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\begin{document}

Ann. Inst. Fourier, Grenoble
30, 3 (1980), 219-236
CONSTRUCTION
DWPERSURFACES IRRÉDUCTIBLES
AVEC LIEU SINGULIER DONNÉ DANS $\mathrm{C}^{\mathrm{n}}$
par Jean-Pierre DEMAILLY
0. Introduction.
M. Comalba et B. Shiffman [1] ont construit deux courbes
d'ordre $0$ dans $\mathrm{C}^{n}$ qui se coupent en une suite discrète de points
dont le cardinal croît aussi rapidement que $1' \mathrm{on}$ veut à l'infini (voir
le \S 4), montrant ainsi que $1' \mathrm{analogue}$ transcendant du théorème
de Bezout sur l'intersection des courbes algébriques n'est pas vrai
en général. Il est bien connu d'autre part qu une courbe algébrique
de degré $n$, qui admet plus de $\displaystyle \frac{(n-1)(n-2)}{2}$ points doubles,
dégénère en deux ou plusieurs courbes de degré inférieur. On peut
se demander si un analogue transcendant de ce demier théorème
subsiste. L'objet du présent travail est de démontrer qu il n'en est
rien; nous prouvons au \S 4, en nous appuyant sur $1' \mathrm{exemple}$ de
Comalba-Shiffman, l'existence d'une courbe transcendante irréduc-
tible dont la croissance à $1' \mathrm{infini}$ est arbitrairement lente, et dont
cependant les points singuliers sont aussi nombreux que $1' \mathrm{on}$ veut.
Nous déduisons cet exemple d'un théorème général permettant de
construire, avec contrôle de la croissance, une hypersurface irréduc-
tible de $\mathrm{C}^{n}$ dont le lieu singulier $\mathrm{S}$ est imposé (voir le \S 1 pour
l'énoncé précis). La traduction en termes de distributions à support
compact, obtenue au \S 5 par 1'intermédiaire du théorème de Paley-
Wiener, nous permet de retrouver un résultat antérieur de L.A. Rubel,
W.A. Squires et B.A. Taylor [3], complété par J. Dixmier, P.
Malliavin [2], selon lequel $1' \mathrm{ensemble}$ des produits de convolution
$\omega(\mathrm{R}^{n})*\omega(\mathrm{R}^{n})$ n'est pas égal à $\omega (\mathrm{R}^{n})$ pour $n\geq 2$.

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J.P. DEMAILLY
J'adre sse tous mes remerciements à Monsieur Henri Skoda, qui
$\mathrm{m}' \mathrm{a}$ signalé ce problème, et qui porte un intérêt constant   mes travaux.
1. Enoncé du théorème principal.
ThéOrème. --{\it Soit} $\mathrm{S}$ {\it un ensemble analytique de} $\mathrm{C}^{n} (\mathrm{o}\text{ù} n\geq 2)$,
{\it de codimension} $\geq 2$ {\it en tout point, défini par les équations}
$$
f_{1}(z)=\ldots=f_{k}(z)=0.
$$
{\it On se donne une fonction} $\varphi$ {\it de} $\mathrm{R}$ {\it dans} $\mathrm{R}$, {\it croissante et posi}-
{\it tive, telle que}:
(1) $\displaystyle \frac{\varphi(t)}{t}$ {\it tend vers} $+\infty$ {\it quand} $t$ {\it tend vers} $+\infty$.
{\it Alors il existe des fonctions en tières} $g_{1},\ \ldots,\ g_{k}$ {\it telles que};
(2) {\it la fonction} $\displaystyle \mathrm{F}=\sum_{/^{=}1}^{k}f_{/}\cdot g_{j}$ {\it est irréductible},
(3) {\it l}'{\it hypersurface} X {\it définie par Véquation} $\mathrm{F}=0$ {\it a son lieu}
{\it singulier contenu dans} $\mathrm{S}$,
{\it et la majoration}
(4) ${\rm Log}|g_{j}(z)|\leq\varphi({\rm Log}|z|)$
{\it a lieu pour tout} $f=1,\ \ldots,\ k$ {\it et tout} $z\in \mathrm{C}^{n}$
COROLLAIRE 1. --{\it Si} $f_{1},\ \ldots,\ f_{k}$ {\it s}'{\it annulent} $d$ {\it l}'{\it ordre 2 au moins}
{\it sur} $\mathrm{S}$ ({\it sinon remplacer par exemple} $f_{1},\ \ldots,\ f_{k}$ {\it par leurs puissances}),
{\it le lieu singulier de l}'{\it hypersurface irréductible} X $du$ {\it théorème est pré}-
{\it cisément égal} $d$ S.
Nous aurons besoin d'exprimer dans la démonstration qu une
{\it hypersurface} dépend $\langle\langle$continûment $\rangle\rangle$ de son équation, propriété ex-
plicitée dans les propositions 1 et 2.
2. Déformation des composantes irréductibles d'une {\it hypersurface}
en fonction de l'équation.
Les propositions 1 et 2 qui suivent sont probable ment clas-
siques. Mais vu leur importance pour la démonstration du théorème,

CONSTRUCTION D HYPERSURFACES IRREDUCTIBLES
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il nous $a$ semblé $p$ référable d'en donner une preuve afm d'être
complet.
PROPOSITION 1. --{\it Soient} $\Omega$ {\it une variété analy tique complexe}
{\it connexe de dimension} $n,\ \mathrm{H}(\Omega)$ {\it l}'{\it espace des fonctions holomorphes}
{\it sur} $\Omega$, {\it et} $\mathrm{K}$ {\it une partie compacte de} $\Omega$.
{\it A toute fonction} $f\in \mathrm{H}(\Omega)$ {\it non nulle, on associe l}'{\it entier}
$\nu_{\mathrm{K}}(f)$, {\it somme des multiplicités de} $f$ {\it sur les composantes irréduc}-
{\it tibles de} $\mathrm{Z}_{f}=\{z\in\Omega ; f(z)=0\}$ {\it qui rencontrent} $\mathrm{K}$, {\it et on pose}
$\nu_{\mathrm{K}}(0)=\infty$. {\it Alors l}'{\it application} $f\rightarrow\nu_{\mathrm{K}}(f)$ {\it est semi-continue supé}-
{\it rieurement sur} $\mathrm{H}(\Omega)$.
{\it Démonstration}. --On prouve la semi-continuité en une fonction
$f\neq 0$ fixée une fois pour toutes. On commencera par substituer à
$\mathrm{K}$ des compacts $\mathrm{K}_{1},\ \mathrm{K}_{2}$ plus appro priés tels que
$$
\nu_{\mathrm{K}}(f)=\nu_{\mathrm{K}_{1}}(f)=\nu_{\mathrm{K}_{2}}(f),
$$
$\nu_{\mathrm{K}}(g)\leq\nu_{\mathrm{K}_{1}}(g)\leq\nu_{\mathrm{K}_{2}}(g)$ pour $g$ voisine $\mathrm{d}\dot{\mathrm{e}} f$.
Le lieu singulier $\mathrm{S}$ de $\mathrm{Z}_{f}$ a en tout point une codimension
$\geq 2$. Quel que soit $z_{0}\in \mathrm{S}\cap \mathrm{K}$, il existe donc des coordonnées
locales $w_{1},\ \ldots$ , $w_{n}$ telles que $w_{I}(z_{0})=0,\ 1\leq f\leq n$, et telles
que le point $z_{0}$ soit isolé dans l'ensemble $\mathrm{S}\cap\{w_{3}=\ldots=w_{n}=0\}$.
