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\pagestyle{empty}

\begin{document}

Ann. Inst. Fourier, Grenoble
32, 2 (1982), 37-66.
SUR LES NOMBRES DE LELONG ASSOCIÉS
A L'IMAGE DIRECTE
D UN COURANT POSITIF FERMÉ
par Jean-Pierre DEMAILLY
0. Introduction.
Soit $\mathrm{T}$ un courant positif fermé de bidimension $(p,p)$ sur un ouvert
$\Omega\subset$ C. On définit classiquement le nombre de Leiong v(T;x) du courant
$\mathrm{T}$ en un point $ x\in\Omega$ comme la limite quand $r$ tend vers $0$ du rapport
entre la masse du courant $\mathrm{T}$ sur la boule euclidienne de centre $x$ et de
rayon $r$ dans $\Omega$, et le volume $\displaystyle \frac{\pi^{p}}{p!}r^{2p}$ de la boule de rayon $r$ dans $\mathrm{C}^{p}$
(voir P. Leiong [6] pour de plus amples détails). Un théorème remarquable
de Y.-T. Siu [11], fondé sur les résultats de E. Bombieri [1], affirme que
pour tout $c>0$ l'ensemble $\mathrm{E}_{c}=\{x \in\Omega;\mathrm{v}(\mathrm{T};x)\geq c\}$ est un sous-
ensemble analytique de $\Omega$ de dimension $\leq p$.
Dans le présent travail, nous envisageons la généralisation suivante des
nombres de Leiong. $\mathrm{T}$ désignera un courant positif fermé de bidimension
$(p,p)$ sur un espace analytique X. On se donne une fonction $\varphi\geq 0$ de
classe $\mathrm{C}^{2}$, telle que $\log\varphi$ soit plurisousharmonique sur X, et telle que
pour $\mathrm{R}>0$ assez petit l'ensemble SuppT $\cap\varphi^{-1}$ ([ $0,\mathrm{R}$ [ $)$ soit
relativement compact dans X. Une formule de type Jensen, déjà utilisée
dans [3], permet alors de définir le nombre de Leiong du courant $\mathrm{T}$
relativement au poids $\varphi$ comme la limite
$$
\mathrm{v}(\mathrm{T};\varphi)=r>0,r\rightarrow 0\lim\uparrow\frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{\varphi\langle z)<r}\mathrm{T}\wedge(i\partial\overline{\partial}\varphi)^{p}.
$$
Une propriété fondamentale, qui jouera un rôle central tout au long de

38
JEAN-PIERRE DEMAILLY
ce travail, réside dans le fait que $\mathrm{v}(\mathrm{T};\varphi)$ dépend uniquement du
comportement asymptotique de $\log\varphi$ au voisinage de l'ensemble polaire
$\varphi^{-1}(0)$ (cf. \S 1, théorème 4). En particulier, si les fonctions $\log\varphi$ et $\log\psi$
ont mêmes pôles et sont équivalentes au voisinage de l'ensemble
$\varphi^{-1}(0)=\psi^{-1}(0)$, alors $\mathrm{v}(\mathrm{T};\varphi)=\mathrm{v}(\mathrm{T};\psi)$. On r{\it e} trouve ainsi l'invariance
des nombres de Leiong par isomorphisme analytique local. Ce résultat
avait été établi antérieurement par Y.-T. Siu [11] au moyen de la théorie du
slicing de H. Fédérer [4].
Considérons maintenant un morphisme $\mathrm{F}:\mathrm{X}\rightarrow \mathrm{Y}$ de l'espace X sur
un espace analytique $\mathrm{Y}$, dont la restriction au support de $\mathrm{T}$ soit {\it propre}.
On désigne par $\mathrm{F}_{*}\mathrm{T}$ le courant positif fermé sur $\mathrm{Y}$, image directe de T.
Nous étudions au \S 2 les relations qui existent entre les nombres de Leiong
de $\mathrm{F}_{*}\mathrm{T}$ et ceux de T.
ThéOrème 1. - {\it Soit} $y$ {\it un point de} Y. {\it On suppose que l}'{\it ensemble}
{\it compact} SuppT $\cap \mathrm{F}^{-1}(y)$, {\it intersection} $du$ {\it support de} $\mathrm{T}$ {\it et de la fibre}
$\mathrm{F}^{-1}(y)$, {\it est totalement discontinu. Alors}
$\displaystyle \mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}\mathrm{T};y)\geq\sum_{x\in \mathrm{F}^{-1}\langle y)}$ v(T;x).
Le théorème 1 s'applique notamment lorsque $\mathrm{F}$ est un morphisme
{\it propre fini} de X dans $\mathrm{Y}$, sans autre hypothèse sur T. Il s'applique plus
généralement lorsque la restriction de $\mathrm{F}$ à SuppT est une application
propre à fibres finies ou dénombrables. Il est facile de voir d'autre part que
l'hypothèse de totale discontinuité de $1' \mathrm{ensemble}$ SuppT $\cap \mathrm{F}^{-1}(y)$ ne peut
être éliminée: sans cette hypothèse, il existe en effet des contre-exemples
triviaux (voir \S 2).
L'inégalité du théorème 1 sera affinée au \S 3 de manière à tenir compte
des multiplicités d'annulation des dérivées du morphisme F. Pour
simplifier, on supposera ici que $\mathrm{F}= (\mathrm{F}_{1},\mathrm{F}_{2^{ }},\ldots \mathrm{F}_{\mathrm{N}})$ est un morphisme de
X dans un sous-ensemble analytique $\mathrm{Y}$ d'un ouvert de $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$, tel que la
restriction de $\mathrm{F}$ à SuppT soit propre. Dans ces conditions, on a le
ThéOrème 2. --{\it Soit} $x \in \mathrm{X}$ {\it un point tel que} $\mathrm{v}(\mathrm{T};x)>0$ {\it et} $\mathrm{F}(x)=0$.
{\it On suppose que la composante connexe de} $x$ {\it dans} SuppT $\cap \mathrm{F}^{-1}(0)$ {\it est}
{\it réduite à} $\{\mathrm{x}\}$. {\it Si} $\mathrm{F}_{1},\mathrm{F}_{2},\ldots,\mathrm{F}_{\mathrm{N}}$ {\it s}'{\it annulent respectivement aux ordres}
$s_{1}\leq s_{2}\leq\cdots\leq s_{\mathrm{N}}$ {\it au point} $x$, {\it alors} $\mathrm{N}\geq p$ {\it et}
\begin{center}
v(F$*$T;0) $\geq s_{1}s_{2}\ldots s_{p}\mathrm{v}(\mathrm{T};x)$.
\end{center}


NOMBRES DES LELONG DES COURANTS
39
Nous obtiendrons un énoncé plus géométrique en introduisant une
notion intrinsèque d{\it e} multiplicités pour le morphisme F.
Si les $\mu_{p}(\mathrm{F};x)$ sont ces multiplicités (définition 4), le théorème 5 affirme
que
$$
\mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}\mathrm{T};y)\geq\sum\mu_{p}(\mathrm{F};\mathrm{x})\mathrm{v}(\mathrm{T} ;x)
$$
où la somme est étendue à tous les points $x \in$ SuppT $\cap \mathrm{F}^{-1}(y)$ qui
coïncident avec leur composante connexe dans SuppT $\cap \mathrm{F}^{-1}(y)$, et tels
que $\mathrm{v}(\mathrm{T};x)>0$.
Les minorations des nombres d{\it e} Leiong de $\mathrm{F}_{*}\mathrm{T}$ données par les
théorèmes 1, 2 {\it e}t 5 entraînent elles-mêmes une majoration des nombres
$\mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}\mathrm{T};y)$ par les nombres v(T;x) aux points $\chi \in \mathrm{F}^{-1}(y)$, lorsque la fibre
$\mathrm{F}^{-1}(y)$ est fnie (théorème 6). Il faut naturellement faire intervenir encore
certaines multiplicités $\overline{\mu}_{p}(\mathrm{F};x)$ du morphisme $\mathrm{F}$ (cf. défnition 5). Nous
montrerons par un exemple qu il n'est pas possible d'améliorer
$1' e\mathrm{ncadr}e\mathrm{m}e\mathrm{nt}$ obtenu.
L{\it e} quatrième {\it e}t dernier paragraphe est consacré à l'étude du $\langle\langle$ degré $\rangle\rangle$
$\delta(\mathrm{T};\varphi)$ du courant T. De façon précise, on pose
$$
6(\mathrm{T};\varphi)=r\rightarrow+\infty\lim\uparrow\frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{\varphi\langle z)<r}\mathrm{T}\wedge(i\partial\overline{\partial}\varphi)^{p},
$$
la fonction $\varphi$ étant supposée exhaustive sur le support d{\it e} T. La théorie
est tout à fait analogue à celle des nombres de Leiong.
En particulier, il est possible d'encadrer le degré de l'image directe $\mathrm{Q}_{*}\mathrm{T}$
d'un courant $\mathrm{T}$ par un morphisme algébrique $\mathrm{Q}$ au moyen du degré de
$\mathrm{T}$ {\it e}t de certaines multiplicités du morphisme Q.
Tous c{\it e} $\mathrm{s}$ résultats apparaissent comme d{\it e} $\mathrm{s}$ généralisations d'inégalités
obtenues dans [3], qui nous avaient permis d{\it e} retrouver le théorème de
E. Bombieri [1] sur les valeurs algébriques d{\it e} fonctions méromorphes. Les
démonstrations du présent travail sont assez notablement différentes de
celles d{\it e} [3], {\it e}t d'une certaine manière plus élémentaire $\mathrm{s}$; les raisonnements
reposent ici sur des arguments de théorie géométrique d{\it e} la mesure, mais
n'utilisent plus d{\it e} résultats fns sur la structure des ensembles analytiques
ou algébriques.
L'idée d'étudier ce problème $\mathrm{m}' \mathrm{a}$ été suggérée par M. Henri Skoda, queje
tiens à remercier ici pour ses nombreuses remarques.

40
JEAN-PIERRE DEMAILLY
1. Formules de Jensen
et nombres de Leiong généralisés.
Nous commencerons par rappeler quelques défnitions qui nous seront
utiles, de manière à fxer simultanément les notations.
Si X est un espace analytique (réduit), nous désignerons par $\varphi_{p,q}(\mathrm{X})$
$1' \mathrm{espac}e$ des $(p,q)$-formes d{\it e} classe $\mathrm{C}^{k}$, défini d{\it e} la manière suivante : $k,\ p,\ q$
sont trois entiers $\geq 0,\ k$ pouvant éventuellement prendre la valeur
$+\infty$. Soit $\mathrm{U}$ un ouvert d{\it e} X plongé comme sous-ensemble analytique
d'un ouvert $\Omega$ de $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$. Si $\mathrm{U}'$ est l'ensemble des points réguliers d{\it e} $\mathrm{U}$, on
note $\mathcal{C}_{p,q}^{k}(\mathrm{U})$ l'image du morphisme d{\it e} r{\it e} striction
$$
j^{*}:\ \phi_{p,q}(\Omega)\rightarrow \mathcal{C}_{p,q}^{k}(\mathrm{U}')
$$
(où $j$ : $\mathrm{U}'\subset_{-\rangle}\Omega$ est l'inclusion), munie de la topologie-quotient; on peut
montrer que $\mathcal{C}_{p,\mathrm{q}}^{k}(\mathrm{U})$ est bien indépendant du plongement $j$ choisi. On
défnit $\Psi_{p,\mathrm{q}}(\mathrm{X})$ par recollement, {\it e}t $\mathcal{D}_{p,\mathrm{q}}^{k}(\mathrm{X})$ comme l'espace des $(p,q)-$
formes de classe $\mathrm{C}^{k}$ à support compact dans X, avec la topologie limite
inductive.
L'espace des courants de bidimension $(p,q)$ et d'ordre $k$ sur X sera
par défnition l'espace dual $[\mathcal{D}_{p,\mathrm{q}}^{k}(\mathrm{X})]'$. Les opérateurs $\mathrm{d},\ \partial,\overline{\partial}$ sont étendus
aux courants par dualité. Si l'on revoit le détail de la construction, on
s'aperçoit que pour tout courant $\mathrm{T}\in[\mathcal{D}_{p,\mathrm{q}}^{k}(\mathrm{X})]'$ et tout plongement
$j$ : $\mathrm{U}\rightarrow\Omega$ considéré plus haut, il existe un courant $\Theta \in[\mathcal{D}_{p,q}^{k}(\Omega)]'$ ayant la
propriété suivante:
\begin{center}
(1)   $\langle \mathrm{T},\  j^{*}v\rangle=\langle\Theta,v\rangle$
\end{center}
pour toute forme $v\in \mathcal{D}_{p,q}^{k}(\Omega).\ \Theta$ est unique, {\it e}t son support est contenu
dans $j(\mathrm{U})$.
On dira qu un courant $\mathrm{T}\in[\mathcal{D}_{p.p}^{\mathrm{o}}(\mathrm{X})]'$ est faiblement positif si tous les
courants $\Theta \in[\mathcal{D}_{p,p}^{\mathrm{o}}(\Omega)]'$ qui lui sont associés sont eux-mêmes faiblement
positifs. On rappelle qu un courant $\Theta \in[\mathcal{D}_{p,\mathrm{q}}^{\mathrm{o}}(\Omega)]'$ est dit (faiblement)
positif si quelles que soient les formes $u_{1},\ u_{2},\ \ldots$ , $u_{p}\in \mathcal{C}_{1,0}^{\mathrm{o}}(\Omega)$, le $(n,n)$
courant $\mathrm{T}\wedge(iu_{1}\wedge\overline{u}_{1})\wedge\ldots(iu_{p}\wedge\overline{u}_{p})$ est une mesure positive.
L{\it e} $\mathrm{s}$ résultats qui suivent reposent sur une formule d{\it e} Jensen   plusieurs
variables. Cette formule, déjà utilisée dans [3], est d'ailleurs parfaitement
classique dans son principe. La démonstration s'appuie sur la formule de

