'identité, ce qui permet en gros de montrer que la
croissance d'une fonction sur le fibré est invariante par les
automorphismes de transition et par conséquent qu'une telle fonction
est constante sur les fibres.

L'idée sous-jacente est simple, mais la réalisation technique est
rendue particulièrement difficile par le fait qu'il faut faire ``varier
les constantes'' de l'inégalité de P.~Lelong, en gardant néanmoins un
contrôle très précis de ces constantes. J.-P.~Demailly a parfaitement
su maîtriser cette difficulté. Il étudie ensuite la topologie de
$H^1(X,{\Cal O})$ dans ces différents contre-exemples. Il montre que le
$H^1(X,{\Cal O})$ est toujours de dimension infinie et non séparé et même
grossier dans certains cas, répondant ainsi complètement à une
question que m'avait posée J.-P.~Ramis.

Ce travail a été publié d'une part au Séminaire {\petcap Lelong-Skoda},
1976/77, et d'autre part dans la revue Inventiones Mathematicae en
1978, revue particulièrement sélective et renommée.

La deuxième partie de la thèse est consacrée à l'étude de la surface
de Riemann $S$ (courbe complexe dans $\bC^2$): 
$$e^x + e^y = 1,$$ 
où $x,y$ sont les coordonnées de $\bC^2$ . L'intérêt particulier de
cette surface réside dans le fait qu'elle est isomorphe au revêtement
homologique du plan complexe privé de deux points (i.e.\ le revêtement
de $\bC \ssm \{0, 1\}$) dont le groupe d'automorphisme est isomorphe 
à~$\bZ \times \bZ$.

J.-P.~Demailly démontre que toute fonction holomorphe sur $S$ à
croissance polynomiale est la restriction à $S$ d'un polynôme de degré
correspondant. En particulier, d'après le théorème de Liouville, toute
fonction holomorphe bornée sur $S$ est constante. Ce dernier résultat
est un cas particulier d'un problème posé par Rubel : 

Si $f_1$, $f_2$, $\ldots$, $f_n$ sont des fonctions entières de $\bC$,
toute fonction holomorphe bornée sur l'hypersurface de $\bC$ définie
par~:
$$f_1(z_1) + f_2(z_2) + \ldots + f_n(z_n) = 0$$
est-elle constante~?

La méthode de Demailly consiste à étendre dans une première phase la
fonction $f$ définie sur $S$ en une fonction $F$ sur $\bC^2$, qui n'est pas
polynomiale, mais qui possède des propriétés de croissance très
particulières. Il utilise à cet effet les estimations $L^2$ de
{\petcap L.~Hörmander} pour l'opérateur $\overline\partial$. 
Dans une deuxième phase, il utilise le
fait que la surface «voisine» $e^x + e^y = 0$ est réunion de droites
complexes pour montrer en utilisant le théorème de Liouville et des
identités formelles ingénieuses que $F$ est du type 
$P(x,y) + (e^x + e^y)Q(x,y)$ où $P$ et $Q$ sont des polynômes, puis 
que $f$ est restriction d'un polynôme. Il faut bien voir que la réussite
de la méthode n'était nullement évidente à priori, car généralement
l'usage courant des estimations $L^2$ pour l'opérateur s'accompagne de
pertes plus ou moins automatiques sur la croissance de l'extension~$F$,
pertes qui rendraient inutilisables les identités formelles de la 2ème
partie de la démonstration.

J.-P. Demailly a donc dû et su renouveler complètement et très
ingénieusement l'usage classique du $\overline\partial$ dans 
ce problème d'extension.

La deuxième partie d'identification formelle est à la fois
remarquablement élémentaire, très ingénieuse et spécifique à
l'hypersurface $e^x + e^y - 1 = 0$.

J.-P.~Demailly termine par un analogue du théorème de Picard pour les
fonctions méro­morphes sur $S$, qui lui permet de démontrer que $S$ ne peut
pas s'obtenir à partir de $\bC$ par une suite d'opérations élémentaires du
type~: retrancher une partie polaire, prendre un revêtement ramifié
fini.

Ce travail a été accepté pour publication au Bulletin des Sciences
Mathématiques .

Je dois ajouter que si dans la première partie de sa thèse
J.-P.~Demailly a suivi de très près mon travail antérieur et mes
suggestions, en y ajoutant toutefois une très grande originalité
technique, en revanche dans la deuxième partie il a pris lui-même
toutes les initiatives originales qui l'ont conduit à la solution
finale du problème. Cette seconde partie qui est apparemment moins
spectaculaire que celle qui concerne le très célèbre problème de
Serre, est néanmoins celle qui est peut-être la plus ingénieuse.

Cet ensemble imposant de résultats nouveaux et profonds constitue une
thèse de 3e Cycle d'un niveau exceptionnel, qui a déjà donné lieu à
quatre publications (dont l'une aux Inventiones).

J.-P.~Demailly qui est de plus agrégé de l'Université depuis 1977,
n'aura 22 ans qu'en Septembre prochain.

Je pense personnellement qu'après des débuts aussi prometteurs
J.-P.~Demailly sera l'un des meilleurs chercheurs en Analyse complexe de
sa génération.