On choisit $\epsilon>0$, puis $\eta>0$ assez petits de $so$ rte qu en notant
$\mathrm{V}_{z_{0}}=\{z\in\Omega;|w_{1}(z)|^{2}+|w_{2}(z)|^{2}<\epsilon^{2}$ et $|w_{j}(z)|<\eta$
pour $j>2$\},
$\mathrm{B}_{z_{0}}=\{\mathrm{E}\in\Omega$; $|w_{1}(z)|^{2}+|w_{2}(z)|^{2}=\epsilon^{2}$, et $|w_{I}(z)|\leq\eta$
pour $f>2$\},
on ait $\mathrm{S}\cap \mathrm{B}_{z_{0}}=\emptyset$, et que les composantes irréductibles de $\mathrm{Z}_{f}$
n{\it e} rencontrant pas $\mathrm{K}$ n{\it e} rencontrent {\it pas} non plus $\overline{\mathrm{V}}_{z_{0}}$. Si
$\mathrm{V}_{z_{1}},\ \ldots,\ \mathrm{V}_{z_{p}}$ recouvrent S H $\mathrm{K}$, on pose
$$
\mathrm{K}_{1}=(\mathrm{K}\backslash \bigcup_{1\leq j\leq p}\mathrm{V}_{z_{f})}\cup 1<l<p\cup \mathrm{B}_{z_{j}}.
$$
Toute hypersurface de $\Omega$ qui coupe $\mathrm{V}_{z_{f}}$ {\it e}n un point $a$, coupe
également $\mathrm{B}_{z_{j}}$, sinon la tra {\it c}e de cette {\it hypersur} face sur $1' \mathrm{ensemble}$
$\{z\in\Omega; |w_{1}(z)|^{2}+|w_{2}(z)|^{2}<\epsilon^{2} \mathrm{et} w_{f}(z)=w_{I}(a), j>2\}$

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J.P. DEMAILLY
serait un ensemble analytique compact de dimension 1 ou 2. Pour
tout $g\in \mathrm{H}(\Omega)$ on a donc $\nu_{\mathrm{K}}(g)\leq\nu_{\mathrm{K}_{1}}(g)$. D{\it e} plus $p$ ar constru ction,
$\nu_{\mathrm{K}}(f)\geq\nu_{\mathrm{K}_{1}}(f)$, et $\mathrm{S}\cap \mathrm{K}_{1}=\Phi$. Soient $\mathrm{X}_{1}',\ \ldots,\ \mathrm{X}_{k}'$ les compo-
santes connexes de $\mathrm{Z}_{f}\backslash \mathrm{S}$ qui rencontrent $\mathrm{K}_{1}$, et $\mathrm{L}_{j},\ 1\leq f\leq k$,
un voisinage compact de $\mathrm{X}_{j}'\cap \mathrm{K}_{1}$ dans $\Omega$ tel que $\mathrm{Z}_{f}\cap \mathrm{L}_{j}=\mathrm{X}_{j}'\cap \mathrm{L}_{j}$.
On prend
$$
\mathrm{K}_{2}=\bigcup_{1\leq\int\leq k}\mathrm{L}_{j},
$$
de sorte que $\displaystyle \nu_{\mathrm{K}_{2}}(f)=\sum_{1\leq j\leq k}\nu_{\mathrm{L}_{j}}(f)=\nu_{\mathrm{K}_{1}}(f)$. Comme $\mathrm{K}_{2}$ est
un voisinage de $\mathrm{Z}_{f}\cap \mathrm{K}_{1}$, on a $z\in \mathrm{K}_{1}\backslash \mathrm{K}_{2}f_{\mathrm{o}}|f(z)|>0$, donc
$\mathrm{Z}_{g}\cap \mathrm{K}_{\mathrm{I}}\subset \mathrm{Z}_{g}\cap \mathrm{K}_{2}\circ$ lorsque $g$ tend v{\it ers} $f$, ce qui en traîne
$$
\nu_{\mathrm{K}_{1}}(g)\leq\nu_{\mathrm{K}_{2}}(g)\leq\sum_{1\leq/\leq k}\nu_{\mathrm{L}_{f}}(g);
$$
on voit qu il su {\it f}fit de prouver la semi-continuité des $\nu_{\mathrm{L}_{f}}$ en $f$.
Pour simpli fier les notations, {\it o}n supprime l'indice $f$, {\it e}t on
considère un compact $\mathrm{L}$ de $\Omega$ tel que $\mathrm{Z}_{f}\cap \mathrm{L}=\mathrm{X}'\cap \mathrm{L}$, où X
{\it est} $1' u\mathrm{ne}$ des composantes connexes de la sous-variété lisse $\mathrm{Z}_{f}\backslash \mathrm{S}$ de
dimension $n-1$. Soit $\mathrm{P}=\{w\in \mathrm{C}^{n};|w_{f}|<1, 1\leq I\leq n\}$ le
polydisque unité de $\mathrm{C}^{n}$ On peut, par compacité de X' $\cap \mathrm{L}$,
trouver {\it u}n nombre fini de cartes $\theta_{q}$ : $\mathrm{U}_{q}\rightarrow \mathrm{P}$, définies par
$\theta_{q}(z)=(w_{1}(z)_{ }\ldots, w_{n}(z))$, où les $\mathrm{U}_{q}$ sont des ouverts de $\Omega$
recouvrant X' $\cap \mathrm{L}$, et pour lesquelles X' $\cap \mathrm{U}_{q}$ admet l'équation
$w_{1}(z)=0$. On suppose également que $\mathrm{Z}_{f}\cap \mathrm{U}_{q}=\mathrm{X}'\cap \mathrm{U}_{q}$, et
on désigne par $\pi_{q}:\mathrm{U}_{q}\rightarrow \mathrm{X}'\cap \mathrm{U}_{q} 1' \mathrm{appli}c\mathrm{ation}$ qui en coordonnées
lo cales {\it s}'écrt $(w_{1}, w_{2^{ }},\ldots, w_{n})\rightarrow(0, w_{2^{ }},\ldots, w_{n})$. Comme $\mathrm{X}'$
est connexe, on peut toujours faire en sorte que $\displaystyle \bigcup_{q}\pi_{q}(\mathrm{U}_{q})$ soit
connexe. Pour chaque couple $(q_{1}, q_{2})$ d'indices distin cts tels que
$\pi_{q_{1}}(\mathrm{U}_{q_{2}})\cap\pi_{q_{1}}(\mathrm{U}_{q_{2}})\neq\Phi$, on choisit un point
$$
z_{q_{1}q_{2}}\in\pi_{q_{1}}(\mathrm{U}_{q_{1}})\cap\pi_{q_{2}}(\mathrm{U}_{q_{2}}).
$$
On pose
$$
\mathrm{A}_{q}^{\epsilon}=\{z\in \mathrm{U}_{q};|w_{j}(z)|\leq 1-\epsilon, 1 \leq j\leq n\},
$$
$$
\mathrm{B}_{q}^{\epsilon}=\{z\in \mathrm{U}_{q};|w_{1}(z)|<\epsilon, |w_{i}(z)|\leq 1-\epsilon, 1 <f\leq n\},
$$
$$
\mathrm{C}_{q}^{\epsilon}=\mathrm{A}_{q}^{\epsilon}\backslash \mathrm{B}_{q}^{\epsilon},
$$
CONSTRUCTION D HYPERSURFACES IRREDUCTIBLES
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et on prend $\epsilon>0$ assez petit d{\it e} manière que les conditions suivantes
soient réalisées {\it p}our tous les couples $(q_{1}, q_{2})$ précédents :
(5) $z_{q_{1}q_{2}}\in\pi_{q_{1}}(\mathrm{A}_{q_{1}}^{\epsilon})\cap\pi_{q_{2}}(\mathrm{A}_{q_{2}}^{\epsilon})$,
(6) $\pi_{q_{1}}^{-1}(z_{q_{1}q_{2}})\cap \mathrm{B}_{q_{1}}\subset \mathrm{A}_{q_{2}}$,
(7) $\displaystyle \mathrm{A}^{\epsilon}=\bigcup_{q}\mathrm{A}_{q}^{\epsilon}$ est un voisinage de X' $\cap$ L.