NOMBRES DES LELONG DES COURANTS
41
Stokes et constitue une généralisation naturelle de la méthode suivie par
P. Leiong [6] pour établir l'existence des nombres de Leiong d'un courant
positif fermé.
Soit $\varphi$ une fonction réelle de classe $\mathrm{C}^{2}$ sur X. On pose
$$
\beta=i\partial\overline{\partial}\varphi,
$$
$\alpha=i\text{{\it ô}} d (\log\varphi)$ sur l'ouvert $\varphi>0$,
et pour tous réels $r>0,\ r_{2}>r_{1}>0$:
$$
\mathrm{B}(r)=\{z\in \mathrm{X};\varphi(z)<r\},
$$
$$
\mathrm{S}(r)=\{z\in \mathrm{X};\varphi(z)=r\},
$$
$$
\mathrm{B}(r_{1},r_{2})=\{z\in \mathrm{X};r_{1}\leq\varphi(z)<r_{1}\}=\mathrm{B}(r_{2})\backslash \mathrm{B}(r_{1}).
$$
PROPOSITION 1. --{\it Soit} $\mathrm{T}$ {\it un courant de bidimension} $(p,p)$ {\it sur} X, $d$ '{\it ordre}
$0$ {\it ainsi que ses différentielles} $\mathrm{dT},\ i\partial\overline{\partial}\mathrm{T}$. {\it Soient} $r_{2}>r_{1}>0$. {\it On suppose que}
{\it l}'{\it ensemble} SuppT $\cap \mathrm{B}(r_{2})$ {\it est relativement compact dans} X. {\it Alors}
(2) $\left\{\begin{array}{l}
\int_{r_{1}}^{r_{2}}\frac{dt}{t^{p}}\int_{\mathrm{B}(\mathrm{t})}i\partial\overline{\partial}\mathrm{T}\wedge\beta^{p-1}\\
=\frac{1}{r_{2}^{p}}\int_{\mathrm{S}\langle r_{2})}\mathrm{T}\wedge\beta^{p-1}\wedge i\overline{\partial}\varphi-\frac{1}{r_{1}^{p}}\int_{\mathrm{S}(r_{1})}\mathrm{T}\wedge\beta^{p-1}\wedge i\overline{\partial}\varphi-\int_{\mathrm{B}(r_{1},r_{2})}\mathrm{T}\wedge\alpha^{p},
\end{array}\right.$
{\it où Vintégrale} $\displaystyle \int_{\mathrm{S}\langle r)}\mathrm{T}\wedge\beta^{p-1}\wedge i\overline{\partial}\varphi(r=r_{1},r_{2})$ {\it est définie par la formule de}
{\it Stokes} :
\begin{center}
$\displaystyle \int_{\mathrm{S}\langle r)}\mathrm{T}\wedge\beta^{\mathrm{p}-1}\wedge i\overline{\partial}\varphi=\int_{\mathrm{B}\langle r)}\mathrm{T}$ a $\displaystyle \beta^{p}+\int_{\mathrm{B}\langle r)}d\mathrm{T}\wedge\beta^{p-1}\wedge i\overline{\partial}\varphi$.
\end{center}
La démonstration est assez technique, mais sa compréhension n'est pas
indispensable pour la suite. Il est donc possible d{\it e} la sauter {\it e}n première
lecture. Pour la commodité du lecteur, nous procéderons en trois étapes.
$a)$ {\it Réduction au cas où} $\mathrm{T}$ {\it est un courant à support compact dans un}
{\it ouvert de} $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$.
En remplaçant $\mathrm{T}$ par $\Sigma\chi_{\mathrm{v}}\mathrm{T}$, où $(\chi_{\mathrm{v}})$ est une partition de l'unité, on
voit que l{\it e} problème est local. Pour tout point $\chi \in \mathrm{X}$, il existe un voisinage
ouvert $\mathrm{U}$ de $x$ dans X, un plongement $ j:\mathrm{U}\rightarrow\Omega$ dans un ouvert de
$\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$, une fonction $\psi\in \mathcal{C}^{2}(\Omega,\mathrm{R})$ telle que $\varphi|_{\mathrm{U}}=\psi\circ j$.

42
JEAN-PIERRE DEMAILLY
On a donc $\beta=j^{*}(i\partial\overline{\partial}\varphi)$, oc $=j^{*}(i\partial\overline{\partial}\log\psi)$. Au courant $\mathrm{T}$ (supposé à
support compact dans U) est associé par (1) un courant 9 à support
compact dans $\Omega$, vérifiant les mêmes propriétés que T. En utilisant (1),
on est donc ramené   démontrer la proposition 1 lorsque X $=\Omega\subset \mathrm{C}^{\mathrm{N}}$,
$\varphi\in \mathcal{C}^{2}(\Omega)$, {\it e}t $\mathrm{T}$ courant à support compact dans $\Omega$.
$\mathrm{b})$ {\it Régularisation de} T.
Puisque les deux membres d{\it e} (2) sont des fonctions continues à gauche
{\it e}n $r_{1}$ et $r_{2}$, il suffit d{\it e} démontrer (2) pour les valeurs $r_{1},\ r_{2}$ d{\it e} $r$ tels que
la $\langle\langle$ sphère $\rangle\rangle \mathrm{S}(r)$ soit négligeable pour la mesure $|\mathrm{T}|+|d\mathrm{T}|+|i\partial\partial \mathrm{T}|$ (les
valeurs exceptionnelles formant un ensemble dénombrable D).
Soit $(\mathrm{p}_{\epsilon})_{\epsilon>0}$ une famille de noyaux régularisants dans $C^{\mathrm{N}}$. Remplaçons
$\mathrm{T}$ par $\mathrm{T}*\mathrm{p}_{\epsilon}$ dans la formule (2); tous les termes de (2) passent alors à la
limite quand $\epsilon$ tend vers $0$, dès que $r_{1}\not\in \mathrm{D},\  r_{2}\not\in$ D. Raisonnons par
exemple pour le premier terme, en notant $\chi_{\mathrm{B}(\mathrm{t})}$ la fonction caractéristique
d{\it e} l'ensemble $\mathrm{B}(t)$ :
$\displaystyle \int_{\mathrm{B}(\mathrm{t})}i\partial\overline{\partial}(\mathrm{T}*\mathrm{p}_{\epsilon})\wedge\beta^{p}=\int i\partial\overline{\partial}\mathrm{T}\wedge[\mathrm{p}_{\epsilon^{*}}(\chi_{\mathrm{B}(t)}\beta^{p})]\rightarrow\int i\partial\overline{\partial}\mathrm{T}\wedge\chi_{\mathrm{B}\langle \mathrm{t})}\beta^{p}$ si $t\not\in \mathrm{D}$
car $\mathrm{p}_{\epsilon}*(\chi_{\mathrm{B}(\mathrm{t})}\beta^{p})$ reste bomé {\it e}t converge simplement vers - XB $(,)\beta^{p}$ sur le
complémentaire de l'ensemble $|i\partial\overline{\partial}\mathrm{T}|$-négligeable $\mathrm{S}(t)$. Les autres termes se
traitent de même.
$\mathrm{c})$ {\it Démonstration de la formule} (2) {\it pour} $\mathrm{T}\in \mathcal{D}_{\mathrm{N}-\rho,\mathrm{N}-p}^{\infty}(\Omega)$.
On peut également supposer que $\varphi$ est une fonction d{\it e} classe $\mathrm{C}^{\infty}$ {\it sans}
{\it points critiques dégénérés} (sinon écrire $\displaystyle \varphi=\mathrm{v}\rightarrow+\infty\lim\downarrow\varphi_{\mathrm{v}}$ où $\varphi_{\mathrm{v}}$ est une suite
décroissante d{\it e} telles fonctions, {\it e}t appliquer le théorème de convergence
dominée). Il {\it e}n résulte que la formule de Stokes s'applique au domaine à bord
éventuellement singulier $\mathrm{B}(t)$, le bord $\partial \mathrm{B}(t)=\mathrm{S}(t)$ étant orienté par la
normale extérieure $ d\varphi$. Désignons par $i_{\mathrm{t}}(t>0)$ l'injection $\mathrm{S}(t)\subset_{-\rangle}$ X. Il
est clair que
$$
i_{\mathrm{t}}^{*}\partial\varphi+i_{\mathrm{t}}^{*}\overline{\partial}\varphi=i_{\mathrm{t}}^{*}d\varphi=d(\varphi\circ i_{\mathrm{t}})=0.
$$
Un calcul immédiat fournit d'autre part
$$
\alpha=\frac{i\partial\overline{\partial}\varphi}{\varphi}-\frac{i\partial\varphi\wedge\overline{\partial}\varphi}{\varphi^{2}},
$$
NOMBRES DES LELONG DES COURANTS
43
d'où $i_{\mathrm{t}}^{*}\displaystyle \alpha=\frac{i_{\mathrm{t}}^{*}\beta}{t}$; on obtient donc d'après la formule d{\it e} Stokes :
$\displaystyle \int_{\mathrm{B}\langle \mathrm{t})}i\partial\overline{\partial}\mathrm{T}\wedge\beta^{p-1}=\int_{\mathrm{B}\langle \mathrm{t})}$ {\it d}({\it ïdT} $\wedge\beta^{p-1}$) $=\displaystyle \int_{\mathrm{S}\langle t)}i\overline{\partial}T\wedge\beta^{p-1}$
$$
=t^{p-1}\int_{\mathrm{S}\langle \mathrm{t})}i\partial T\ \wedge\alpha^{p-1}
$$
Le théorème d{\it e} Fubini montre que
\begin{center}
(3)   $\displaystyle \int_{r_{1}}^{r_{2}}\frac{dt}{t^{p}}\int_{\mathrm{B}\{\mathrm{t})}i\partial\overline{\partial}T\wedge\beta^{p-1}=\int_{r_{1}}^{r_{2}}\frac{dt}{t}\int_{\mathrm{S}\langle\iota)}i\overline{\partial}T\wedge\alpha^{p-1}$
$$
=\int_{\mathrm{B}(r_{1},r_{2})}d{\rm Log}\varphi\wedge i\overline{\partial}\mathrm{T}\wedge\alpha^{p-1}
$$
\end{center}
Comme les formes de bidegré $(n-1, n+1)$ {\it e}t $(n+1, n-1)$ sont nulles, on
a sur $\mathrm{B}(r_{1},r_{2})$:
$d{\rm Log}\varphi\wedge i\overline{\partial}T\wedge\alpha^{p-1}=\partial{\rm Log}\varphi\wedge i\overline{\partial}T\wedge\alpha^{p}$
$$
=\partial{\rm Log}\varphi\wedge idT\wedge\alpha^{p}
$$
$$
=-d(\mathrm{T}\wedge\alpha^{p-1}\wedge i\partial{\rm Log}\varphi)-\mathrm{T}\wedge\alpha^{p}.
$$
En utilisant à nouveau la formule d{\it e} Stokes {\it e}t les égalités
$$
i_{\mathrm{t}}^{*}\alpha=\frac{i_{\mathrm{t}}^{*}\beta}{t}\  i_{t}^{*}\partial\varphi=-i_{\mathrm{t}}^{*}\overline{\partial}\varphi,
$$
l'intégrale (3) devient :
$-\displaystyle \int_{\partial \mathrm{B}\langle r_{1},r_{2})}\mathrm{T}\wedge a^{p-1}\wedge i\partial\log\varphi-\int_{\mathrm{B}\{r_{1},r_{2})}\mathrm{T}\wedge\alpha^{p}$
$=\displaystyle \frac{1}{r_{2}^{p}}\int_{\mathrm{S}\langle r_{2})}\mathrm{T}\wedge\beta^{p-1}\wedge i\overline{\partial}\varphi-\frac{1}{r_{1}^{p}}\int_{\mathrm{S}\langle r_{1})}\mathrm{T}\wedge\beta^{p-1} \wedge$î$\partial\varphi -\displaystyle \int_{\mathrm{B}\langle r_{1},r_{2})}\mathrm{T}\wedge\alpha^{p}$.
On obtient précisément l{\it e} second membre de la formule (2). $\square $
Dans toute la suite d{\it e} ce paragraphe, on désignera par $\mathrm{T}$ un courant
faiblement positif, fermé $(\mathrm{i}.e. d\mathrm{T}=0)$, de bidimension $(p,p)$ sur X. Un cas
particulier fondamental sera l{\it e} cas où la fonction ${\rm Log}\varphi$ est
plurisousharmonique ({\it e}n abrégé p.s. $\mathrm{h}.$). D{\it e} façon précise, nous choisirons $\varphi$
dans la classe LP $(\mathrm{X}, \mathrm{SuppT})$ définie comme suit.

44
JEAN-PIERRE DEMAILLY
Définition 1. --{\it Soit} A {\it une partie de} X. {\it On dira qu}'{\it une fonction} $\varphi$ {\it de}
{\it classe} $\mathrm{C}^{2}$ {\it sur} X {\it est dans la classe} LP(X) [{\it resp}. LP(X,A)] {\it si}
(4) $\varphi$ {\it est logarithmiquement p.s.h. au sens suivant}: {\it pour tout point}
$x\in \mathrm{X}$, {\it il existe un voisinage} $\mathrm{U}$ {\it de} $x$ {\it dans} X, {\it un plongement}
$j$ : U$\rightarrow$û $\subset \mathrm{C}^{\mathrm{N}}$ {\it et une fonction} $\psi\geq 0$ {\it de classe} $\mathrm{C}^{2}$ {\it sur} $\Omega$, {\it prolongeant}
$\varphi (Le. \varphi|_{\mathrm{U}}=\psi\circ j)$, {\it dont le logarithme} ${\rm Log}\psi$ {\it est p.s.h}.
(5) {\it Il existe un nombre} $\mathrm{R}=\mathrm{R}(\varphi)>0$ {\it tel que l}'{\it ensemble} $\mathrm{B}(\mathrm{R})$ [{\it resp}.
$\mathrm{A}\cap \mathrm{B}(\mathrm{R})]$ {\it soit relativement compact dans} X.
On a dans ce contexte le théorème fondamental suivant, qui va nous
permettre d'introduire une définition généralisée des nombres de Leiong.
ThéOrème 3. --{\it Soient} $\varphi\in$ LP $(\mathrm{X}, \mathrm{SuppT}),\ \beta=i\partial\partial\varphi,\ \alpha=i\partial\overline{\partial}{\rm Log}\varphi$.
{\it Alors pour tous réels} $r_{1},\ r_{2}$ {\it tels que} $0<r_{1}<r_{2}\leq \mathrm{R}=\mathrm{R}(\varphi)$, {\it on a}
\begin{center}
(6)   $\displaystyle \frac{1}{r_{2}^{p}}\int_{\mathrm{B}\langle r_{2})}\mathrm{T}\wedge\beta^{p}-\frac{1}{r_{1}^{p}}\int_{\mathrm{B}\langle r_{1})}T\wedge\beta^{p}=\int_{\mathrm{B}\{r_{1},r_{2})}\mathrm{T}\wedge\alpha^{p}$.
\end{center}
{\it L}'{\it expression} $\displaystyle \frac{1}{r^{p}}\int_{\mathrm{B}\langle r)}\mathrm{T}\wedge\beta^{p}$ {\it est fonction croissante de} $r$ {\it sur l}'{\it intervalle}
$]0,\mathrm{R}]$.
Définition 2. - {\it On désignera par nombre de Leiong} $du$ {\it courant} $\mathrm{T}$
{\it relativement au poids} $\varphi$ {\it le réel positif ou nul}
$$
\mathrm{v}(\mathrm{T};\varphi)=\lim_{r>0,r\rightarrow 0}\frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{\varphi\langle z)<r}T\wedge\beta^{p}.
$$
{\it Démonstration}. -- La formule (6) résulte aussitôt de la proposition 1
puisque $d\mathrm{T}=0$ et $i\partial\partial \mathrm{T}=i\partial dT=0$. D'autre part, comme ${\rm Log}\varphi$ est
p.s. $\mathrm{h}.,\ \varphi$ est aussi p.s. $\mathrm{h}.$, {\it donc} les (l,1)-formes $\alpha$ et $\beta$ sont positives.
L'hypothèse que $\mathrm{T}$ est un courant faiblement positif entraîne
$$
\int_{\mathrm{B}\langle r_{1},r_{2})}\mathrm{T}\wedge\alpha^{p}\geq 0,\ \frac{1}{r^{p}}\int_{\mathrm{B}\langle r)}\mathrm{T}\wedge\beta^{p}\geq 0,
$$
ce qui achève de prouver toutes nos affirmations. $\square $
Considérons le cas particulier où X est un voisinage de $0$ dans $\mathrm{C}^{n}$, et
posons $\varphi(z)=|z|^{2}=|z_{1}|^{2}+\cdots+|z_{n}|^{2}.\ \beta$ coïncide alors avec la
métrique hermitienne naturelle de $\mathrm{C}^{n}$ (multipliée par le facteur 2), de sorte