Je suis convaincu qu'un poste de chercheur au C.N.R.S. permettra à
J.P.~Demailly, qui a déjà atteint le niveau de la recherche
internationale, d'arriver très rapidement à des résultats tout à fait
exceptionnels et je recommande chaleureusement sa candidature au
C.N.R.S.  
\bigskip
Fait à Paris, le 19 Janvier 1979
\bigskip
H. SKODA\\
Maître de Conférences à l'Université de PARIS VI

\vfill\eject

UNIVERSITÉ PIERRE ET MARIE CURIE\\
-- PARIS 6 --\\
4 Place Jussieu 75230 PARIS CEDEX 05\\
SERVICE DE LA SCOLARITÉ\\
Bureau des Enseignements du 3e Cycle\\
 Bât. C - 11 Quai St. Bernard Paris, 5e\\
 Tél. 325-12-21 - 336-26-25\\

DOCTORAT ÈS SCIENCES\\
Spécialité : MATHÉMATIQUES PURES\\
RAPPORT de SOUTENANCE de THÈSE
\vskip1cm

{\bf Thèse soutenue le}~~ 19 Octobre 1982\\
par Monsieur DEMAILLY Jean-Pierre

{\bf Sujet de la thèse :}\\
SUR DIFFÉRENTS ASPECTS DE LA POSITIVITÉ EN ANALYSE COMPLEXE

{\bf Composition du jury :}\\
Monsieur LELONG..................................................Président\\
Monsieur DOLBEAULT.........................................................\\
Monsieur SKODA...................................................................\\
Monsieur BOUTET DE MONVEL........................................\\
Monsieur LE POTIER............................................................


{\bf Rapport de soutenance}~: Le Jury souscrit entièrement à l'analyse
de la thèse de {\petcap J.-P.~Demailly} et au rapport de M.~Henri
{\petcap Skoda} ainsi qu'aux appréciations élogieuses données dans les
3 rapports, rapports qui soulignent bien l'étendue exceptionnelle des
résultats et l'apport personnel du candidat. La soutenance confirme
les remarquables qualités d'exposition de {\petcap J.-P.~Demailly}
qui sait dégager l'essentiel sans sacrifier la précision.

Concernant la seconde thèse, {\petcap M.~J.-P.~Demailly} a exposé avec une
clarté et une précision tout-à-fait exceptionnelle la constructibilité
du faisceau des solutions d'un sys­tème holonome, d'après {\petcap Kashiwara},
sujet qui demandait pourtant en deux mois un investissement
intellectuel considérable.

Dans ces conditions, en présence d'un candidat et de travaux d'une
étendue assez exceptionnelle, le jury est unanime à souhaiter que
{\petcap M.~Demailly} soit proposé rapidement pour un poste de professeur
d'Université.

Mention accordée au candidat par le jury* : Très honorable

PARIS, le 19 octobre 1982

Le Président et les membres du jury

$*$ L'article 10 de l'arrêté du 16 avril 1974 prévoit l'attribution des
mentions :\\
passable / honorable / très honorable
\vfill\eject

M. Cl. WROBEL\hfill M. DEMAILLY\\
U.E.R. ``Sciences Mathématiques''\hfill E.N.S.\\
UNIVERSITE de NANCY I\hfill 45, rue d'Ulm\\
Case Officielle n° 140 54037 - NANCY - CEDEX\hfill 75005 - PARIS
\vskip1cm

Nancy, le 8 mai 1978

Cher Collègue,

J'ai le plaisir de vous informer que la Commission a étudié avec un
grand soin votre dossier de candidature et vous aurait classé parmi
les tous premiers mais, à cause du grand nombre de candidats
d'excellent niveau, a préféré ne pas prendre les élèves de 3e année de
l'École Normale Supérieure.

Votre dossier est tel que, votre candidature ne devrait faire l'objet
d'aucune difficulté pour l'année prochaine.

Vous trouverez, ci-joint, une copie du rapport de votre dossier.
\bigskip
Veuillez agréer, Cher Collègue, l'expression de mes meilleurs sentiments.

Cl. WROBEL
\vskip1cm
P.J. - 1
\vfill\eject


\centerline{\bigbf --- RAPPORT ---}
\vskip1cm

M.~Demailly est un jeune normalien, reçu 3ème à l'agrégation 77
obtenue après une brillante scolarité (mention T.B.\ partout). Il
travaille actuellement sous la direction de M.~Skoda. Après avoir
rédigé un excellent mémoire de D.E.A. sur les méthodes de Hörmander
(idéaux de fonction holomorphes...) il s'est attaqué à l'étude de
contre exemples à un problème de J.P.~Serre, à savoir si un espace
fibré analytique dont la base et la fibre sont des variétés de Stein,
est lui-même de Stein.

En l'espace de 3 mois, il a trouvé des centre-exemples
particulièrement forts concernant différents fibrés holomorphes, non
de Stein. Ces résultats publiés au Séminaire Lelong font l'objet d'une
thèse de 3ème cycle qui doit être soutenue prochainement.

D'autre part, M.~Demailly poursuit ses recherches dans 3 directions :

$\bu$ classification des obstructions à une réponse positive au
problème de Serre et recherche d'une réponse positive sous des
hypothèses convenables

$\bu$ l'étude du nombre de Lelong de l'image directe d'un courant
positif fermé par un morphisme propre.

$\bu$ le problème de l'existence de fibrés de rang $2$ non triviaux sur
$\bP^n(\bC)$ pour $n$ assez grand.

La rapidité avec laquelle M.~Demailly a obtenu ses premiers résultats
permettent d'espérer un avenir fructueux.

Avis extrêmement favorable.
\vskip1cm

Cl. {\petcap Wrobel}
\end