Grâce à la propriété (7) et au fait que $\mathrm{Z}_{f}\cap \mathrm{A}^{\epsilon}=\mathrm{X}'\cap \mathrm{A}^{\epsilon}$,
on voit que $\nu_{\mathrm{L}}\leq\nu_{\mathrm{A}}$ a{\it u} voisinage d{\it e} $f$ dan $s\mathrm{H}(\Omega)$, et que
$\nu_{\mathrm{L}}(f)=\nu_{\mathrm{A}^{\epsilon}}(f)=$ multiplicité $m$ de $f$ sur X
La démonstration sera achevée si nous prouvons que $\nu_{\mathrm{A}^{\epsilon}}(g)\leq m$
lo rsque
(8) $\displaystyle \sup_{\mathrm{A}^{\epsilon}}|g-f|<\inf_{\mathrm{c}^{\epsilon}}|f|$
où $\displaystyle \mathrm{C}^{\epsilon}=\bigcup_{q}\mathrm{C}_{q}^{\epsilon}$ (noter que $\mathrm{Z}_{f}\cap \mathrm{C}^{\epsilon}=\emptyset$, donc $\displaystyle \inf_{\mathrm{c}^{\epsilon}}|f|>0$).
Soit $\mathrm{Y}$ une composante irréductible de $\mathrm{Z}_{g}$ rencontrant $\mathrm{A}^{\epsilon}$,
avec $\mathrm{Y}\cap \mathrm{A}_{q_{1}}^{\epsilon}\neq\emptyset$ par exemple. L'inégalité (8) entraîne que
Y H $\mathrm{A}_{q_{1}}^{\epsilon}=\mathrm{Y}\cap \mathrm{B}_{q_{1}}^{\epsilon}$, donc pour tout $z\in\pi_{q_{1}}(\mathrm{A}_{q_{1}}^{\epsilon})$, le sous-ensemble
analytique $\mathrm{Y}\cap \mathrm{B}_{q_{1}}^{\epsilon}\cap\pi_{q_{1}}^{-1}(z)$ du disque $\mathrm{B}_{q_{1}}^{\epsilon}\cap\pi_{q_{1}}^{-1}(z)$ est compact.
Il en résulte que les fibres $\mathrm{Y}\cap \mathrm{B}_{q_{1}}^{e}\cap\pi_{q_{1}}^{-1}(z)$ sont discrètes, et
comme $\dim \mathrm{Y}=\dim \mathrm{X}'=n-1,\ \pi_{q_{1}}(\mathrm{Y}\cap \mathrm{B}_{q_{1}}^{\epsilon})$ est $0$ uvert dans
$\pi_{q_{1}}(\mathrm{B}_{q_{1}}^{\epsilon})=\pi_{q_{1}}(\mathrm{A}_{q_{1}}^{\epsilon})$. Mais d'autre $p$ art, $\pi_{q_{1}}(\mathrm{Y}\cap \mathrm{B}_{q_{1}}^{\epsilon})=\pi_{\mathrm{q}_{1}}(\mathrm{Y}\cap \mathrm{A}_{q_{1}}^{\epsilon})$
est une partie compacte non vide, donc $\pi_{\mathrm{q}_{1}}(\mathrm{Y}\cap \mathrm{B}_{q_{1}}^{\epsilon})=\pi_{q_{1}}(\mathrm{A}_{q_{1}}^{\epsilon})$
par connexité de $\pi_{\mathrm{q}_{1}}(\mathrm{A}_{q_{1}}^{\epsilon})$. D'après (5) et (6), pour tout indice
$q_{2}$ tel que $\pi_{q_{1}}(\mathrm{A}_{q_{1}}^{\epsilon})\cap\pi_{q_{2}}(\mathrm{A}_{q_{2}}^{\epsilon})\neq\Phi$, on a $\mathrm{Y}\cap \mathrm{A}_{q_{2}}^{\epsilon}\neq\Phi$, donc
aussi $\pi_{q_{2}}(\mathrm{Y}\cap \mathrm{B}_{q_{2}}^{\epsilon})=\pi_{q_{2}}(\mathrm{A}_{q_{2}}^{\epsilon})$ en répétant le même raisonnement.
Il en résulte par connexité d{\it e} $\displaystyle \bigcup_{q}\pi_{q}(\mathrm{A}_{q}^{\epsilon})$ (hypothè {\it se} (5)) que pour
tout indice $q$ on a $\pi_{q}(\mathrm{Y}\cap \mathrm{B}_{q}^{\epsilon})=\pi_{q}(\mathrm{A}_{q}^{\epsilon})$.
Choisissons arbitrairement un indice $q_{0}$ et un point
$h_{0}\in\pi_{q_{0}}(\mathrm{A}_{q_{0}}^{\epsilon})$.
D'après le théorème de Rou ché et la condition (8), la fonction
$g$ possède exactement $m$ zéros (comptés avec multiplicités) dans
le disque $\mathrm{B}_{q_{0}}^{\epsilon}\cap\pi_{q_{0}}^{-1}(h_{0})$. Si $\mathrm{Y}_{1},\ \ldots,\ \mathrm{Y}_{r}$ sont les composantes

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J.P. DEMAILLY
irréductibles de $\mathrm{Z}_{g}$ qui coupent $\mathrm{A}^{\epsilon}$ (donc aussi $\mathrm{B}_{q_{0}}^{\epsilon}\cap\pi_{q_{0}}^{-1}(h_{0})$
en vertu de {\it c}e qui précède) et $m_{1},\ \ldots,\ m_{r}$ les multiplicités respec-
tives de $g$ sur ces composantes, chaque point de $\mathrm{Y}_{I}\cap \mathrm{B}_{q_{0}}^{\epsilon}\cap\pi_{q_{0}}^{-1}(h_{0})$,
$1\leq f\leq r$, cont ribue pour au moins $m_{f}$ zéros. Il vient par conséquent
$$
\nu_{\mathrm{A}^{\epsilon}}(g)=m_{1}+\ldots+m_{r}\leq m.
$$
La preuve $e$ st complète.
{\it Remarque} 1. --Continuité de $\nu_{\mathrm{K}}$
II est facile de voir que $\nu_{\mathrm{K}}$ est continue en $f$ sous les hypo-
thèses: (9) toute composante de $\mathrm{Z}_{f}$ qui coupe $\mathrm{K}$, coupe également
$\mathrm{K}\circ$ ; (10) $\mathrm{Z}_{f}\cap \mathrm{K}$ ne comport $e$ que des points o{\it ù} l{\it e} germe de $\mathrm{Z}_{f}\mathrm{e}$ {\it s}t
irréductible, et en lesquels $f$ a la multiplicité 1.
Lorsque $\Omega$ est une variété de Stein de dimension $n\geq 2$, la
condition (10) $\mathrm{e}$ {\it s}t néce ssaire pour que $\nu_{\mathrm{K}}$ soit continue en $f$; dans
le cas $n=1$, la condition (9) est {\it e}n fait nécessaire et suffisante.