NOMBRES DES LELONG DES COURANTS
45
qu on retrouve la défnition classique, après remplacement de $r$ par $r^{2}$ :
$$
\mathrm{v}(T;\varphi)=\lim_{r\rightarrow 0}\frac{1}{(2\pi)^{p}r^{2p}}\int_{|z|<r}\mathrm{T}\wedge\beta^{p}=\lim_{r\rightarrow 0}\frac{o(r)}{\pi^{p}2p}=\mathrm{v}(\mathrm{T};0),
$$
$$
-r
$$
$$
p!
$$
où $\sigma =T\displaystyle \wedge\frac{\beta^{p}}{2^{p}p!}$ est la mesure trace de $\mathrm{T}$, {\it e}t où \fbox{}$(r)=\displaystyle \int_{|z|<r}$ {\it do} $(z)$.
Nous allons maintenant examiner quelques propriétés générales simples
des nombres de Leiong $\mathrm{v}(\mathrm{T};\varphi)$.
PROPOSITION 2. --{\it Soit} $\varphi\in$ LP $(\mathrm{X}; \mathrm{SuppT})$ {\it et} $k$ {\it un réel} $>0$ {\it tel que}
$\psi=\varphi^{k}$ {\it soit de classe} $\mathrm{C}^{2}$ \{{\it ce qui a lieu dès que} $k\geq 2$). {\it On pose}
$\beta=$ î$\partial\partial\varphi,\ \gamma=i\partial\overline{\partial}\psi$. {\it Alors} $\psi\in$ LP $(\mathrm{X}, \mathrm{Supp}T)$ {\it et pour tout} $ r\in$] $0,\mathrm{R}(\varphi)]$
{\it on} $0$:
(7) $\displaystyle \frac{1}{r^{kp}}\int_{\psi\langle z)<r^{k}}T$ {\it a} $\displaystyle \gamma^{p}=\frac{k^{p}}{r^{p}}\int_{\varphi(z)<r}T$ {\it a} $\beta^{p}$.
{\it De plus}
\begin{center}
(8)   $\mathrm{v}(\mathrm{T};\varphi^{k})=k^{p}\mathrm{v}(T;\varphi)$.
\end{center}
{\it Démonstration}. --II suffit évidemment d'établir l'égalité (7), et ce, pour
$k\geq 2$. En effet si $k <2$, on pourra appliquer deux fois la formule (7) {\it e}n
substituant à $(\varphi,\psi)$ les couples $(\varphi,\varphi^{4})$ et $(\varphi^{k},\varphi^{4})$.
Remplaçons maintenant $\varphi$ par $\varphi_{\epsilon}=\varphi +\epsilon,\ \psi$ par $\psi_{\epsilon}=(\varphi+\epsilon)^{k}$, où
$k\geq 2$. Il vient
$$
i\partial\overline{\partial}\psi_{\epsilon}=ik(\varphi+\epsilon)^{k-2}[\varphi+\epsilon)\partial\overline{\partial}\varphi+(k-1)\partial\varphi\wedge\overline{\partial}\varphi],
$$
et ï$\partial\partial\psi\epsilon$ converge uniformément vers $\gamma$ sur $\mathrm{B}(r)$ quand $\epsilon\rightarrow 0,\ \epsilon>0$.
Le théorème de convergence dominée montre que l'égalité (7) passe à la
limite. On peut donc finalement supposer que $\displaystyle \inf\varphi(z)>0$. Appliquons
$$
z\in \mathrm{X}
$$
alors la formule (6) du théorème 3 avec $r_{2}=r,\ r_{1}<\displaystyle \inf\varphi(z)$. On obtient
$$
z\in \mathrm{X}
$$
$$
\frac{1}{r^{p}}\int_{\varphi\langle z)<r}\mathrm{T}\wedge\beta^{p}=\int_{\varphi\langle z)<r}\mathrm{T}\wedge\alpha^{p},
$$
$$
\frac{1}{r^{kp}}\int_{\psi\langle z)<r^{k}}\mathrm{T}\wedge\gamma^{p}=\int_{\psi\langle z)<r^{k}}\mathrm{T}\wedge\ (\text{î} 3\partial {\rm Log}\psi)^{p}.
$$
L'égalité (7) résulte de c{\it e} que $ i\partial\overline{\partial}{\rm Log}\psi=k\alpha.\ \square $

46
JEAN-PIERRE DEMAILLY
Il nous est maintenant facile de prouver l'invariance des nombres
$\mathrm{v}(\mathrm{T};\varphi)$ annoncée dans l'introduction.
ThéOrème 4. --{\it Soient} $\varphi,\ \psi$ {\it deux fonctions de} LP $(\mathrm{X}, \mathrm{Supp}T)$, {\it et} $l$ {\it un}
{\it réel} $\geq 0$ {\it tels que}
$$
\lim_{z\in \mathrm{S}\mathrm{u}\mathrm{p}\mathrm{p}\mathrm{T}},\inf_{\varphi(z)\rightarrow 0}\frac{{\rm Log}\psi(z)}{{\rm Log}\varphi(z)}\geq l.
$$
{\it Alors} $\mathrm{v}(T;\psi)\geq l^{p}v(T ;\varphi)$.
{\it En particulier si} $\mathrm{Supp}T\cap\psi^{-1}(0)=\mathrm{Supp}T\cap\varphi^{-1}(0)$ {\it et si} ${\rm Log}\psi(z)$
{\it est équivalent à} $l {\rm Log}\varphi(z)$ {\it lorsque} $ z\in$ SuppT {\it et} $\varphi(z)\rightarrow 0$, {\it alors}
$$
\mathrm{v}(T;\psi)=l^{p}\mathrm{v}(\mathrm{T},\varphi).
$$
{\it Démonstration}. --Quitte à remplacer $\psi$ par $\psi^{k}$ et $l$ par $(k-1)^{-}l$ où $k$
est un réel $\geq 2$ assez grand, la proposition 2 permet de supposer que
$$
\lim\inf\frac{{\rm Log}\psi}{{\rm Log}\varphi}>l\ \geq 2.
$$
On a donc $\displaystyle \lim\frac{\psi(z)}{\varphi(z)^{t}}=0$ quand $\mathrm{z}\in$ SuppT et $\varphi(z)\rightarrow 0$, de sorte que la
fonction $\psi_{\epsilon}=\psi+\epsilon\varphi^{l}$ est équivalente à $\epsilon\varphi^{t}$ pour tout $\epsilon>0$. Puisque
$l \geq 2,\ \psi_{\epsilon}$ est de classe $\mathrm{C}^{2}$ et appartient à LP $(\mathrm{X}; \mathrm{SuppT})$ comme
somme d{\it e} fonctions dont le logarithme est p.s. $\mathrm{h}$. Posons $\beta=id\text{{\it ô}}(\varphi\iota )$,
$\gamma=i\partial\partial\psi,\ \gamma_{\epsilon}=i\partial\partial\psi_{\epsilon}$ et soit $r$ tel que $0<r<\mathrm{R}=\mathrm{R}(\psi)$. L{\it e} théorème
de convergence dominée montre que
$$
\lim_{\epsilon\rightarrow 0}\frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{\psi_{\epsilon^{\langle z)<r}}}\mathrm{T}\wedge\gamma_{\epsilon}^{p}=\frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{\psi\langle z)<r}\mathrm{T}\wedge\gamma^{p}.
$$
Il suft donc de vérifier que pour tout $r<\mathrm{R}$ {\it e}t tout $\epsilon>0$ on a
\begin{center}
(9)   $\displaystyle \frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{\psi_{\epsilon^{\{z)<r}}}\mathrm{T}\wedge\gamma_{\epsilon}^{p}\geq l^{p}\mathrm{v}(\mathrm{T};\varphi)=\mathrm{v}(\mathrm{T};\varphi^{\parallel})$;
\end{center}
la dernière égalité résulte ici de la prop. 2. Comme $\psi_{\epsilon}\in$ LP $(\mathrm{X};\mathrm{Supp}T)$ et
comme $\psi_{\epsilon}\sim\epsilon\varphi^{\iota}$, le théorème 3 entraîne
$\displaystyle \frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{\psi_{\epsilon^{\langle z)<r}}}\mathrm{T}\wedge\gamma_{\epsilon}^{p}\geq\lim_{\mathrm{p}\rightarrow 0}\frac{1}{(2\pi \mathrm{p})^{p}}\int_{z\in \mathrm{S}\mathrm{u}\mathrm{p}\mathrm{p}\mathrm{T},\psi_{\epsilon^{\langle z)<\mathrm{p}}}}\mathrm{T}\wedge\gamma_{\epsilon}^{p}$
$$
=\lim_{\mathrm{p}\rightarrow 0}\frac{]}{(2\pi \mathrm{p})^{p}}\int_{z\in \mathrm{S}\mathrm{u}\mathrm{p}\mathrm{p}\mathrm{T},\varphi^{1}\langle z)<\mathrm{p}/\epsilon}T\wedge\gamma_{\epsilon}^{p}.
$$
NOMBRES DES LELONG DES COURANTS
47
Mais $\psi$ est p.s. $\mathrm{h}.$, donc on a $\gamma_{\epsilon}\geq\epsilon\beta$ et
$$
T\wedge\gamma_{\epsilon}\geq\epsilon^{p}\mathrm{T}\wedge\beta^{p}
$$
puisque $\mathrm{T}$ est positif. On obtient bien finalement la conclusion désirée (9)
{\it e}n substituant $\epsilon \mathrm{p}$ à $\mathrm{p}$ dans la limite. $\square $
Le théorème 1, qui fait l'objet du prochain paragraphe, sera une
conséquence simple du théorème 4.
2. Nombres de Leiong de l'image directe
d'un courant positif fermé.
Soient X {\it e}t $\mathrm{Y}$ deux espaces analytiques, $\mathrm{F}$ : $\mathrm{X}\rightarrow \mathrm{Y}$ un morphisme
de X dans Y. Soit $\mathrm{Y}$ un courant faiblement positif fermé de bidimension
$(p,p)$ sur X, tel que la restriction à SuppT du morphisme $\mathrm{F}$ soit {\it propre}.
On définit alors l{\it e} courant image directe $\mathrm{F}_{*}\mathrm{T}$ par
\begin{center}
(10)   $\langle \mathrm{F}_{*}\mathrm{T},v\rangle=\langle T,\mathrm{F}^{*}v\rangle$
\end{center}
pour toute forme $v\in \mathcal{D}_{p,p}^{\infty}(\mathrm{Y})$. Le support de $\mathrm{F}_{*}\mathrm{T}$ est contenu dans
$\mathrm{F}(\mathrm{SuppT})$, {\it e}t on démontre que $\mathrm{F}_{*}\mathrm{T}$ est un courant faiblement positif
fermé de bidimension $(p,p)$ sur Y.
Il existe entre les nombres de Leiong généralisés de $\mathrm{T}$ et d{\it e} $\mathrm{F}_{*}\mathrm{T}$ un
lien direct, exprimé par la proposition suivante.
PROPOSITION 3. --{\it Étant donné une fonction} $\psi\in$ LP $(\mathrm{Y},\mathrm{F}(\mathrm{suppT}))$, {\it on}
{\it pose} $\varphi=\psi\circ \mathrm{F},\ \beta=i\partial\overline{\partial}\varphi,\ \gamma=i\partial\partial\psi$. {\it Alors} $\varphi\in$ LP $(\mathrm{X}, \mathrm{Supp}T)$ {\it et pour}
{\it tout} $r<\mathrm{R}(\psi)$ {\it on a}
\begin{center}
(11)   $\displaystyle \int_{\varphi\langle z)<r}z\in \mathrm{X}T\wedge\beta^{p}=\int_{\psi w)<r}w\in \mathrm{YF}_{*}\mathrm{T}\wedge\gamma^{p}$;
\end{center}
{\it de plus} $\mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}\mathrm{T};\psi)=\mathrm{v}(T;\psi\circ \mathrm{F})$.
{\it Démonstration}. --Le fait que $\varphi\in$ LP $(\mathrm{X};\mathrm{SuppT})$ résulte de l'hypothèse
que la restriction à $\mathrm{Supp}T$ du morphisme $\mathrm{F}$ est propre. Pour établir (11),
il suffit d'appliquer la relation (10) à une suite $v_{\mathrm{v}}\in \mathcal{D}_{p,p}^{\infty}(\psi^{-1}([0,r[))$
convergeant ponctuellement vers $\gamma^{p}$ dans $\psi^{-1}([0,r[). \square $

48
JEAN-PIERRE DEMAILLY
Si $x\in \mathrm{X}$, on désigne par $\mathcal{O}$ X,x l'anneau local des germes d{\it e} fonctions
analytiques sur X au point $x$, {\it e}t par $\ovalbox{\tt\small REJECT}_{\mathrm{X},x}$ l'idéal maximal de $\mathcal{O}_{\mathrm{X},x}$. Soit
$g_{1},\ g_{2},\ \ldots,\ g_{\mathrm{N}}$ un système générateur de $\mathcal{M}_{\mathrm{X},\mathrm{x}}$. Posons
$$
\varphi=\sum_{\lambda=1}^{\mathrm{N}}|g_{\lambda}|^{2}
$$
Il existe un voisinage ouvert $\mathrm{U}$ de $x$ tel que $\varphi\in$ LP(U) (cf. définition 1)
et tel que $\mathrm{U}\cap\varphi^{-1}(0)=\{x\}$.
Définition 3. --{\it On appelle nombre de Leiong} $du$ {\it courant} $T$ {\it au point} $x$
{\it le réel} $\geq 0$
$$
\mathrm{v}(\mathrm{T};x)=\mathrm{v}(\mathrm{T}|_{\mathrm{U}};\varphi)
$$
{\it où} $\mathrm{T}|_{\mathrm{U}}$ {\it est la restriction de} $\mathrm{T}$ {\it à} U.
Cette défnition est cohérente, car le théorème 4 montre que $\mathrm{v}(\mathrm{T};\varphi)$ n{\it e}
dépend pas du choix des générateurs $g_{1},\ g_{2},\ \ldots,\ g_{\mathrm{N}}$ de $\mathcal{M}_{\mathrm{X},x}$. D'autre
part, on retrouve bien la défnition classique lorsque $\chi$ est un point régulier
d{\it e} X (voir les remarques qui suivent la défnition 2).
PROPOSITION 4. --{\it Supposons que} X {\it soit un sous-espace fermé de} $\mathrm{Y}$, {\it et}
{\it soit} $j$ : X $\subset_{\rightarrow}\mathrm{Y}$ {\it l}'{\it inclusion. Alors pour tout} $x \in \mathrm{X}$, {\it on a}
$$
\mathrm{v}(\mathrm{T};x)=\mathrm{v}(i_{*}\mathrm{T}i(x)).
$$
{\it Démonstration}. -- Immédiate grâce au théorème 4: soient $g_{1}$,
$g_{2},\ \ldots,\ g_{\mathrm{N}}$ des générateurs de $\mathcal{M}_{\mathrm{v}i\langle x)},\ \displaystyle \psi=\sum_{\lambda=1}^{\mathrm{N}}|g_{\lambda}|^{2}\in$ LP(V) où V $\subset \mathrm{Y}$
est un voisinage de $j(x)$ tel que $\psi^{-1}(0)=\{j(x)\}$, et soit $\mathrm{U}=\mathrm{X}\cap$ V.
Alors
$$
\mathrm{v}(i_{*}\mathrm{T};i(x))=\mathrm{v}(i_{*}\mathrm{T}|_{\mathrm{V}};\psi)=\mathrm{v}(\mathrm{T}|_{\mathrm{U}};\psi\circ j)=\mathrm{v}(\mathrm{T};x),
$$
car les germes $g_{\lambda}\circ j$ engendrent $\ovalbox{\tt\small REJECT}_{\mathrm{X},\mathrm{x}}.\ \square $
En particulier, les nombres de L{\it e} long sont invariants par isomorphisme
analytique local. D{\it e} plus, si $j$ : $\mathrm{U}\rightarrow\Omega$ est un plongement d'un voisinage
$\mathrm{U}$ de $\chi$ dans un ouvert $\Omega$ de $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$, et si $8=j_{*}\mathrm{T}$ est le courant défini par
(1), on obtient
$$
\mathrm{v}(\mathrm{T};\mathrm{x})\ =\mathrm{v}(9i(\mathrm{x}));
$$
NOMBRES DES LELONG DES COURANTS
49
on peut donc aussi défnir les nombres de Leiong d{\it e} $\mathrm{T}$ comme étant ceux
de 9 dans l'ouvert $\Omega\subset \mathrm{C}^{\mathrm{N}}$.
Ces préliminaires étant établis, nous sommes maintenant prêts pour
démontrer le théorème 1.
{\it Démonstration} $du$ {\it théorème} 1. --On se donne un point $y\in \mathrm{Y}$ tel que
l'ensemble $\mathrm{A}=$ SuppT $\cap \mathrm{F}^{-1}(y)$ soit totalement discontinu. Cela signifie
par défnition que tout point $\chi \in \mathrm{A}$ possède dans A un système
fondamental de voisinages ouverts et fermés. Soient $h_{1},\ h_{2},\ \ldots,\ h_{\mathrm{N}}$ des
générateurs de l'idéal $\ovalbox{\tt\small REJECT}_{\mathrm{Y},y}$ et V un voisinage de $y$ dans $\mathrm{Y}$ tel que la
fonction
$$
\psi=\sum_{\lambda=1}^{\mathrm{N}}|h_{\lambda}|^{2}
$$
appartienne à LP(V) et tel que V $\cap\psi^{-1}(0)=\{y\}$. D'après la
proposition 3, on a pour tout $r<\mathrm{R}(\psi)$
\begin{center}
(12)   $\displaystyle \int_{\psi\langle w)<r}\mathrm{F}_{*}\mathrm{T}\wedge\gamma^{p}=\int_{\varphi(z)<r}\mathrm{T}\wedge\beta^{p}$
\end{center}
où $\varphi=\psi\circ \mathrm{F},\ \beta=i\partial\overline{\partial}\varphi$ {\it e}t $\gamma=i\partial\overline{\partial}\psi$. Le théorème 1 sera prouvé si l'on
montre que pour toute partie fnie $\{x_{1^{ }},\ldots, x_{m}\}$ de A {\it e}t tout $r$ assez
petit, on a
\begin{center}
(13)   $\displaystyle \frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{\varphi\langle z)<r}T\wedge\beta^{p}\geq\sum_{\mathrm{q}=1}^{m}\mathrm{v}(\mathrm{T};\mathrm{x}_{\mathrm{q}})$.
\end{center}
Soit $(g_{q,\lambda})\lambda=1,2,\ \ldots,\ \mathrm{N}_{q}$, un système de générateurs de l'idéal $\mathcal{M}_{\mathrm{X},x_{q}}$.
Comme A est totalement discontinu, il existe des voisinages ouverts $\mathrm{U}_{q}$ d{\it e}
$x_{q}$ dans X, deux à deux disjoints, tels que $\mathrm{A}\cap \mathrm{U}_{\mathrm{q}}=\mathrm{A}\cap\overline{\mathrm{U}}_{q}$. On choisit
de plus $\overline{\mathrm{U}}_{q}$ compact et $\mathrm{U}_{\mathrm{q}}$ assez petit pour que $(g_{\mathrm{q},\lambda})$ défnisse un
plongement d{\it e} $\mathrm{U}_{\mathrm{q}}$; la fonction $\displaystyle \sum_{\lambda}|g_{\mathrm{q},\lambda}|^{2}$ appartient donc à LP $(\mathrm{U}_{q})$. D{\it e}
plus, la famille de parties compactes $\mathrm{Supp}T\cap\varphi^{-1}([0,r])\cap\overline{\mathrm{U}}_{q}$ est crois-
sante {\it e}n $r$, {\it e}t admet pour intersection
$\mathrm{Supp}T\cap\varphi^{-1}(0)\cap\overline{\mathrm{U}}_{q}=$ SuppT $\cap \mathrm{F}^{-1}(y)\cap\overline{\mathrm{U}}_{\mathrm{q}}=\mathrm{A}\cap\overline{\mathrm{U}}_{\mathrm{q}}\subset \mathrm{U}_{\mathrm{q}}$.
Il existe donc $r_{0}>0$ tel que
SuppT $\cap\varphi^{-1}([0,r_{0}])\cap\overline{\mathrm{U}}_{\mathrm{q}}\subset \mathrm{U}_{q},\ q=1,2$, . . ., $m$,

50
JEAN-PIERRE DEMAILLY
par conséquent $\varphi \in$ LP $(\mathrm{U}_{\mathrm{q}}$, Supp T $|_{\mathrm{U}}\mathrm{J}$. Pour tout $r\leq r_{0}$ on obtient
\begin{center}
(14)   $\displaystyle \int_{z\epsilon \mathrm{X},\varphi(z)<r}\mathrm{T}\wedge\beta^{p}\geq\sum_{q=1}^{m}\int_{z\in \mathrm{U}_{q},\varphi(z)<r}T\wedge\beta^{p}$.
\end{center}
Comme $\displaystyle \varphi=\sum_{\lambda=1}^{\mathrm{N}}|h_{\lambda}\circ \mathrm{F}|^{2}$ où $h_{\lambda}\circ \mathrm{F}\in\ovalbox{\tt\small REJECT}_{\mathrm{X},x_{q}}$, on a
$$
\lim_{z\rightarrow x}\inf_{q}\frac{{\rm Log}\varphi(z)}{{\rm Log}\Sigma|g_{q,1}(z)|^{2}}\geq 1,
$$
{\it e}t les théorèmes 3 et 4 montrent que
\begin{center}
(15)   $\displaystyle \frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{z\epsilon \mathrm{U}_{q},\varphi(z)<r}\mathrm{T}\wedge\beta^{p}\geq \mathrm{v}(\mathrm{T}|_{\mathrm{U}_{q}};\varphi)\geq \mathrm{v}(\mathrm{T};x_{\mathrm{q}})$;
\end{center}
(13) résulte donc de (14) et (15). $\square $
Lorsque l'hypothèse de totale discontinuité de l'ensemble
SuppT $\cap \mathrm{F}^{-1}(y)$ est supprimée, le théorème 1 devient trivialement faux.
{\it Contre-exemple}. -- {\it Soit} $\mathrm{F}:\mathrm{X}\rightarrow \mathrm{Y}$ un morphisme ayant une fibre
$\mathrm{F}^{-1}(y)$ compacte et non discrète. Soit $\mathrm{Z}$ une composante irréductible de
$\mathrm{F}^{-1}(y)$ de dimension $>0$. On choisit pour $T$ l{\it e} courant d'intégration
[Z] sur l'ensemble analytique Z. {\it Alors} $\mathrm{F}_{*}\mathrm{T}=\mathrm{F}_{*}[\mathrm{Z}]=0$ par raison de
dimension, bien que $\mathrm{v}(\mathrm{T};x) \geq 1$ en tout point $x \in$ Z. $\square $
Nous allons maintenant décrire une situation naturelle dans laquelle les
nombres de Leiong généralisés seront des entiers.
PROPOSITION 5. --{\it Soit} $(\mathrm{Z}_{\mathrm{q}})$ {\it une famille localement finie de sous-variétés}
{\it irréductibles de dimension} $p$ {\it de} X, {\it et soit} $T=\Sigma n_{q}[\mathrm{Z}_{q}]$ {\it un cycle}
{\it analytique à coefcients entiers positifs. On se donne des applications}
{\it holomorphes} $\mathrm{F}_{1},\ \mathrm{F}_{2},\ \ldots,\ \mathrm{F}_{\mathrm{N}}$ sur X {\it telles que}
$$
\varphi=\sum_{\lambda=1}^{\mathrm{N}}|\mathrm{F}_{\lambda}|^{2}\in\ \mathrm{LP}\ (\mathrm{X};\mathrm{SuppT}).
$$
{\it Alors} $\mathrm{v}(\mathrm{T};\varphi)$ {\it est entier}.
{\it Démonstration}. --On peut s{\it e} bomer àconsidérer le cas $\mathrm{T}=[\mathrm{Z}]$, où $\mathrm{Z}$ est
irréductible. Puisque $\varphi\in$ LP $(\mathrm{X};\mathrm{SuppT})$, il existe un réel $\mathrm{R}>0$ tel que
$\mathrm{Z}_{\mathrm{R}}=\{z\in \mathrm{Z};\varphi(z)<\mathrm{R}\}\subset\subset$ X. Soit $\mathrm{F}_{\mathrm{R}}:\mathrm{Z}_{\mathrm{R}}\rightarrow \mathrm{B}$ la restriction à $\mathrm{Z}_{\mathrm{R}}$ du

NOMBRES DES LELONG DES COURANTS
51
morphisme $(\mathrm{F}_{1},\mathrm{F}_{2},\ldots,\mathrm{F}_{\mathrm{N}})$, à valeurs dans la boule $\mathrm{B}=\{w\in \mathrm{C}^{\mathrm{N}}$,
$|w|^{2}<\mathrm{R}\}.\ \mathrm{F}_{\mathrm{R}}$ est donc une application propre, et on a
$$
\mathrm{v}(\mathrm{T};\varphi)=\mathrm{v}(\mathrm{F}_{\mathrm{R}^{*}}[\mathrm{Z}_{\mathrm{R}}] ;0)
$$
d'après la proposition 3. Quitte à décomposer encore $\mathrm{Z}_{\mathrm{R}}$, on peut
supposer $\mathrm{Z}_{\mathrm{R}}$ irréductible. Deux cas peuvent alors se présenter.
$a) \mathrm{F}_{\mathrm{R}}$ {\it est de rang} $<p$ {\it en tout point régulier de} $\mathrm{Z}_{\mathrm{R}}$.
Dans ce cas la mesure d{\it e} Hausdorff $\mathrm{H}_{2p}(\mathrm{F}_{\mathrm{R}}(\mathrm{Z}_{\mathrm{R}}))$ est nulle (théorème d{\it e}
Sard). Comme $\mathrm{Supp}(\mathrm{F}_{\mathrm{R}^{*}}[\mathrm{Z}_{\mathrm{R}}])\subset \mathrm{F}_{\mathrm{R}}(\mathrm{Z}_{\mathrm{R}})$, l{\it e} théorème du support pour les
courants localement plats entraîne que
$$
\mathrm{F}_{\mathrm{R}^{*}}[\mathrm{Z}_{\mathrm{R}}]=0
$$
(cf. H. Fédérer [4], 4.1.15.).
$\mathrm{b}) \mathrm{F}_{\mathrm{R}}$ {\it est de rang maximum} $p$.
Puisque l{\it e} morphisme $\mathrm{F}_{\mathrm{R}}$ est propre, $1' \mathrm{imageF}_{\mathrm{R}}(\mathrm{Z}_{\mathrm{R}})$ est une sous-
variété irréductible $\mathrm{W}$ d{\it e} dimension $p$ d{\it e} $\mathrm{B}$ (théorème d{\it e} R. Remmert
[9], [10] $)$; en outre $\mathrm{F}_{\mathrm{R}}:\mathrm{Z}_{\mathrm{R}}\rightarrow \mathrm{W}$ est un revêtement ramifé à un nombre
fini $s$ de feuillets (voir par exemple R. Narasimhan [8]). $\mathrm{I}\grave{1}$ en résulte que
$\mathrm{F}_{\mathrm{R}^{*}}[\mathrm{Z}_{\mathrm{R}}]=s[\mathrm{W}]$, par suite
$$
\mathrm{v}(\mathrm{F}_{\mathrm{R}^{*}}[\mathrm{Z}_{\mathrm{R}}] ;0)=s\mathrm{v}([\mathrm{W}];0),
$$
et on sait que $\mathrm{v}([\mathrm{W}];0)$ est un entier (cf. R. Harvey [5]). $\square $
3. Rôle des multiplicités du morphisme F.
On considère ici encore un morphisme $\mathrm{F}$ : $\mathrm{X}\rightarrow \mathrm{Y}$ et un $(p,p)$-courant
positif fermé $\mathrm{T}$ sur X tel que la restriction de $\mathrm{F}$ au support de $\mathrm{T}$ soit
propre.
Le théorème 5 ci-dessous généralise à la fois les théorèmes 1 et 2. Pour
pouvoir donner un énoncé simple {\it e}t intrinsèque, nous aurons besoin
d'introduire la notion de {\it p}-multiplicité du morphisme $\mathrm{F}$ en un point
$ x\in$ X.
Définition 4. - {\it Soient} $x\in \mathrm{X},\ y=\mathrm{F}(x)$, {\it et} $j=(i_{1}i_{2^{ }},\ldots j_{\mathrm{N}})$ {\it un}
{\it système de générateurs de Vidéal} $\mathcal{M}_{\mathrm{Y},y}$; {\it posons} $\mathrm{F}_{\lambda}=j_{\lambda}\circ$ F. {\it On dira que}