PROPOSITION 2. --{\it Soient} $\Omega,\ \mathrm{K}$ {\it et} $f$ {\it comme dans la proposition}
{\it 1}, $f$ {\it étant non nulle, et} $\mathrm{X}_{1}=\overline{\mathrm{X}}_{1}',\ \ldots,\ \mathrm{X}_{k}=\overline{\mathrm{X}}_{k}'$ {\it les composantes}
{\it irréductibles de} $\mathrm{Z}_{f}$ {\it qui rencontrent} K. {\it Alors, pour tout ouvert}
$\omega$ {\it de} $\Omega$ {\it qui rencontre chaque} $\mathrm{X}_{/}$, {\it les composantes irréductibles}
{\it de} $\mathrm{Z}_{g}$ {\it qui coupent} $\mathrm{K}$, {\it rencontrent} $\omega$ {\it dès que} $g$ {\it est suffisamment}
{\it voisine de} $f$.
{\it Démonstration}. --On revient aux considérations précédentes,
en supposant dans $ce$ qui suit que $g$ est prise s{\it u} ffisamment proche
de $f$. Alors toute composante $\mathrm{Y}$ de $\mathrm{Z}_{g}$ telle que $\mathrm{Y}\cap \mathrm{K}\neq\Phi$
rencontre $\mathrm{L}=\mathrm{L}_{j}$ pour $j=1$ ou 2, . . . ou $k$. On choisit ensuite
les $\mathrm{U}_{q}$ de sorte que $\omega \displaystyle \cap\bigcup_{q}\pi_{q}(\mathrm{U}_{q})\neq\emptyset$, c{\it e} qui est toujours pos-
sible puisque X' est connexe. On prend en fin $ h_{0}\in\omega$, et $\epsilon$ assez
petit pour que $h_{0}$ appartienne à un certain pavé $\mathrm{B}_{q_{0}}^{\epsilon}$, avec
$\pi_{q_{0}}^{-1}(h_{0})\cap \mathrm{B}_{q_{0}}^{\epsilon}\subset\omega$.
3. Démonstration d{\it u} théorème.
Soit $\mathrm{E}$ l'espace de Fréchet des fonAlors entières $g$ telles que
les semi-normes

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(11) $p_{j}(g)=\displaystyle \sup_{z\in \mathrm{C}^{n}}|g(z)|e^{-\frac{1}{j}\varphi({\rm Log}|z|)},\ j=1$, 2, $\ldots$
soient fnies. Notons $\mathrm{B}_{p}$ la boule fermée de centre $0$ et de rayon
$p,\ (\mathrm{K}_{p})_{p\in \mathrm{N}}$ une suite exhaustive d{\it e} compacts de $\mathrm{C}^{n}\backslash \mathrm{S}$, et $\mathrm{U}_{p}$
(resp. $\mathrm{V}_{p}$) l'ensemble d{\it e} fc-uplets $g=(g_{1}, \ldots, g_{k})\in \mathrm{E}^{k}$ tels que,
si $\displaystyle \mathrm{F}=\sum_{l=1}^{k}f_{j}g_{j}$, tous les points de $\mathrm{Z}_{\mathrm{F}}\cap \mathrm{K}_{p}$ soient réguliers pour
$\mathrm{F}$ (r{\it e} s{\it p}. $\nu_{\mathrm{B}_{p}}(\mathrm{F})\leq 1,\ c' e$ st-à-dire q{\it u} une composante irréductible
au plus de $\mathrm{Z}_{\mathrm{F}}$ rencontre $\mathrm{B}_{p}$, composante sur laquelle $\mathrm{F}$ a la mul-
tiplicité 1).
D'après la proposition 1, $\mathrm{V}_{p} \mathrm{e}$ {\it s}t ouvert, et il en est de même
trivialement pour $\mathrm{U}_{p}$. Si l'on montre que $\mathrm{U}_{p}$ et $\mathrm{V}_{p}$ sont denses
dans $\mathrm{E}^{k}$, le théorème de Baire entraînera que $\cap (\mathrm{U}_{p}\cap \mathrm{V}_{p})$ est
$$
p\in \mathrm{N}
$$
dense, d'où la conclusion.
{\it Densité de} $\mathrm{U}_{p}$
Il suffit de prouver que $1' \mathrm{ens}e\mathrm{mble}$ fermé des $a= (a_{1^{ }},\ldots, a_{k})\in \mathrm{C}^{k}$
tels que $(g_{1}+a_{1^{ }},\ldots, g_{k}+a_{k})$ n'appartie nne pas à $\mathrm{U}_{p}$ est négli-
geable, {\it e}t pour cela, que l'ensemble des $a$ tels que la fonction
$$
\mathrm{F}_{a}=\sum_{/=1}^{k}f_{j}(g_{j}+a_{;})
$$
ait un point critique sur $\mathrm{Z}_{\mathrm{F}_{a}}\backslash \mathrm{Z}_{f_{j}}$, est négligeable quel que
soit $j,\ 1\leq f\leq k$: {\it e}n effet $\displaystyle \mathrm{Z}_{f_{a}}\cap \mathrm{K}_{p}\subset\bigcup_{1<j\leq k}\mathrm{Z}_{\mathrm{F}_{a}}\backslash \mathrm{Z}_{f_{j}}$. Lorsque
$a_{1},\ a_{2},\ \ldots,\ a_{j-1},\ a_{j+1},\ \ldots$ , $a_{k}$ sont fixés, $\mathrm{F}_{a}$ a un point critique
sur $\mathrm{Z}_{\mathrm{F}_{a}}\cap \mathrm{Z}_{f_{j}}$ si et seulement si $a_{j}\mathrm{e}$ {\it s}t valeur critique de la fonction
- $\displaystyle \frac{\mathrm{F}_{a}}{f_{j}}+a_{j}=-\frac{1}{f_{j}}\sum_{s\neq j}f_{s}(g_{s}+a_{s})-g_{j}$, dé finie sur $\mathrm{C}^{n}\backslash \mathrm{Z}_{f_{j}}$. L'en-
semble de ces valeurs critiques est négligeable dans $\mathrm{C}$ (théorème
de Sard), d'où la conclusion $p$ ar Fubini.
{\it Densité de} $\mathrm{V}_{p}$
C'est le point essentiel de la démonstration, l{\it e} seul qui utilise
(1) {\it e}t la définition de $\mathrm{E}p$ ar les semi-normes (11).