52
JEAN-PIERRE DEMAILLY
$\mathrm{F}_{\lambda}$ {\it s}'{\it annule au point} $x$ {\it à l}'{\it ordre} $s_{1}$ ( $s_{\lambda}$ {\it entier} $\geq 1$) {\it si le germe} $\mathrm{F}_{\lambda,\mathrm{x}}$
{\it appartient à} $\mathcal{M}_{\mathrm{x}^{\lambda_{\chi}}}^{s},\backslash \mathcal{M}_{\mathrm{X},x}^{s_{\lambda}+1}$, {\it et à l}'{\it ordre} $ s_{\lambda}=\infty$ {\it si} $\mathrm{F}_{\lambda.x}=0$. {\it On note alors}
$\mu_{p}(\mathrm{F};x)$ {\it la borne supérieure} ({\it éventuellement infinie}) {\it des entiers} $ s_{1}s_{2}\ldots s_{p}$
{\it pour tout système} $j=(i_{\lambda})_{1\leq\lambda\leq \mathrm{N}}$ {\it de générateurs de} $\mathcal{M}_{\mathrm{Y},y}$, {\it tel que} $\mathrm{N}\geq p$ {\it et}
$ s_{1}\leq s_{2}\leq\ldots\leq s_{\mathrm{N}}<\infty$.
Il est clair que $\mu_{p}(\mathrm{F};x)=\infty$ dès qu il existe un plongement
$j=(i_{1},i_{2^{ }},\ldots i_{\mathrm{N}})$ d'un voisinage V du point $y=\mathrm{F}(x)\in \mathrm{Y}$ dans $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$, tel
que $\mathrm{N}<p$, autrement dit si la dimension de Zariski de $\mathrm{Y}$ au point
$y=\mathrm{F}(x)$ est $<p$.
ThéOrème 5. - {\it Soit} $ y\in$ Y. {\it On note} $\mathrm{Z}(y)$ {\it l}'{\it ensemble des points}
$x\in \mathrm{F}^{-1}(y)$ {\it tels que} $\mathrm{v}(\mathrm{T};x) >0$ {\it et tels que la composante connexe de} $x$ {\it dans}
SuppT $\cap \mathrm{F}^{-1}(y)$ {\it soit réduite à} $\{\mathrm{x}\}$. {\it Alors pour tout point} $x \in \mathrm{Z}(y)$ {\it on a}
$\mu_{p}(\mathrm{F};\mathrm{x}) <\infty$ {\it et}
$$
\mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}T;y)\geq\sum_{x\in \mathrm{Z}\langle y)}\mu_{p}(\mathrm{F};\mathrm{x})\mathrm{v}(\mathrm{T} ;x).
$$
{\it Démonstration}. -- Il suffit de démontrer que pour toute partie finie
$\{x_{1},x_{2},\ldots,x_{m}\}$ de $\mathrm{Z}(y)$ on a
$$
\mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}\mathrm{T};y)\geq\sum_{\mathrm{q}=1}^{m}\mu_{p}(\mathrm{F};x_{q})v(T ;x_{\mathrm{q}}).
$$
Comme SuppT $\cap \mathrm{F}^{-1}(y)$ est compact, les hypothèses entraînent que
chaque point $x_{q}$ admet dans SuppT $\cap \mathrm{F}^{-1}(y)$ un système fondamental
de voisinages à la fois ouverts et fermés (cf. Bourbaki [2], chap. 2, \S 4, $\mathrm{n}^{0}4$,
prop. 6). On peut alors répéter la démonstration du théorème 1 (cf. (12) et
(12)$)$ pour voir que
$$
\int_{\psi\langle w)<r}\mathrm{F}_{*}\mathrm{T}\wedge\gamma^{p}=\int_{\varphi(z)<r}\mathrm{T}\wedge\beta^{p}\geq\sum_{q=1}^{m}\int_{\varphi\langle z)<r}z\in \mathrm{U}_{q}\mathrm{T}\wedge\beta^{p}
$$
(avec les mêmes notations). Il sufit donc d{\it e} montrer que
$$
\lim_{r\rightarrow 0}\frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{\varphi(z)<r}z\in \mathrm{U}_{\mathrm{q}}\mathrm{T}\wedge\beta^{p}\geq\mu_{p}(\mathrm{F};x_{q})\mathrm{v}(\mathrm{T};x_{\mathrm{q}}),
$$
ou encore ({\it e}n supprimant l'indice $q$ pour simplifier) :
\begin{center}
(16)   $\displaystyle \lim_{r\rightarrow 0}\frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{\varphi(z)<r}z\in \mathrm{U}T\wedge\beta\geq s_{1}s_{2}\ldots s_{p}\mathrm{v}(\mathrm{T};x)$
\end{center}


NOMBRES DES LELONG DES COURANTS
53
pour tout système $j= (i_{1}j_{2^{ }},\ldots j_{\mathrm{N}})$ de générateurs d{\it e} $\mathcal{M}_{\mathrm{Y},y}$ vérifiant les
hypothèses de la défmition 4 $(\mathrm{N}\geq p \mathrm{et} s_{1}\leq s_{2}\leq\ldots\leq s_{\mathrm{N}}<\infty)$. Comme la
limite (16) ne dépend que de la classe d'équivalence de $\varphi=\psi\circ \mathrm{F}$
(théorème 4), on peut remplacer les générateurs $(h_{\lambda})$ d{\it e} $\mathcal{M}_{\mathrm{Y},y}$ par
$(i_{\lambda})_{1\leq\lambda\leq \mathrm{N}}$, de sorte qu on a maintenant
$$
\psi=\sum_{\lambda=1}^{\mathrm{N}}\int_{\lambda}|^{2},\ \varphi=\sum_{\lambda=1}^{\mathrm{N}}|\mathrm{F}_{\lambda}|^{2}.
$$
La famille croissante de compacts SuppT $\cap\varphi^{-1}([0,r]) \cap$Û a pour
intersection $\mathrm{Supp}T\cap \mathrm{F}^{-1}(0) \cap$Û $\subset \mathrm{U}$, donc il existe $r_{0}>0$ tel que
SuppT $\cap\varphi^{-1}([0,r_{0}]) \cap$Û $\subset$ U.
Si $1' \mathrm{on}$ pose $\mathrm{U}_{0}=\mathrm{U}\cap\varphi^{-1}([0,r_{0}[)$ et $\mathrm{B}(r_{0})=\{z\mathrm{eC}^{\mathrm{N}};|z|^{2}<r_{0}\}$, on
voit que $1' \mathrm{application}$
$$
\Phi=j\circ \mathrm{F}=(\mathrm{F}_{1},\mathrm{F}_{2^{ }},\ldots,\mathrm{F}_{\mathrm{N}})\ :\ \mathrm{U}_{0}\rightarrow \mathrm{B}(r_{0})
$$
a une restriction au support de $T$ qui est propre. En vertu de la
proposition 3, l'inégalité (16) équivaut à
$$
\mathrm{v}(\Phi_{*}\mathrm{T};0)\geq s_{1}s_{2}\ldots\ s_{p}\mathrm{v}(\mathrm{T};x).
$$
Posons $ s=s_{1}s_{2}\ldots s_{\mathrm{N}},\ 0_{\lambda}=\displaystyle \frac{s}{s_{\lambda}}$ pour $1\leq\lambda\leq \mathrm{N}$, et soit
$$
\mathrm{G}\ :\ \mathrm{B}(r_{0})\rightarrow \mathrm{G}(\mathrm{B}(r_{0}))
$$
l'application propre qui à $z=(z_{1},z_{2^{ }},\ldots,z_{\mathrm{N}})$ fait correspondre
$\mathrm{G}(z)=(z_{1}^{\sigma_{1}},z_{2}^{\sigma_{2}}\ldots,z_{\mathrm{N}}^{\sigma_{\mathrm{N}}})$. On observe que
$$
\mathrm{G}\circ\Phi=(\mathrm{F}_{1}^{\sigma_{1}}, \mathrm{F}_{2}^{\sigma_{2}},\ldots,\mathrm{F}_{\mathrm{N}}^{\mathrm{o}_{\mathrm{N}}})
$$
{\it e}t que $\mathrm{F}_{\lambda}^{\sigma_{\lambda}}\in \mathcal{M}_{\mathrm{X},x}^{s_{\lambda^{\circ}\lambda}}=\mathcal{M}_{\mathrm{X},\mathrm{x}}^{s}$; le théorème 4 et la proposition 3 montrent
aussitôt que
$$
\mathrm{v}(\mathrm{G}_{*}\Phi_{*}\mathrm{T};0)\geq s^{p}\mathrm{v}(\mathrm{T};x).
$$
Il nous sufra donc de montrer l'inégalité
$$
\mathrm{v}(\mathrm{G}_{*}\Phi_{*}T;0)\leq 0_{1}0_{2}\ldots\ \sigma_{p}\mathrm{v}(\Phi_{*}\mathrm{T};0).
$$
Cette inégalité résultera de la proposition 6 ci-dessous, qui est intéressante
par elle-même (poser $\Theta =\Phi_{*}\mathrm{T}$).

54
JEAN-PIERRE DEMAILLY
PROPOSITION 6. --{\it Soit} $\mathrm{B}\subset \mathrm{C}^{\mathrm{N}}$ {\it une boule ouverte de centre} $\mathrm{O}$, {\it et} $\Theta$ {\it un}
{\it courant positif fermé de bidimension} $(p,p)$ {\it sur} B. {\it Soit}
$$
\mathrm{G}:\mathrm{B}\rightarrow \mathrm{G}(\mathrm{B})
$$
{\it l}'{\it application holomorphe} ({\it et propre}) {\it qui à tout} $z=(z_{1},z_{2}, \ldots,z_{\mathrm{N}})$ {\it associe}
$$
\mathrm{G}(z)=(z_{1}^{\circ 1}, z_{2}^{\sigma_{2}}\ldots, z_{\mathrm{N}}^{\sigma_{\mathrm{N}}}),
$$
{\it où} $0_{1},\ \sigma_{2},\ \ldots,\ \sigma_{\mathrm{N}}$ {\it sont des entiers tels que} $\sigma_{1}\geq 0_{2}\geq\ldots\geq\sigma_{\mathrm{N}}\geq 1$.
{\it Alors}
$$
\mathrm{v}(\mathrm{G}_{*}\Theta;0)\leq\sigma_{1}\sigma_{2}\ldots\sigma_{p}\mathrm{v}(\Theta;0).
$$
Avant de donner une preuve de la proposition 6, nous aurons besoin
d'établir quelques résultats préliminaires. Si $a=(a_{1},a_{2^{ }},\ldots,a_{\mathrm{N}})$ est un N-
uplet de nombres réels $>0$, on note $a^{-1}1' \mathrm{application}$ d{\it e} $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$ dans $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$
qui à $z=(z_{1},z_{2}, \ldots,z_{\mathrm{N}})$ associe $(\displaystyle \frac{z_{1}}{a_{1}}$ , $\displaystyle \frac{z_{2}}{a_{2}}$ , . . ., $\displaystyle \frac{z_{\mathrm{N}}}{a_{\mathrm{N}}})$.
L'idée directrice de la démonstration est $\langle\langle$ d'aplatir $\rangle\rangle$ l{\it e} courant $\Theta$ le
long des sous-espaces vectoriels de $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$ qui {\it sont} somme de $p$ facteurs C.
Dans ce but, on remplacera $\Theta$ par $ a_{*}^{-1}\Theta$ et on passera à la limite faible en
faisant tendre convenablement $a$ vers $0$.
LEMME 1. --{\it Soit} $\mathrm{T}_{k}$ {\it une suite de} $(p,p)$-{\it courant} ({\it faiblement}) {\it positifs et}
{\it fermés sur un espace analytique} X, {\it convergeant faiblement vers un courant}
$\mathrm{T}_{\infty}$ {\it au sens de la dualité entre} $\mathcal{D}_{p,p}^{\mathrm{o}}(\mathrm{X})$ {\it et} $(\mathcal{D}_{p,p}^{\mathrm{o}}(\mathrm{X}))'$. {\it Ators} $\mathrm{T}_{\infty}$ {\it est un}
$(p,p)$-{\it courant faiblement positif fermé. Soient} $\varphi\in$ LP(X) {\it et} $\beta=i\partial\overline{\partial}\varphi$. {\it On}
{\it a quel que soit} $ r\in$] $0,\ \mathrm{R}(\varphi)[$
$$
\int_{\varphi\langle z)<r}T_{\infty}\wedge\beta^{p}\leq\lim_{k\rightarrow+}\inf_{\infty}\int_{\varphi(z)<r}\mathrm{T}_{k}.\wedge\beta^{p}
$$
$$
\backslash \nabla\lim_{k\rightarrow+}\sup_{\infty}\int_{\varphi\{z)<r}\mathrm{T}_{k}\wedge\beta^{p}\leq\int_{\varphi\langle z)\leq r}\mathrm{T}_{\infty}\wedge\beta^{p}.
$$
{\it De plus} $\displaystyle \mathrm{v}(\mathrm{T}_{\infty};\varphi)\geq\lim_{k\rightarrow+}\sup_{\infty}(\mathrm{T}_{k};\varphi)$.
{\it Démonstration}. --Les premières inégalités s'obtiennent en approximant
la fonction caractéristique $\chi_{\mathrm{B}\langle r)}$ d{\it e} l'ensemble $\mathrm{B}(r)=\{z\in \mathrm{X}$;
$\varphi(z)<r\}\subset\subset \mathrm{X}$ par des fonctions continues $\geq 0$ à support compact qui

NOMBRES DES LELONG DES COURANTS
55
encadrent $\chi_{\mathrm{B}(r)}$. D'autre part, il est clair que
$\displaystyle \mathrm{v}(\mathrm{T}_{\infty};\varphi)=\lim_{r\rightarrow 0}\frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{\varphi(z)\leq r}T_{\infty}\wedge\beta^{p}$, et que
$$
\frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{\varphi\langle z)\leq r}\mathrm{T}_{\infty}\wedge\beta^{p}\geq\lim_{k\rightarrow+}\sup_{\infty}\frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{\varphi(z)<r}\mathrm{T}_{k}\wedge\beta^{p}
$$
$$
\geq\lim_{k\rightarrow+}\sup_{\infty}\mathrm{v}(\mathrm{T}_{k};\varphi).\ \square 
$$
Soit maintenant $\Theta$ un $(p,p)$-courant positif fermé défini sur un voisinage de
$0$ dans $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$.
LEMME 2. --{\it On suppose que pour une suite} $a_{\mathrm{k}}\rightarrow 0$ {\it les courants} $a_{k*}^{-1}0$
{\it convergent faiblement vers un courant} $\Theta_{0}$ {\it sur} $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$. {\it Alors} $\Theta_{0}$ {\it est tel que}
$$
\mathrm{v}(\mathrm{G}_{*}\Theta;0)\leq \mathrm{v}(\mathrm{G}_{*}\Theta_{0};0).
$$
{\it Démonstration}. --L'énoncé a bien un sens puisque les courants $ a_{k^{*}}^{-1}\Theta$
sont définis sur toute boule d{\it e} $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$ dès que $k$ est assez grand. D'après la
proposition 3 et le lemme 1 on a
$$
\mathrm{v}(\mathrm{G}_{*}\Theta_{0},0)=\mathrm{v}(\Theta_{0};|\mathrm{G}|^{2})\geq\lim_{k\rightarrow+}\sup_{\infty}\mathrm{v}(a_{k}^{-}*^{1}\Theta ;|\mathrm{G}|^{2}).
$$
Comme la fonction ${\rm Log}|\mathrm{G}\circ a_{k}^{-1}(z)|^{2}$ est équivalente à ${\rm Log}|\mathrm{G}(z)|^{2}$ quand
$z\rightarrow 0$, les théorèmes 3 et 4 montrent que
$$
\mathrm{v}(a_{k^{*}}^{-1}\Theta ;|\mathrm{G}|^{2})=\mathrm{v}(6;|\mathrm{G}\circ a_{k}^{-1}|^{2})=\mathrm{v}(\Theta;|\mathrm{G}|^{2})=\mathrm{v}(\mathrm{G}_{*}\Theta;0)
$$
pour tout indice $k$.
La première étape consistera
tangent $\rangle\rangle 9_{0}$.
$$
\square 
$$
à remplacer $\Theta$ par son $\langle\langle$ cône
LEMME 3. --{\it II existe une suite} $(\mathrm{p}_{k})$ {\it de nombres réels tendant vers} $0$ {\it telle}
{\it que la suite} $\mathrm{p}_{k}^{-}*^{1}\Theta$ {\it converge faiblement vers un courant} $\Theta_{0}$ {\it sur} $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}(\mathrm{p}_{k}^{-1}$ {\it étant}
{\it Vhomothétie de rapport} $1/\mathrm{p}_{k}$ {\it dans} $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$). {\it De plus, chacune des limites faibles}
$\Theta_{0}$ {\it vérifie les conditions}
$$
\mathrm{v}(\mathrm{e}_{0};0)=\mathrm{v}(\mathrm{e};0),
$$
$\Theta_{0}\wedge\alpha^{p}\equiv 0$ sur $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}\backslash \{0\}$,
$ 0\alpha =${\it iôd} $({\rm Log}|z|^{2})$.

56
JEAN-PIERRE DEMAILLY
{\it Démonstration}. -- Étant donné deux rée ls positifs $r$ et $\mathrm{p} (\mathrm{p}$
suffisamment petit) et $\beta=i\partial\partial|z|^{2}$, on a
\begin{center}
(17)   $\displaystyle \frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{|z|^{2}<r}\mathrm{p}_{*}^{-1}9 \displaystyle \wedge\beta^{p}=\frac{1}{(2\pi r\mathrm{p})^{p}}\int_{|z|^{2}<r\mathrm{p}}\Theta \wedge\beta^{p}$.
\end{center}
Le théorème 3 montre que la famille $\mathrm{p}_{*}^{-1}\Theta$ est uniformément bomée sur
tout compact pour la norme de la masse (lorsque $\mathrm{p}$ tend vers $0$); on peut
donc bien en extraire une limite faible $\displaystyle \Theta_{0}=\lim_{\mathrm{p}_{k}\rightarrow 0}\mathrm{p}_{k^{*}}^{-1}\Theta$. Il découle du
lemme 1 et de (17) que pour tout $r>0$
$$
\frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{|z|^{2}<r}6_{0}\wedge\beta^{p}=\mathrm{v}(\Theta;0).
$$
On a donc $\mathrm{v}(\Theta_{0};0)=\mathrm{v}(\Theta;0)$ et comme $\Theta_{0}$ est faiblement positif sur $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$,
la relation (6) du théorème 3 montre que
$\Theta_{0}\wedge\alpha^{p}\equiv 0$ sur $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}\backslash \{0\}.\ \square $
Pour établir la proposition 6, nous sommes donc ramenés à prouver que
$$
\mathrm{v}(\mathrm{G}_{*}\Theta_{0};0)\leq 0_{1}\sigma_{2}\ldots \mathrm{o}_{p}\mathrm{v}(\Theta_{0};0),
$$
ce qui se fera en $\langle\langle$ aplatissant $\rangle\rangle 9_{0}$.
lemme 4. --{\it Soit} $\Theta_{0}$ {\it un courant positiffermé sur} $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$ {\it tel que} $6_{0}\wedge\alpha^{p}\equiv 0$
{\it sur} $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}\backslash \{0\}$, {\it Alors pour toute suite} $a_{k}\rightarrow 0$, {\it on peut extraire de la suite des}
{\it courants} $a_{k}^{-}*^{1}\Theta_{\mathrm{o}}$ {\it une sous-suite convergeant faiblement. La limite} $\Theta_{1}$ {\it vérifie}
$\mathrm{v}(\Theta_{1};0)=\mathrm{v}(\Theta_{\mathrm{o}};0)$ et $9_{1}\wedge\alpha^{p}\equiv 0$ sur $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}\backslash \{0\}$.
{\it Démonstration}. -- II est clair qu il existe pour tout N-uplet
$a=(a_{1},a_{2^{ }},\ldots,a_{\mathrm{N}})$ de réels $>0$ une constante $\mathrm{C}=\mathrm{C}(a)\geq 1$ telle que
$$
\frac{1}{\mathrm{C}}a\ \leq a^{-1*}\alpha\ \leq \mathrm{Ca};
$$
{\it e}n effet, la forme $\alpha =i\partial\overline{\partial}{\rm Log}|z|^{2}$ est issue d'une forme définie $>0$ sur
$\mathrm{P}_{\mathrm{N}-1}$ (qui est précisément la métrique kâhlérienne standard de $\mathrm{P}_{\mathrm{N}-1}$).
Comme $\Theta_{0}\geq 0$ il vient
\begin{center}
(18)   $\left\{\begin{array}{l}
\Theta_{0}\wedge a^{-1*}\alpha^{p}\equiv 0s\mathrm{u}\mathrm{r}\mathrm{C}^{\mathrm{N}}\backslash \{0\}\\
a_{*}^{-1}6_{0}\wedge\alpha^{p}=a_{*}^{-1}(\Theta_{0}\wedge a^{-1*}\alpha^{p})\equiv 0
\end{array}\right.$
\end{center}


NOMBRES DES LELONG DES COURANTS
57
D'après les théorèmes 3 et 4, on en déduit quel que soit $r>0$ :
$$
\frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{|z|^{2}<r}a_{*}^{-1}\Theta_{0}\wedge\beta^{p}=\mathrm{v}(a_{*}^{-1}\Theta_{0};0)=\mathrm{v}(9_{0};0),
$$
d'où la conclusion grâce au lemme 1. $\square $
{\it Démonstration de la proposition} 6. - Pour tout N-uplet
$\sigma =(\sigma_{1},\sigma_{2},\ldots,\sigma_{\mathrm{N}})$ d'entiers positifs, et tout réel $\mathrm{p}>0$, soit $\mathrm{p}^{-1/0}$
$1' \mathrm{application}$ de $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$ dans $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$ qui à $z=(z_{1},z_{2}, \ldots,z_{\mathrm{N}})$ associe
$(\mathrm{p}^{-1/0}1z_{1}, \mathrm{p}^{-\iota/0}2z_{2},\ldots,\mathrm{p}^{-1/0_{N}}z_{\mathrm{N}})$.
On ordonne les éléments de $(\mathrm{N}^{*})^{\mathrm{N}}$ en une suite $\sigma^{1},\ \sigma^{2},\ \sigma^{3},\ \ldots$, et on
extrait $s$ uccessivement des suites faiblement convergentes
$$
\Theta_{1}=\lim_{\infty k\rightarrow+}(\mathrm{p}_{k}^{-1/0})_{*}9_{0}1,9_{2}=\lim_{k\rightarrow+\infty}(\mathrm{p}_{k}^{-1/\sigma^{2}})_{*}8_{1},\ \ldots,
$$
$$
\Theta_{\infty}=\lim_{k\rightarrow+\infty}\Theta_{\mathrm{v}_{k}}.
$$
Les lemmes 2 et 4 montrent que
(19) $\left\{\begin{array}{ll}
\mathrm{v}(\mathrm{G}_{*}6_{0};0)\leq \mathrm{v}(\mathrm{G}_{*}6_{k};0), & \\
\mathrm{v}(\Theta_{k};0)=\mathrm{v}(6_{0};0) \mathrm{e}\mathrm{t} & \Theta_{k}\wedge\alpha^{p}\equiv 0.
\end{array}\right.$
De plus
$$
\mathrm{G}_{\mathrm{v}^{*}}\Theta_{\mathrm{v}}=\lim_{k\rightarrow+\infty}(\mathrm{G}_{\mathrm{v}}\circ \mathrm{p}_{k}^{-1/0^{\mathrm{V}}})_{*}6_{\mathrm{v}-1}
$$
$$
=\lim_{k\rightarrow+\infty}\mathrm{p}_{k^{*}}^{-1}(\mathrm{G}_{\mathrm{v}^{*}}\Theta_{\mathrm{v}-1}),
$$
où $\mathrm{G}_{\mathrm{v}}$ est l'application $\mathrm{G}$ associée à a $=0^{\mathrm{v}}$. Le lemme 3 entraîne que
$(\mathrm{G}_{\mathrm{v}^{*}}\Theta_{\mathrm{v}})\wedge\alpha^{p}=\mathrm{G}_{\mathrm{v}^{*}}(9_{\mathrm{v}}\wedge \mathrm{G}_{\mathrm{v}}^{*}\alpha^{p})\equiv 0$ sur $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}\backslash \{0\}$ et donc la mesure
po sitive $\Theta_{\mathrm{v}}\wedge \mathrm{G}_{\mathrm{v}}^{*}\alpha^{p}$ est nulle elle aussi. En raisonnant comme pour (18) on
en déduit que $a_{*}^{-1}\Theta_{\mathrm{v}}\wedge \mathrm{G}_{\mathrm{v}}^{*}\alpha^{p}\equiv 0$ pour tout N-uplet $a$, d'où
$\Theta_{\mathrm{v}+1}\wedge \mathrm{G}_{\mathrm{v}}^{*}\alpha^{p}\equiv 0$, et plus généralement $\Theta_{k}\wedge \mathrm{G}_{\mathrm{v}}^{*}\alpha^{p}\equiv 0$ lorsque $k\geq \mathrm{v}$.
Un demier passage à la limite foumit (cf. 19)$)$
\begin{center}
(20)   $\{_{\mathrm{v}}^{\mathrm{v}}1_{\Theta_{\infty};0)=}^{\mathrm{G}_{*}9_{0};0)}\mathrm{v}(\Theta_{0};0)\leq \mathrm{v}(\mathrm{G}_{*}\Theta_{\infty};0)$,
(21)   $\Theta_{\infty}\wedge \mathrm{G}^{*}\alpha^{p}\equiv 0$ sur $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}\backslash \{0\}$,
\end{center}