Si $(g_{1^{ }},\ldots, g_{k})\in \mathrm{E}^{k}$ est donné, on peut choisir des vecteurs
$a^{1}\in \mathrm{C}^{k},\ a^{2}\in \mathrm{C}^{k}$ arbitrairement petits tels que les fon ctions

226
J.P. DEMAILLY
$$
\mathrm{F}_{1}=\sum_{j=1}^{k}f_{j}(g_{j}+a_{j}^{1})\text{ , }\mathrm{F}_{2}=\sum_{j=1}^{k}f_{j}(g_{j}+a_{j}^{2}),
$$
aient un ensemble de zéros communs $\mathrm{Z}_{\mathrm{F}_{1}}\cap \mathrm{Z}_{\mathrm{F}_{2}}$ de $\dim$ ension pure
$n-2$ : fixer $a^{1}$ tel que $\mathrm{F}_{1}$ soit non nulle, puis utiliser le fait que
codim $\mathrm{S}\geq 2$. On peut maintenant trouver $\alpha$ aussi pro che de 1
que l'on veut, tel que les zéros critiques d{\it e} $\mathrm{F}_{1}+\alpha \mathrm{F}_{2}$ soient conte-
nus dans $\mathrm{Z}_{\mathrm{F}_{1}}\cap \mathrm{Z}_{\mathrm{F}_{2}}$: prendre $\alpha$ valeur régulière de $-\displaystyle \frac{\mathrm{F}_{1}}{\mathrm{F}_{2}}$ sur
$\mathrm{C}^{n}\backslash \mathrm{Z}_{\mathrm{F}_{2}}$, {\it e}t $\displaystyle \frac{1}{\alpha}$ valeur régulière d{\it e} $-\displaystyle \frac{\mathrm{F}_{2}}{\mathrm{F}_{1}}$ sur $\mathrm{C}^{n}\backslash \mathrm{Z}_{\mathrm{F}_{1}}$. Soient $\mathrm{Y}$
Fhypersurfa {\it c}e d'équation $\mathrm{F}_{1}+\alpha \mathrm{F}_{2}=0$, {\it e}t $\mathrm{Y}_{1},\ \ldots,\ \mathrm{Y}_{r}$ les dif-
férentes composantes irréductibles de $\mathrm{Y}$ qui rencontrent $\mathrm{B}_{p}$; on
prend sur chaque $\mathrm{Y}_{j}$ un point $z_{f}$ régulier pour $\mathrm{Y}$, n'appartenant
ni à $\mathrm{B}_{p}$, ni à $\mathrm{Z}_{\mathrm{F}_{2}}$ ({\it c}e qui est possible, car $\mathrm{Y}_{j}\cap \mathrm{Z}_{\mathrm{F}_{2}}\subset \mathrm{Z}_{\mathrm{F}_{1}}\cap \mathrm{Z}_{\mathrm{F}_{2}}$
est de dimension $n-2$). On choisit ensuite des vecteurs $u_{1},\ \ldots,\ u_{r}$
deux à deux indépendants tels qu {\it e}n notant $\mathrm{H}_{j}$ l'{\it hyp} erplan
$\langle z-z_{f},\ u_{j}\rangle=0$, on ait les propriétés suivantes:
(12) $\mathrm{H}_{l}$ ne rencontre pas $\mathrm{B}_{p}$, et $|u_{f}-z_{f}|\leq 1$, {\it c}e qui est
vrai dès {\it que} $|u_{f}-z_{j}|$ est assez petit,
(13) $\mathrm{H}_{j}$ coupe transversalement $\mathrm{Y}_{f}$ en $z_{l}$,
(14) $\mathrm{H}_{j}$ ne contient pas $z_{s}$ pour $s\neq f$,
(15) {\it Les} sous-espaces $\mathrm{H}_{1}\cap \mathrm{H}_{/},\ f>1$, sont deux à deux dis-
tin cts, et non contenus dans YU $\mathrm{Z}_{\mathrm{F}_{2}}$.
Pour chaque $j>1$, on séle ctionne un point $\chi_{f}\in \mathrm{H}_{1}\cap \mathrm{H}_{j}$ tel
que
(16) $x_{j}\displaystyle \not\in \mathrm{Y}\cup \mathrm{Z}_{\mathrm{r}_{2}}\cup\bigcup_{1<s\neq f}\mathrm{H}_{s}$.
L'idée est que les hyperplans $\mathrm{H}_{1},\ \ldots,\ \mathrm{H}_{r} \langle\langle \mathrm{relient}\rangle\rangle$ entre elles
les composantes $\mathrm{Y}_{1},\ \ldots,\ \mathrm{Y}_{r}$, et qu en déformant un peu $1' \mathrm{ens}e$ mble
$\mathrm{Y}_{1}\cup\ldots \mathrm{UY}_{r}$ UHl $\cup\ldots\cup \mathrm{H}_{r}$ on obtiendra une hypersurface ir-
rédu ctible. On pose quel que soit $\epsilon\in \mathrm{C}$
$$
\mathrm{G}_{\epsilon}=\frac{1}{2}(\mathrm{F}_{1}+\alpha \mathrm{F}_{2})\prod_{i=1}^{r}\ (1-\frac{\langle z,u_{j}\rangle}{\langle z_{j},u_{j}}\rangle)+\epsilon \mathrm{F}_{2},
$$
{\it e}t on examine l'allure de $\mathrm{Z}_{\mathrm{c}_{\epsilon}}$ au voisinage des points $z_{f},\ 1\leq f\leq r$,
et $x_{f},\ 1<j\leq r$. En ces points $\mathrm{F}_{2}\neq 0$ (cf. (16), donc on est
ramené à étudier lo calement les zéros de la fonction

CONSTRUCTION D HYPERSURFACES IRREDUCTIBLES
227
$$
\frac{\mathrm{G}_{\epsilon}}{\mathrm{F}_{2}}=\frac{1}{2}\frac{\mathrm{F}_{1}+\alpha \mathrm{F}_{2}}{\mathrm{F}_{2}}\prod_{/=1}^{r}(1-\frac{\langle z,u_{j}\rangle}{\langle z_{j},u_{j}}\rangle)+\epsilon;
$$
en $z_{f}$, on peut prendre grâce à (13), (14), des coordonnées locales
$(w_{1^{ }},\ldots, w_{n})$ telles que
$w_{1}=1-\displaystyle \frac{\langle z,,u_{j}\rangle}{\langle z_{j}u_{j}\rangle}w_{2}=\frac{1}{2}\frac{\mathrm{F}_{1}+\alpha \mathrm{F}_{2}}{\mathrm{F}_{2}}1 \displaystyle \leq s\leq r\prod_{s\neq j} (1-\displaystyle \frac{\langle z,u_{s}\rangle}{\langle z_{s},u_{s}\rangle})$;
en $x_{f},\ f>1$, on peut grâce à (16) trouver des coordonnées locales
$(w_{1^{ }},\ldots , w_{n})$ telles que
$\prime w_{1}=\displaystyle \frac{1}{2}\frac{\mathrm{F}_{1}+\alpha \mathrm{F}}{\mathrm{F}_{2}}2\prod_{1<s\leq r}(1-\frac{\langle zu_{s}\rangle}{\mathrm{t}z_{s}',u_{s}\rangle}),\ w_{2}=1-\displaystyle \frac{\langle z,u_{1}\rangle}{\langle z_{1},u_{1}\rangle}$
Soit $\omega_{z_{j}} (${\it resp}. $\omega_{x_{j}},\ j>1)$ un voisinage ouvert de $z_{f}$ (resp. $x_{f}$),
tel que les coordonnées $(w_{1^{ }},\ldots, w_{n})$ réalisent un isomorphisme d{\it e}
$\omega_{z_{j}}$ ({\it r}esp. $\omega_{x_{f}}$) sur l{\it e} polydisque $\mathrm{P}_{\delta}=\{w\in \mathrm{C}^{n} ; |w_{j}|<\delta, 1\leq f\leq n\}$
d{\it e} $\mathrm{C}^{n}$ Dans les ouverts $\omega_{z_{f}}$ et $\omega_{x_{f}},\ \mathrm{Z}_{\mathrm{G}_{\epsilon}}$ admet l'équation
$w_{1}w_{2}+\epsilon=0$, donc pour $0<|\epsilon|<\delta^{2},\ \mathrm{Z}_{\mathrm{G}_{\epsilon}}\cap\omega_{z_{f}}$ et $\mathrm{Z}_{\mathrm{G}_{\epsilon}}\cap\omega_{x_{f}}$
sont irréductibles. Par ailleurs $\mathrm{Z}_{\mathrm{G}_{0}}$ admet l'équation $w_{1}w_{2}=0$,
où $w_{1}=0$ représente Phy perplan $\mathrm{H}_{j}$, et $w_{2}=0 1' \mathrm{hypersurface}$
$\mathrm{Y}$ (d{\it ans} $\omega_{z_{f}}$), ou $1' hyper\mathrm{planH}_{1}$ (dans $\omega_{x_{f}}$). On {\it p}eut donc choisir
des compacts $\mathrm{L}_{/}$. de $\omega_{z_{f}}$ et $\mathrm{M}_{j}$ de $\omega_{x_{j}},\ f>1$, t{\it els} que
$\mathrm{Z}_{\mathrm{G}_{0}}\cap \mathrm{L}_{j}=\mathrm{H}_{j}\cap \mathrm{L}_{j}$ et $\mathrm{H}_{j}\cap \mathrm{L}_{j}\circ\neq\emptyset$,
$\mathrm{Z}_{\mathrm{G}_{0}}\cap \mathrm{M}_{j}=\mathrm{H}_{1}\cap \mathrm{M}_{/}$ et $\mathrm{H}_{1}\cap \mathrm{M}_{j}\circ\neq\emptyset$,
et il est clair que l'hyperbole $w_{1}w_{2}+\epsilon=0$ rencontre $\mathrm{L}_{j}$, ou $\mathrm{M}_{j}$
selon le cas, dès que $\epsilon$ est assez petit.