58
JEAN-PIERRE DEMAILLY
{\it pour} toute application $\mathrm{G}$ associée à un N-uplet a $=(\sigma_{1},\sigma_{2},\ldots,\sigma_{\mathrm{N}})$
quelconque. Il en résulte (lemme 5 ci-dessous) que $\Theta_{\infty}$ est une combinaison
linéaire des courants d'intégration sur les plans vectoriels
$$
\mathrm{C}_{\mathrm{L}}=\mathrm{C}_{\swarrow 1}\oplus \mathrm{C}_{t_{2}}\oplus\ldots\oplus \mathrm{C}_{\swarrow_{\mathrm{p}}}\subset \mathrm{C}^{\mathrm{N}}
$$
(somme des $p$ facteurs $\mathrm{C}$ d'indices respectifs $l_{1},\ l_{2},\ \ldots,\ l_{p}$) :
\begin{center}
(22)   $6_{\infty}=\displaystyle \sum_{\mathrm{L}}\epsilon_{\mathrm{L}}[\mathrm{CJ}$,
\end{center}
avec $\mathrm{L}=\{l_{1},l_{2},\ldots,l_{p}\}\subset\{1,2_{ }\ldots, \mathrm{N}\},\ \epsilon_{\mathrm{L}}\geq 0$. On a donc
$$
\mathrm{v}(\Theta_{\infty};0)=\sum_{\mathrm{L}}\epsilon_{\mathrm{L}},
$$
{\it e}t comme la restriction de $\mathrm{G}$ à $\mathrm{C}_{\mathrm{L}}$ est un revêtement ramifié de $\mathrm{C}_{\mathrm{L}}$
$\sigma_{1_{1}}0_{l_{2}}\ldots \sigma_{l_{p}}$ feuillets, on obtient
$$
\mathrm{G}_{*}[\mathrm{C}_{1}]=0_{J_{1}}\fbox{}\ldots 0_{l_{p}}[\mathrm{C}_{1}],
$$
$$
\mathrm{v}(\mathrm{G}_{*}6_{\infty};0)=\sum_{\mathrm{L}}\sigma_{J_{1}}0_{J_{2}}\ldots\fbox{}\epsilon_{\mathrm{L}}.
$$
Si l'on combine ces égalités avec (20), (21) et les lemmes 2-3, on trouve
l'estimation de la proposition 6. $\square $
Il ne nous reste plus qu à établir l'existence de la décomposition (22);
c'est $1' \mathrm{objet}$ du lemme 5 qui suit.
lemme 5. --{\it Soit} $\Theta$ {\it un} $(p,p)$-{\it courant faiblement positif et fermé dans} $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$.
{\it On suppose que} $\Theta \wedge \mathrm{G}^{*}\alpha^{p}\equiv 0$ {\it sur} $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}\backslash \{0\}$, {\it où} $\alpha =i\partial\overline{\partial}{\rm Log}|z|^{2}$, {\it pour}
{\it toute application} $\mathrm{G}(z)=(z_{1}^{\mathrm{o}_{1}}, z_{2}^{\sigma_{2}}\ldots, z_{\mathrm{N}}^{\sigma_{\mathrm{N}}})$ {\it associé à un N-uplet}
$0 =(0_{1},\sigma_{2}, \ldots,\sigma_{\mathrm{N}})\in(\mathrm{N}^{*})^{\mathrm{N}}$ {\it quelconque. Alors il existe des}
{\it constantes réelles} $\epsilon_{\mathrm{L}}\geq 0$ {\it telles que}
$$
\Theta\ =\sum_{|\mathrm{L}|=p}\epsilon_{\mathrm{L}}[\mathrm{CJ}.
$$
{\it Démonstration}. --Grâce au théorème du support (cf. H. Fédérer [4] ou
R. Harvey [5], théorème 1.7 {\it e}t lemme 1.9), on peut se contenter de vérifier
que
$$
\mathrm{Supp}9\ \subset\bigcup_{|\mathrm{L}|=p}\mathrm{C}_{\mathrm{L}}.
$$
NOMBRES DES LELONG DES COURANTS
59
Il suffira de montrer que le cône convexe engendré par les formes $\mathrm{G}^{*}\alpha^{p}$
contient une (p,p)-forme fortement $>0$ de $\Lambda^{p,p}\mathrm{T}_{z}^{*}\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$ (i.e. $\mathrm{u}$ {\it n}e forme
fortement minorée par $\mathrm{C}(i\partial\overline{\partial}|\zeta|^{2})^{p},\ \mathrm{C}>0)$ en tout point $z\displaystyle \not\in\bigcup_{\mathrm{L}}\mathrm{C}_{\mathrm{L}}$.
Quitte à permuter les coordonnées et à appliquer un automorphisme $a^{-1}$
(compte tenu que $\displaystyle \frac{1}{\mathrm{C}}\alpha \leq a^{-1*}\alpha\leq \mathrm{C}\alpha$), on peut supposer que
$z=(1,\ldots,1,0_{ }\ldots,0)$ est un {\it N}-uplet formé de $q$ fois Rentier 1 $(q>p)$ suivi
de {\it N-q} zéros. Prenons $0=(\sigma_{1},\sigma_{2},\ldots,\sigma_{\mathrm{q}},1, \ldots,1)$ et posons :
$$
\alpha_{\mathrm{q},\sigma}=i\sum_{\lambda=1}^{\mathrm{q}}\mathrm{o}_{\lambda}^{2}dz_{\lambda}\wedge d_{Z_{\lambda}}^{-}-\frac{i}{q}\sum_{\lambda=1}^{q}\mathrm{o}_{\lambda}dz_{\lambda}\wedge\sum_{\mu=1}^{\mathrm{q}}\sigma_{\mu}d_{Z_{\mu}}^{-}.
$$
Un calcul élémentaire montre qu on a au point $z$ :
\begin{center}
(23)   $\displaystyle \mathrm{G}^{*}\alpha=\frac{1}{q}(\alpha_{\mathrm{q},\sigma}+i\sum_{\lambda=q+1}^{\mathrm{N}}dz_{\lambda}\wedge d\overline{z}_{\iota})$.
\end{center}
En élevant (23) à la puissance $p$, o{\it n} voit que les formes $(\mathrm{G}^{*}\alpha)^{p}$
engendreront une $(p,p)$-forme fortement $>0$ {\it s}i et seulement {\it s}i les formes
$\alpha_{\mathrm{q},\sigma}^{m}$ engendrent elles-mêmes un élément fortement $>0$ d{\it e} $\Lambda^{m,m}\mathrm{T}^{*}\mathrm{C}^{\mathrm{q}}$
pour tout $m\leq p<q$. En approximant les réels par des rationnels, on
peut étendre l'ensemble {\it des} formes $\alpha_{\mathrm{q},\sigma}$ considérées à tous les g-uplets
$(\sigma_{1},\sigma_{2},\ldots,0_{q})$ de réels $\geq 0$. En choisissant certains $0_{\text{Â}}$ nuls et en
permutant les coordonnées on $se$ ramène au cas $q=m+1$ (car les
conditions $q>m$ et $0_{m+2}=\cdots=0_{q}=0$ entraînent $\alpha_{q,\sigma}\geq\alpha_{m+1,\sigma}$).
{\it N}ous sommes donc réduits à montrer que les éléments $\alpha_{m+1,\sigma}^{m}$ engendrent
une $(m,m)$-forme fortement $>0$. La formule de Lagrange permet d'écrire
$\alpha_{m+1,\sigma}=\underline{i}$
$$
m+1\sum_{1\leq\lambda<\mu\leq m+1}(\sigma_{\lambda}dz_{t_{4}}-0_{\mu}dz_{\mu})\wedge(\sigma_{\lambda}d\overline{z}_{\lambda}-\sigma_{\mu}d\overline{z}_{\mu}).
$$
Lorsque $\sigma_{1}\sigma_{2}\ldots 0_{m+1}>0$, on voit donc que la forme $\alpha_{m+1,\sigma}$,
considérée comme forme hermitienne sur $\mathrm{C}^{m+1}$, est positive de rang $m$,
et qu elle admet pour noyau la droite complexe engendrée par le vecteur
$1/\sigma=(1/\sigma_{1},1/\sigma_{2}, \ldots,1/\sigma_{m+1})$. Choisissons des $(m+1)$-uplets
$\sigma^{1},0^{2},\ \ldots,\ \sigma^{m+1}$ tels que les éléments $1/0^{1},1/0^{2},\ \ldots,\ 1/\sigma^{m}$ constituent
une base de $\mathrm{C}^{m+1}$ Il est clair que la $(m,m)$ forme
$$
\sum_{k=1}^{m+1}(\alpha_{m+1},0^{k})^{m}
$$
est un élément fortement $>0$ d{\it e} $\Lambda^{m,m}\mathrm{T}^{*}\mathrm{C}^{m+1}.\ \square $

60
JEAN-PIERRE DEMAILLY
La proposition 6 foumit dans u{\it n} cas particulier une minoration {\it des}
nombres de Leiong de $1' \mathrm{image}$ directe du courant $T$. Pour étendre cette
minoration à une situation plus générale (comprenant l{\it e} cas des
morphismes à fibres finies) nous poserons la définition suivante.
Soient $x \in \mathrm{X},\ y=\mathrm{F}(x)\in \mathrm{Y}$ tels que $x$ {\it soit} un point isolé de la fbre
$\mathrm{F}^{-1}(y)$. On {\it s}e fxe un système générateur $(g_{\lambda})$ d{\it e} $\mathcal{M}_{\mathrm{X},x}$ et on considère
une famille d'éléments quelcon ques $(h_{\lambda})_{1\leq\lambda\leq \mathrm{N}}$ d{\it e} $\mathcal{M}_{\mathrm{Y},y}$, telle que $N\geq p$.
Définition 5. --{\it La p-multiplicité supérieure} $du$ {\it morphisme} $\mathrm{F}$ {\it au point}
$\chi$, {\it notée} $\overline{\mu}_{p}(\mathrm{F};x)$, {\it est la borne inférieure des produits} $\sigma_{1}\sigma_{2}\ldots \sigma_{p}$ {\it étendue}
{\it aux familles} $(h_{\text{Â}})_{1\leq\lambda\leq \mathrm{N}}$ {\it d}'{\it e}$\acute{}${\it léments de} $\ovalbox{\tt\small REJECT}_{\mathrm{Y},y}$ {\it et aux famille} $(0_{\lambda})_{1\leq\lambda\leq \mathrm{N}}$ {\it de réels}
{\it tels que}
$$
\sigma_{1}\geq\sigma_{2}\geq\cdots\geq 0_{\mathrm{N}}>0,
$$
$$
{\rm Log}\sum^{\mathrm{N}}|h_{\lambda}\circ \mathrm{F}(z)|^{1/\sigma\lambda}
$$
\begin{center}
(24)   $\displaystyle \lim_{z\rightarrow}\sup_{x}\underline{\lambda=1}\leq 1$.
$$
{\rm Log}\sum_{\lambda}|g_{\lambda}(z)|
$$
\end{center}
Lorsque $(h_{1})_{1\leq\lambda\leq \mathrm{N}}$ est un système générateur de $\mathcal{M}_{\mathrm{Y},y}$, l'inégalité de
S. Lojasiewicz (voir B. Malgrange [7]) ou le théorème {\it des} zéros de Hilbert
montrent qu il {\it e}xiste une constante $\sigma >0$ telle que
$$
\sum_{\lambda=1}^{\mathrm{N}}|h_{\lambda}\circ \mathrm{F}(z)|^{2}\geq(\sum|g_{\lambda}(z)|^{2})^{\sigma}
$$
au voisinage de $\chi$ (en effet $x$ est isolé dans $\mathrm{F}^{-1}(\mathrm{F}(x))$). Il existe donc bien
{\it des} familles $(h_{\lambda})_{1\leq\lambda\leq \mathrm{N}},\ (0_{\lambda})_{1\leq\lambda\leq \mathrm{N}}$ vérifant les hypothèses d{\it e} la défmition 5,
de sorte que $\overline{\mu}_{p}(\mathrm{F};x) <\infty$, mai $s$ nous ignorons si $\overline{\mu}_{p}(\mathrm{F};x)$ est toujours u{\it n}
entier. D'autre part, on voit aisément que $\overline{\mu}_{p}(\mathrm{F};x) =0$ {\it s}i $p$ excède la
dimension du germe $\mathrm{X}_{X}-\cdot$
ThéOrème 6. --{\it Soit} $y$ {\it un point de} $\mathrm{Y}$ {\it tel que la fibre} $\mathrm{F}^{-1}(y)$ {\it soit finie}.
{\it Alors on a}
$$
\mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}\mathrm{T};y)\leq\sum_{\mathrm{x}\in \mathrm{F}^{-1}\langle y)}\overline{\mu}_{p}(\mathrm{F};\mathrm{x})\mathrm{v}(\mathrm{T} ;x).
$$
{\it Démonstration}. -- En choisissant des voisinages 2 à 2 disjoints des
points de la fibre $\mathrm{F}^{-1}(y)$, et en tronquant X et $\mathrm{Y}$, on {\it s}e ramène au cas

NOMBRES DES LELONG DES COURANTS
61
où $\mathrm{F}^{-1}(y)=\{x\}$. Soient $(h_{\lambda})_{1\leq\lambda\leq \mathrm{N}},\ (\sigma_{\lambda})_{1\leq\lambda\leq \mathrm{N}}$ deux familles vérifiant les
hypothèses de la défmition 5. On peut supposer (quitte à accroître $N$) que
$(h_{\lambda})_{1\leq\lambda\leq \mathrm{N}}$ {\it est} un système générateur d{\it e} $\mathcal{M}_{\mathrm{Y},y}$, d{\it e} sorte que
$h=(h_{1},h_{2},\ldots,h_{\mathrm{N}})$ est un plongement local de $\mathrm{Y}$ dans $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$. Soient
$$
s
$$
$$
s
$$
$$
s
$$
$$
-,
$$
$$
-,\cdots,\ --
$$
$$
s_{1}
$$
$$
s_{2}
$$
$$
s_{\mathrm{N}}
$$
des approximations rationnelles de $\sigma_{1},\ \sigma_{2},\ \ldots,\ \sigma_{\mathrm{N}}$ avec des entiers $s$,
$s_{1}\leq s_{2}\leq\ldots\leq s_{\mathrm{N}}$ t{\it els} que $\displaystyle \frac{s}{s_{\lambda}}\geq\sigma_{\lambda}$, et soit
$$
\mathrm{G}:\mathrm{Y}\rightarrow \mathrm{C}^{\mathrm{N}}
$$
$1' \mathrm{application}$ qui   tout $w\in \mathrm{Y}$ associe $(h_{\lambda}(w)^{s_{\lambda}})_{1\leq\lambda\leq \mathrm{N}}$. Le théorème 5
montre que
v(G$*$F$*$T;0) $\geq s_{1}s_{2}\ldots s_{p}\mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}T;y)$.
Par ailleurs, le théorème 4 donne
$$
\mathrm{v}(T;x)=\mathrm{v}(T;\sum_{\lambda}|g_{\lambda}|^{2})\geq s^{-p}\mathrm{v}(\mathrm{G}_{*}\mathrm{F}_{*}T;0),
$$
car d'après l'hypothèse (24) on a
$$
\lim_{z\rightarrow}\inf_{x}\frac{{\rm Log}\sum_{\lambda}|g(z)|^{2}}{{\rm Log}|\mathrm{G}\circ \mathrm{F}(z)|^{2}}=\lim_{z\rightarrow}\inf_{X}\frac{{\rm Log}\sum_{\lambda}|g_{\text{Â}}(z)|^{2}}{{\rm Log}\sum_{\lambda}|h_{\lambda}\circ \mathrm{F}(z)|^{s_{\lambda}}}\geq\frac{1}{s}2^{\cdot}
$$
II vient donc:
$$
\mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}T;y)\leq\frac{s}{s_{1}}\cdot\frac{s}{s_{2}}\cdots\frac{s}{s_{n}}\mathrm{v}(\mathrm{T};\mathrm{x}).
$$
Le théorème 6 {\it s}'obtient en passant à la limite d{\it ans les} approximations
rationnelles, puis en prenant la bome inférieure des produits $ o_{1}o_{2}\ldots 0_{p,\square }$.
Les théorèmes 5 et 6 entraînent la conséquence $s$ uivante, qui ne paraît
pas tout à fait claire {\it a priori}.