On applique maintenant trois fois consé cutives la proposition 2
avec $\Omega=\mathrm{C}^{n},\ f=\mathrm{G}_{0},\ g=\mathrm{G}_{\epsilon}$, où $\mathrm{K},\ \{\mathrm{X}_{1^{ }},\ldots, \mathrm{X}_{k}\}$ {\it e}t $\omega$ sont
r{\it e} mplacés par
$$
\mathrm{B}_{p},\ \{\mathrm{Y}_{1^{ }},\ldots, \mathrm{Y}_{r}\},\bigcup_{1\leq f\leq r}\omega_{z_{f}};
$$
$\mathrm{L}_{j}$ , $\{\mathrm{H}_{j}\}$ , $\omega_{x_{f}}$ pour $j>1$;
$\mathrm{M}_{j}$ , $\{\mathrm{H}_{1}\}$ , $\omega_{z_{1}}$ pour $f>1$.
Si $\epsilon\neq 0$ est assez petit, {\it e}t si $\mathrm{T}$ est une composante irréduc tible
de $\mathrm{Z}_{\mathrm{c}_{\epsilon}}$ qui rencontre $\mathrm{B}_{p}$, on obtiendra su ccessivement {\it les} consé$\sim$
qu {\it e}n ces (16), (18), (19) ci-d essous :

228
J.P. DEMAILLY
(17) $\mathrm{T}$ rencontre $\displaystyle \bigcup_{1\leq j\leq},.\ \omega_{z_{j}}$;
supposons que $\mathrm{T}\cap\omega_{z_{f}}\neq\Phi$ pour $f>1$ ; alors
$$
\mathrm{T}\cap \mathrm{L}_{j}=\{w_{1}w_{2}+\epsilon=0\}\cap \mathrm{L}_{j}\neq\Phi;
$$
(18) $\mathrm{T}\cap\omega_{x_{j}}\neq\Phi$, donc $\mathrm{T}\cap \mathrm{M}_{j}=\{w_{1}w_{2}+\epsilon\}\cap \mathrm{M}_{j}\neq\Phi$ ;
\begin{center}
(19)   $\mathrm{T}\cap\omega_{z_{1}}\neq\emptyset$.
\end{center}
Dans tous les cas, on voit que $\mathrm{T}\cap\omega_{z_{1}}\neq\emptyset$ ; comme
$\mathrm{Z}_{\mathrm{G}_{\epsilon}}\cap\omega_{z_{1}}=\{w_{1}w_{2}+\epsilon=0\}\cap\omega_{z_{1}}$ est irréductible et que
$\mathrm{G}_{\epsilon}=(w_{1}w_{2}+\epsilon)\mathrm{F}_{2}y$ a la multiplicité 1, $\mathrm{Z}_{\mathrm{c}_{\epsilon}}$ possède au plus
une composante $\mathrm{T}$ rencontrant $\mathrm{B}_{p}$, sur laquelle $\mathrm{G}_{\epsilon}$ a nécessai-
rement la multiplicité 1 ; par définition $\mathrm{G}_{\epsilon}$ appartient à $\mathrm{V}_{p}$.
Ecrivons maintenant $\displaystyle \mathrm{G}_{\epsilon}=\sum_{j^{=}1}^{k}f_{j}g_{j.\epsilon}$ avec
$g_{j.\epsilon}=\displaystyle \frac{1}{2}((g_{j}+a_{j}^{1})+\alpha(g_{j}+a_{j}^{2}))\prod_{\mathrm{s}=1}^{k}(1-\frac{\langle zu_{s}\rangle}{\mathrm{t}z_{s}',u_{s}\rangle})+\epsilon(g_{j}+a_{j}^{2})$;
on fait tendre {\it a  et} $a^{2}$ vers $0,\ \alpha$ vers 1, $z_{s}$ vers $\infty$, {\it e}t $e$ vers $0$.
Il résulte de (1) et de la défnition de $\mathrm{E}(c\mathrm{f}.$ (11) $)$ que dans $\mathrm{E}$
la multiplication par un polynôme $e$ st continue. On vérifie enfin, en
utilisant la relation (12) $|u_{s}-z_{s}|\leq 1$, que $g_{j,\epsilon}$ tend vers $g_{j}$,
d'où la densité de $\mathrm{V}_{p}$.
{\it Remarque 2}. --La démonstration révèle en fait que les {\it k}-u plets
d{\it e} fonctions $(g_{1}, \ldots, g_{k})\in \mathrm{E}^{k}$ satisfaisant aux conclusions (2)
{\it e}t (3) du théorème constituent un $\mathrm{G}_{\delta}$ dense dans $\mathrm{E}^{k}$
Le quatrième paragraphe est consacré à $1' \mathrm{appli}c\mathrm{ation}$ du théo-
rème au contre-exemple annoncé dans l'introduction.
4. Exem ple de courbe irréduc tible d'ordre $0$, ayant {\it u}n lieu
singulier d'ordre infni.
Rappelons d'abord brèvement l'exemple de Comalba-Shiffman
[1]. On choisit une suite de nombres complexes distincts non nuls,
$a_{n}$, tendant très vite v{\it ers} $\infty$, et on pose

CONSTRUCTION D HYPERSURFACES IRREDUCTIBLES
229
$$
f_{1}(z_{1})=\frac{1}{2}\prod_{n=0}^{\infty}(1-\frac{z_{1}}{a_{n}}),\ h_{n}(z_{1})=\frac{f_{1}(z}{1-\frac{1z_{1})}{a_{n}}};
$$
on détermine ensuite, étant donné une suit $e$ quelconque $(k_{n})$ d'entie {\it r}s,
une suite $(\epsilon_{n})$ d{\it e} complexes non nuls, tels qu en dé finissant l{\it e} poly-
nôme $\mathrm{P}_{k}$ par
$$
\mathrm{P}_{k}(z_{2})=\prod_{f=1}^{k}\ \left(\begin{array}{ll}
 & 1\\
 & --\\
z_{2} & j
\end{array}\right),
$$
la série $f_{2}(z_{1}, z_{2})=\displaystyle \sum^{\infty} \epsilon_{n}h_{n}(z_{1})\mathrm{P}_{k_{n}}(z_{2})$ soit convergente. L'{\it e}n-
semble analytique
$$
n\ =0
$$
$$
\mathrm{S}=\{(z_{1}, z_{2})\in \mathrm{C}^{2} ;f_{1}(z_{1})=f_{2}(z_{1}, z_{2})=0\}
$$
est l'ensemble des points de coordonnées
$$
z_{1}=a_{n},\ n\in \mathrm{N},\ z_{2}\in\{1,\ \frac{1}{2},\ \ldots,\frac{1}{k_{n}}\}.
$$
La croissance d{\it e} $f_{1}$ est aussi lente qu on v{\it eut}, pourvu que la
suite $(a_{n})$ tende vers $\infty$ asse $\mathrm{z}$ vite; on choisit alors $k_{n}$ très grand
{\it e}t $\epsilon_{n}$ très petit d{\it e} sorte que $f_{2}$ soit à croissan $ce$ lente {\it e}t $\mathrm{S}$ à crois-
{\it sance} très rapide. D{\it e} façon {\it pré c}ise, on obtient la
$\mathrm{PROK})\mathrm{SITION} 3$ (Comalba-Shi ffman [1]). --{\it Pour toute fonc}-
{\it tion croissante positive} $\varphi$ {\it vérifiant} ({\it 1}), {\it et toute fonction}
$\psi$ : $\mathrm{R}\rightarrow[0, +\infty 1$ {\it croissante, on peut trouver} $f_{1}$ {\it et} $f_{2}$ {\it telles que}
$$
{\rm Log}|f_{1}(z_{1})|\leq\varphi({\rm Log}|z_{1}|),
$$
$$
{\rm Log}|f_{2}(z_{1}, z_{2})|\leq\varphi({\rm Log}|z|),
$$
$et$ Card $\{w \mathrm{GS}; |w|\leq r\}\geq\psi(r)$,
{\it quels que soient} $z=(z_{1}, z_{2})\in \mathrm{C}^{2}$ {\it e}t $r\geq 0$.
On remarquera que par construction, l{\it e} jacobien d{\it e} $(f_{1}, f_{2})$
est non nul aux points d{\it e} S. D'après l{\it e} théorème, on p{\it eut} trouver
$\mathrm{d}$ {\it e}s fonc tions $g_{1}$ {\it e}t $g_{2}$ telles que $f=f_{1}^{P_{1}}g_{1}+f_{2}^{p_{2}}g_{2}$ soit irré-
ductible $(\mathrm{o}\text{ù} 2 \leq p_{1}\leq p_{2})$, telles que $\mathrm{S}$ soit l'{\it e}nse mble des points
singuliers d{\it e} $\mathrm{Z}_{f}$, et telles que
$$
{\rm Log}(|g_{1}(z)|+|g_{2}(z)|)\leq\varphi({\rm Log}|z|).
$$
1

230
J.P. DEMAILLY
La r{\it e} marque 2 montre qu on peut même imposer $g_{1}\neq 0$,
$g_{2}\neq 0$ aux $p$ oints d{\it e} S. Il vient ${\rm Log}|f(z)|\leq(1+p_{2})\varphi({\rm Log}|z|)$,
et $\mathrm{Z}_{f}$ admet {\it e}n tout {\it point} de $\mathrm{S}$ l'équation lo {\it c}ale
\begin{center}
(20)   $w_{1}^{p_{1}}+w_{2}^{p_{2}}=0$
\end{center}
$(_{\mathrm{a}\mathrm{v}ec}$ les coordonnées $w_{1}=f_{1}g^{\frac{1}{p_{1}1}},\ w_{2}=f_{2}g_{2}^{\frac{1}{p_{2}}})$, équation irré-
ductible ou non suivant que les entiers $p_{1},\ p_{2}$ sont $\mathrm{pr}e$ miers entre
{\it eux} ou non. On voit {\it e}n particulier que la {\it c}ourbe irréductible $\mathrm{Z}_{f}$
{\it d}'{\it ordre} $0$ peut avoir tous s{\it e} $\mathrm{s}$ points singuliers multiple $\mathrm{s}$. Quitte  
remplacer $\varphi p$ ar $\displaystyle \frac{\varphi}{1+p_{2}}$, on obtient la
Proposition 4. --{\it Si} $\varphi,\ \psi$ {\it sont les poids de la proposition 3},
{\it il existe une fonction entière irréductible} $f$ {\it dans} $\mathrm{C}^{2}$ {\it telle que}
(21) ${\rm Log}|f(z)|\leq\varphi({\rm Log}|z|)$,
(22) {\it l}'{\it ensemble} $\mathrm{S}$ {\it des poin} $ts$ {\it singuliers de} $\mathrm{Z}_{f}$ {\it vérifie la mino}-
{\it ration} Card $\{z\in \mathrm{S};|z|\leq r\}\geq\psi(r)$,
(23) $\mathrm{Z}_{f} a$ {\it au voisinage des points singuliers Véquation} (20)
$$
w_{1}^{p_{1}}+w_{2}^{p_{2}}=0.
$$
{\it Remarque 3}. --Des modifications évid entes dans la constru {\it c}-
tion d{\it e} $f_{1}$ {\it e}t $f_{2}$ permettraient de faire varier $(p_{1}, p_{2})$ à volonté.
5. Applications à l'analyse $\mathrm{h}$ armoniq {\it u}e.
$\Phi(\mathrm{R}^{n})$ (r{\it e} s{\it p}. @ $(\mathrm{R}^{n})$) désignera comme $\mathrm{d}' h$ abitude l'algèbre
d{\it e} convolution des fonctions indéfniment différentiables ({\it r}esp. {\it des}
distributions) à support compact. A toute distribution $u\in@'(\mathrm{R}^{n})$,
on associe sa transformée d{\it e} Fourier-Laplace {\it û}$\in$H(C{\it n}) dé finie
par $\text{{\it û}}(z)=u_{X}(e^{-i\langle x,z\rangle})$.
La classe des transformées d{\it e} Fourier-La place des éléments d{\it e}
$\Phi(\mathrm{R}^{n})$ {\it e}t d{\it e} $@'(\mathrm{R}^{n})$ est caractérisée par l{\it e} théorème bien connu
d{\it e} Paley-Wien {\it e}r :
{\it Une fonction entière} $f$ {\it est transformée de Fourier-Laplace}
{\it d}'{\it une fonction de} $\Phi (\mathrm{R}^{n})$ ({\it resp. d}'{\it une distribution de} @ $(\mathrm{R}^{n})$) {\it à}

CONSTRUCTION D'HYPERSURFACES IRREDUCTIBLES
231
{\it support dans la boule fermée de centre} $0$ {\it et de rayon} $\mathrm{A}$, {\it si et seu}-
{\it lement si pour tout entier} $\mathrm{N}\geq 0$, {\it il existe une constante} $\mathrm{C}_{\mathrm{N}}$ {\it telle}
{\it que}
(24) $|f(z)|\leq \mathrm{C}_{\mathrm{N}}(1+|z|)^{-\mathrm{N}}$ {\it exp} $(\mathrm{A}| \mathrm{I}m z|)$,
{\it respectivement, s}'{\it il existe un entier} $\mathrm{N}$ {\it et une constante}
$\mathrm{C}$ {\it tels que}
(25) $|f(z)|\leq \mathrm{C}(1+|z|)^{\mathrm{N}}$ exp $(\mathrm{A}| \mathrm{I}m z|)$.
L{\it e} théorème du \S 1 admet dans {\it c}e contexte la traduction
partielle suivante.