62
JEAN-PIERRE DEMAILLY
COROLLAIRE. -- {\it Soit} $x\in \mathrm{X}$ {\it tel que} $x$ {\it soit un point isolé de la fibre}
$\mathrm{F}^{-1}(\mathrm{F}(x))$. {\it Alors pour tout} $p\leq\dim \mathrm{X}_{X}-$ {\it on a}
$$
\mu_{p}(\mathrm{F};x)\ \leq\overline{\mu}_{p}(\mathrm{F};x).
$$
{\it Démonstration}. --Il existe des voisinages $\mathrm{U}$ de $\chi$ dans X et V de $y$
dans $\mathrm{Y}$, arbitrairement petits, tels que $\mathrm{F}(\mathrm{U})\subset \mathrm{V},\ \mathrm{U} \cap \mathrm{F}^{-1}(y)=\{\mathrm{x}\}$,
et tels que la restriction $\mathrm{F}_{|\mathrm{U}}:\mathrm{U}\rightarrow \mathrm{V}$ soit propre (voir R. $N$ arasimhan [8]).
Soit $\mathrm{Z}$ un ensemble analytique de dimension $p$ dans $\mathrm{U}$, contenant le
point $x$, et soit $\mathrm{T}=[\mathrm{Z}]$ le courant d'mintégration sur Z. On sait que
$\mathrm{v}(T;x)\geq 1$, et on observe d'autre part que
\begin{center}
$\mu_{p}(\mathrm{F};x)\mathrm{v}(\mathrm{T};\mathrm{x}) \leq \mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}\mathrm{T};y)\leq\overline{\mu}_{p}(\mathrm{F}; \mathrm{x})$v(T; x)
\end{center}
d'après les théorèmes 5 et 6. $\square $
Pour terminer ce paragraphe, nous allons montrer qu il n'est pas
possible d'améliorer l'encadrement de $\mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}\mathrm{T};x)$ fourni par les théorèmes 5
et 6.
{\it Exemple}. -- Soit $\mathrm{F}$ : $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}\rightarrow \mathrm{C}^{\mathrm{N}}1' \mathrm{application}$ définie par
$$
\mathrm{F}(z_{1},z_{2},\ldots,z_{\mathrm{N}})=(z_{1}^{s_{1}},z_{2}^{s_{2}},\ldots,z_{\mathrm{N}}^{s_{\mathrm{N}}})
$$
avec des entiers $ s_{1}\leq s_{2}\leq$ . . . $\leq s_{\mathrm{N}}$. Pour tout multi-indice
$\mathrm{L}=\{l_{1},l_{2}, \ldots,l_{p}\}$, on a comme o{\it n} $1' \mathrm{a}$ vu
$$
\mathrm{v}\ (\ [\mathrm{CJ}\ ;0)=1,\ \mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}[\mathrm{C}_{1}];0)\ =s_{t_{1}}s_{t_{2}}\ldots\ s_{t_{p}}.
$$
D'autre part, il est clair sur les défnitions que
$\mu_{p}(\mathrm{F};0)\geq s_{1}s_{2}\ldots s_{p},\ \overline{\mu}_{p}(\mathrm{F};0)\leq s_{\mathrm{N}}s_{\mathrm{N}-1}\ldots s_{\mathrm{N}-p+1}$ pour $p\leq N$,
$\mu_{p}(\mathrm{F};0)=+\infty,\ \overline{\mu}_{p}(\mathrm{F};0)=0$ pour $p>$ N.
On en déduit pour $p\leq N$:
$$
\mu_{p}(\mathrm{F};0)=\mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}[\mathrm{C}_{1}\oplus \mathrm{C}_{2}\oplus\ldots\oplus \mathrm{C}_{p}] ; 0)=s_{1}s_{2}\ldots\ s_{p},
$$
$$
\overline{\mu}_{p}(\mathrm{F};0)=\mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}[\mathrm{C}_{\mathrm{N}-p+1}\oplus\ldots\oplus \mathrm{C}_{\mathrm{N}}];0)=s_{\mathrm{N}}s_{\mathrm{N}-1}\ldots\ s_{\mathrm{N}-p+1}.
$$
En choisissant pour $T$ une combinaison linéaire des $[\mathrm{C}_{\mathrm{L}}]$, on voit que le
rapport $\displaystyle \frac{\mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}T;0)}{\mathrm{v}(\mathrm{T};0)}$ est un réel quelconque compris entre $\mu_{p}(\mathrm{F};0)$ et
$\overline{\mu}_{p}(\mathrm{F};0)$.

NOMBRES DES LELONG DES COURANTS
63
Enfin, même lorsque $T$ est l{\it e} courant d'intégration sur un germe
irréductible en $0$, le nombre rationnel $\displaystyle \frac{\mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}\mathrm{T};0)}{\mathrm{v}(\mathrm{T};0)}$ n'est pas nécessairement
entier. Prenons par exemple $\mathrm{N}=2,\ s_{1}=1,\ s_{2}=2$, et soit $\mathrm{Z}$ la courbe
d'équation $z_{1}^{3}+z_{2}^{4}=0$. L'image $\mathrm{W}=\mathrm{F}(\mathrm{Z})$ a pour équation
$w_{1}^{3}+w_{2}^{2}=0$, d{\it e} sorte qu on a classiquement
$$
\mathrm{v}([\mathrm{Z}];0)\ =3,\ \mathrm{v}([\mathrm{W}];0)=2.
$$
Comme la restriction $\mathrm{F}$ : $\mathrm{Z}\rightarrow \mathrm{W}$ est un revêtement ramifié à 2 feuillets, on
obtie {\it n}t
$$
\mathrm{F}_{*}[\mathrm{Z}]=2[\mathrm{W}],\ \mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}[\mathrm{Z}];0)=4,
$$
$$
\mu_{1}(\mathrm{F};0)=1<\frac{\mathrm{v}(\mathrm{F}_{*}[\mathrm{Z}];0)}{\mathrm{v}([\mathrm{Z}];0)}=\frac{4}{3}<\overline{\mu}_{1}(\mathrm{F};0)=2.
$$
4. Théorie $\langle\langle$ duale $\rangle\rangle$ : degré d'un courant positif fermé.
Jusqu à présent, {\it n}ous avons étudié le comportement du courant positif
fermé $\mathrm{T}$ au voisinage de tout point $x\in \mathrm{X}$ (ou plus généralement sur la
base de fltre des ensembles $\varphi^{-1}([0,r[), r$ tendant vers $0$). Il est possible
d{\it e} développer une théorie entièrement analogue pour étudier l{\it e}
comportement du courant $\mathrm{T}$ à $\langle\langle$ l'infni $\rangle\rangle,\ 1' e\mathrm{space}$ X étant supposé {\it non}
{\it compact}. La classe des poids $\varphi$ qui interviennent de manière naturelle est
la classe LP $\infty(\mathrm{X};\mathrm{SuppT})$ ainsi défnie.
Définition 6. --{\it Soit} A {\it une partie de} X. {\it On dira que} $\varphi\in$ LP $\infty(\mathrm{X};\mathrm{A})$
{\it si} $\varphi$ {\it est une fonction} $\geq 0$ {\it de classe} $\mathrm{C}^{2}$ {\it sur} X, {\it dont le logarithme est}
{\it p.s.h}., {\it et exhaustive sur} $\mathrm{A}$, {\it c}'{\it est-à-dire que pour tout réel} $r>0$,
À $\cap\varphi^{-1}([0,r[)$ {\it est relativement compact dans} X.
{\it Si} $\varphi\in$ LP $\infty$ ( $\mathrm{X}$; Supp T), {\it on définit le degré} $du(p,p)courant \mathrm{T}$,
{\it relativement à} $\varphi$, {\it comme la limite} ({\it finie ou infinie})
$$
\delta(\mathrm{T};\varphi)=r\rightarrow+\infty\lim\uparrow\frac{1}{(2\pi r)^{p}}\int_{\varphi\langle z)<r}\mathrm{T}\wedge(t\partial\partial\varphi)^{p}.
$$
Lorsque $\mathrm{T}$ est le courant d'intégration sur une hypersurface algébrique
A de $\mathrm{C}^{n}$, et lorsque $\varphi(z)=|z|^{2}$, on vérifie que $6(T;\varphi)$ coïncide avec le
degré de A.
Tous les principaux résultats des paragraphes 1, 2 et 3 (théorèmes 4, 5

64
JEAN-PIERRE DEMAILLY
et 6) admettent des énoncés duaux dans la présente situation. Le théorème 4
devient ainsi le
ThéOrème 7. --{\it Soit} $\varphi,\psi$ {\it deux éléments de} LP $\infty(\mathrm{X};\mathrm{Supp}T)$, {\it tels que}
$$
\lim_{z\in \mathrm{S}\mathrm{u}\mathrm{p}\mathrm{p}}\inf_{\mathrm{T},z\rightarrow\infty}\frac{{\rm Log}\psi(z)}{{\rm Log}\varphi(z)}\geq l\ \geq 0.
$$
{\it Alors} $\delta(\mathrm{T};\psi)\geq l^{p}6(T;\varphi)$.
{\it Démonstration}. --Tout à fait semblable à celle du théorème 4, en dehors
d'une modification technique dans la construction de la fonction
auxiliaire $\psi_{\epsilon}$.
Il est clair que $6(\mathrm{T};\varphi)=\delta(\mathrm{T};\varphi+1)$, donc on peut supposer $\varphi\geq 1$,
$\psi\geq 1$, et (d{\it e} même que dans le théorème 4)
\begin{center}
(25)   $\displaystyle \lim_{z\in \mathrm{S}\mathrm{u}\mathrm{p}\mathrm{p}\mathrm{T}}\inf_{z\rightarrow\infty}\frac{{\rm Log}\psi(z)}{{\rm Log}\varphi(z)}>l \geq 2$.
\end{center}
Soit $\chi\geq 0$ une fonction de classe $\mathrm{C}^{\infty}$ sur $\mathrm{R}$, à support dans $1' \mathrm{intervalle}$
$[1,2]$, telle que $\displaystyle \int_{1}^{2}\mathrm{X}(t)$ d{\it t} $=1$. On p{\it ose}
$\displaystyle \psi_{\epsilon}(z)=\int_{1}^{2}$ sup $(\varphi^{t}(z), \epsilon t\psi(z))\chi(t)dt,\ \epsilon>0$.
Grâce au changement de variable $u=\varphi^{\swarrow}(z)-\epsilon t\psi(z)$ on voit que
$$
\psi_{\epsilon}(z)=\epsilon\psi(z)\int_{1}^{2}t\chi(t)dt+\int_{0}^{+\infty}u\chi\ (\frac{\varphi^{\swarrow}(z)-u}{\epsilon\psi(z)})\frac{du}{\epsilon\psi(z)},
$$
donc $\psi_{\epsilon}$ est de classe $\mathrm{C}^{2}$. Comme $\psi_{\epsilon}\geq\varphi^{t}$ o{\it n} en déduit que $\psi_{\epsilon}\in$ LP
$(\mathrm{X}; \mathrm{Supp}T)$. Soit $r>0$ quelconque; choisissons
$$
\epsilon<\frac{1}{2}\inf_{z\epsilon \mathrm{S}\mathrm{u}\mathrm{p}\mathrm{p}\mathrm{T}\cap\varphi^{-1}\langle \mathfrak{c}0,r\mathfrak{c})}\frac{\varphi^{t}(z)}{\psi(z)}.
$$
On a alors $\psi_{\epsilon}(z)=\varphi^{t}(z)$ au voisinage de l'ensemble
SuppT $\cap\varphi^{-1}([0,r[)$, d'où (proposition 2)
$\displaystyle \frac{l^{p}}{(2\pi r)^{p}}\int_{\varphi\langle z)<r}T\wedge(i\partial\partial\varphi)^{p}=\frac{1}{(2\pi)^{p}r^{\swarrow p}}\int_{\psi_{\epsilon^{\langle z)<}}}\swarrow \mathrm{T}\wedge(t\partial\partial\psi_{\epsilon})^{p}\leq 6(\mathrm{T};\psi_{\epsilon})$.

NOMBRES DES LELONG DES COURANTS
65
Mais $\psi_{\epsilon}(z)=\mathrm{C}\epsilon\psi(z) ($avec $\displaystyle \mathrm{C}=\int_{1}^{2}t\chi(t)dt)$ au voisinage de l'ensemble
$\{z\in$ SuppT; $\epsilon\psi(z)>\varphi^{\swarrow}(z)\}$. Le complémentaire de cet ensemble {\it dans}
$\mathrm{Supp}T$ est compact, {\it e}n vertu d{\it e} l'hypothèse (25), par suite
$\delta(T;\psi_{\epsilon})=\delta(\mathrm{T};\psi).\ \square $
On suppose désormais que $\mathrm{T}$ est un courant faiblement positif et fermé,
de bidimension $(p,p)$ sur $\mathrm{C}^{n}$. On défnit le degré de $\mathrm{T}$ par
$$
6(\mathrm{T})=6(\mathrm{T};|z|^{2})=r\rightarrow+\infty\lim\uparrow\frac{1}{(2\pi)^{p}r^{2p}}\int_{|z|<r}\mathrm{T}\wedge(i\partial\partial|z|^{2})^{p}.
$$
Grâce au théorème 7, le nombre 8(T) ne dépend que de la structure
d'espace affine d{\it e} $\mathrm{C}^{n}$ (mais pas de {\it s}a structure d'espace vectoriel
hermitien). On obtient alors le résultat suivant, {\it avec} une démonstration
presque identique à celle du théorème 5, mais plus simple techniquement.
ThéOrème 8. --{\it Soit} $\mathrm{Q}=(\mathrm{Q}_{1},\mathrm{Q}_{2^{ }},\ldots,\mathrm{Q}_{\mathrm{N}})$ {\it un morphisme de} $C^{n}$ {\it dans}
$\mathrm{C}^{\mathrm{N}}$, {\it o}ù $\mathrm{Q}_{\lambda}$ {\it est un polynôme de degré} $ d_{\lambda}\prime$, {\it avec} $d_{1}\geq d_{2}\geq\ldots\geq d_{\mathrm{N}}$. {\it On}
{\it suppose que la restriction de} $\mathrm{Q}$ {\it à} SuppT {\it est propre. Alors si} $\mathrm{T}\neq 0$, {\it on a}
$N\geq p$ {\it et}
$$
 6(\mathrm{Q}_{*}\mathrm{T})\leq d_{1}d_{2}\ldots\ d_{p}6(\mathrm{T}).
$$
Il est possible de transcrire de même le théorème 6.
ThéOrème 9. --{\it Soit} $\mathrm{Q}=(\mathrm{Q}_{1},\mathrm{Q}_{2},\ldots,\mathrm{Q}_{\mathrm{N}})$ {\it un morphisme propre de} $C^{n}$
{\it dans} $\mathrm{C}^{\mathrm{N}}(N\geq n)$. {\it On définit le réel} $\eta_{p}(\mathrm{Q})$ {\it comme la borne supérieure des}
{\it produits} $ 6_{1}\delta_{2}\ldots \delta_{p}$ {\it pour tous les N-uplets} $(\delta_{1},6_{2^{ }},\ldots,\delta_{\mathrm{N}})\in \mathrm{R}^{\mathrm{N}}$ {\it tels que}
$0<6_{1}\leq 6_{2}\leq\ldots\leq 6_{\mathrm{N}}$ et
{\it Alors} $6(\mathrm{Q}_{*}\mathrm{T})\geq\eta_{p}(\mathrm{Q})\delta(\mathrm{T})$.
$$
{\rm Log}\sum\ |\mathrm{Q}_{\lambda}(z)|^{1/\delta_{\lambda}}
$$
$\displaystyle \lim_{z\rightarrow}\inf_{\infty}\frac{\lambda=1}{{\rm Log}|z|}\geq 1$.
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nouvelle édition, Paris, Hermann, 1971.

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Heidelberg, New-York, 1969.
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Gordon and Breach, New-York, et Dunod, Paris, 1969.
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de Cauchy, Division {\it des} distributions, exposé 22.
[8] R. NARASIMHAN, Introduction to analytic spaces, {\it Lecture Notes in Math}., $n^{\mathrm{o}}$25,
Springer Verlag, 1966.
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[10] R. REMMERT, Holomorphe und meromorphe Abbildungen komplexer Raùme,
{\it Math. Annalen}, 133 (1957), 328-370.
[11] Y. T. Siu, Analyticity of sets associated to Leiong numbers and the extension
of closed positive currents, {\it Inventiones Math}., t. 27 (1974), 53-156.
Manuscrit reçu le 2 juillet 1981.
Jean-Pierre DEMAILLY,
Université de Paris VI
Analyse Complexe {\it e}t Géométrie
4, place Jussieu
(Tour 45-46, 5${}^{\text{e}}$ étage)
75230 Paris Cedex 05.

\end{document}