Proposition 5. --{\it Soient} $u_{1},\ \ldots$ , $u_{k}$ {\it des distributions à support}
{\it compact dans} $\mathrm{R}^{n} (o\text{{\it ù}} n\geq 2)$, {\it telles que les tmnsformées de Laplace}
$\hat{u}_{1},\ \ldots,\ \hat{u}_{k}$ {\it aient un ensemble de zéros communs de codimension}
$\geq 2$ {\it en tout poin} $t$. {\it Alors il existe des fonctions} $v_{1},\ \ldots$ , $v_{k}$ {\it dans}
$\Phi(\mathrm{R}^{n})$ {\it telles que la fonction} $\displaystyle \mathrm{V}=\sum_{j=1}^{k}u_{I}*v_{f}$ {\it soit irréductible dans}
{\it Vanneau} $8'(\mathrm{R}^{n})$.
{\it Pour tout compact} $\mathrm{K}_{j}$ {\it de} $\mathrm{R}^{n}$ {\it d}'{\it in térieur non vide}, $1\leq I\leq k$,
{\it l}'{\it ensemble des solutions} $(v_{1^{ }},\ldots , v_{k})\in\omega(\mathrm{K}_{1})\times\ldots\times$ CD $(\mathrm{K}_{k})$, {\it où}
$v_{I}$ {\it est à support dans} $\mathrm{K}_{f}$, {\it est de seconde catégorie}.
Comme les seuls éléments inversible $\mathrm{s}$ de $@'(\mathrm{R}^{n})$ sont les m{\it e} s{\it ure} $\mathrm{s}$
d{\it e} Dirac $\delta_{a},\ a\in \mathrm{R}^{n}$, {\it e}t leurs multiples scalaire $\mathrm{s}$, lesquels n'appar-
tiennent pas à $\omega(\mathrm{R}^{n})$, on retrouve l{\it e}
COROLLAIRE 2 (Rubel -- Squire $\mathrm{s}-$ Taylor [3] pour $n\geq 3$,
Dixmier -- Malliavin [2] pour $n=2$). $-\Phi(\mathrm{R}^{n})*\omega(\mathrm{R}^{n})\neq\omega(\mathrm{R}^{n})$
{\it pour} $n\geq 2$.
{\it Démonstration de la proposition 5}. --Soient $w_{1},\ \ldots,\ w_{k}$ des
fonctions non nulles d{\it e} $\varpi(\mathrm{B})$, où $\mathrm{B}$ est la boule d{\it e c}entre $0$ et
de ray on A. On peut supposer que
(26) les fonctions {\it û}l $\hat{w}_{1},\ \ldots$, {\it ûk} $\hat{w}k$ ont un ensemble de zéros
communs d{\it e} codimension $\geq 2$ en tout {\it point}.
Si (26) {\it n}'{\it est pas} vrai, on remplace $w_{j}$ par
$w_{j}'(x)=w_{j}(x)$ exp $(i\langle a_{j}, x \rangle),\ a_{j}\in \mathrm{C}^{n}$,
de sorte que $\hat{w}_{j}'(z)=\hat{w}_{f}(z-a_{j})$. L'{\it hypothèse} (26) relative aux
{\it f}onc Alors $w_{j}'$ signifie que pour tout $j\neq s$ on a

232
J.P. DEMAILLY
(26') codim $(a_{j}+\mathrm{Z}_{\hat{w}_{j}})\cap \mathrm{Z}_{\hat{\mathrm{u}}_{S}}=$ codim $(a_{j}+\mathrm{Z}_{\hat{w}_{f}})\cap(a_{s}+\mathrm{Z}_{\hat{w}_{s}})=2$.
Choisissons sur chaque composante irréductible de $\mathrm{Z}_{\hat{w}_{f}}$ un
point $q_{j,p} (\mathrm{o}\text{ù} p\in \mathrm{N})$. Il est clair que $(26') \mathrm{e}$ st réalisé dès que
$(a_{1^{ }},\ldots, a_{k})$ est en dehors d{\it e} la réunion (dénombrable) des {\it e}n-
sembles analytiques dans $(\mathrm{C}^{n})^{k}$ dé finis par l'une des conditions
$a_{j}+q_{j,p}\in \mathrm{Z}_{\hat{\mathrm{u}}_{S}}$ , $a_{j}-a_{s}+q_{j,p}\in \mathrm{Z}_{\hat{w}_{s}}$ , $f\neq s,\  p\in$ N.
Par conséquent (26') {\it est} vrai pour un ensemble dense de
$(a_{1^{ }},\ldots, a_{k})\in(\mathrm{C}^{n})^{k}$ D`après (24), il existe pour tout entier $\mathrm{N}$
une constante $\mathrm{C}_{\mathrm{N}}$ telle que (en revenant à la notation $w_{f}$)
(27) $|\hat{w}_{f}(z)|\leq \mathrm{C}_{\mathrm{N}}(1+|z|)^{-\mathrm{N}}\exp(\mathrm{A}| \mathrm{I}m z|),\ f=1,\ \ldots$ , $k$.
On peut naturellement supposer en outre que
$\displaystyle \lim_{\mathrm{N}\rightarrow+\infty}\frac{{\rm Log} \mathrm{C}_{\mathrm{N}}}{\mathrm{N}}=+\infty$, {\it ce} qui permet de définir une application
croissante positive $\varphi$ : $\mathrm{R}\rightarrow$ Rp {\it a}r
(28) $\displaystyle \varphi(t)=\frac{1}{2}\mathrm{N}\in \mathrm{suR}(\mathrm{N}t -{\rm Log}\displaystyle \frac{\mathrm{C}_{\mathrm{N}}}{\mathrm{C}_{0}})$.
On a $\displaystyle \lim_{\rightarrow t+}\inf_{\infty}\frac{\varphi(t)}{t}\geq\sup_{\mathrm{N}\in \mathrm{N}}\frac{\mathrm{N}}{2}=+\infty$
donc la condition (1) {\it est} satisfaite. D'après le théorème du \S 1,
il existe des fonctions entières $g_{1},\ \ldots,\ g_{k}$ telles que la fonction
$\displaystyle \mathrm{F}=\sum_{j=1}^{k}\hat{u}_{f}\hat{w}_{f}g_{j}$ soit irréductible, {\it e}t qui satisfont {\it à} la majoration
(29) ${\rm Log}|g_{j}(z)|\leq\varphi({\rm Log}|z|)$.
Il résulte aisément d{\it e} (27), (28) {\it e}t (29) que
\begin{center}
${\rm Log}|\hat{w}_{f}(z)|\leq{\rm Log} \mathrm{C}_{0}-2\varphi ({\rm Log}|z|)+\mathrm{A}|$ I$m z|$,
$$
{\rm Log}|\hat{w}_{f}(z)g_{j}(z)|\leq{\rm Log} \mathrm{C}_{0}-\varphi({\rm Log}|z|)+\mathrm{A}|\mathrm{I}mz|.
$$
\end{center}
L{\it e} théorème d{\it e} Pal {\it ey}-Wi {\it e}ner montre qu il existe une fonction
$v_{f}\in\omega(\mathrm{B})$ telle que $\hat{v}_{f}=\hat{w}_{f}g_{j}$. Si l'on dé finit $\displaystyle \mathrm{V}=\sum_{j=1}^{k}u_{f}*v_{j}$,
alors $\hat{\mathrm{V}}=\mathrm{F}$ est irréductible dans $\mathrm{H}(\mathrm{C}^{n})$, par conséquent V est
irréductible dans $\mathrm{g}'(\mathrm{R}^{n})$, car les seule $\mathrm{s}$ fonctions entières inver-
sibles vérifiant (25) sont les exponentielles $\lambda \exp(-i\langle a, z\rangle)$,

CONSTRUCTION D'HYPERSURFACES IRREDUCTIBLES
233
$a\in \mathrm{R}^{n}$, correspondant $\mathrm{p}$ {\it a}r la transformation d{\it e} Fourier-Laplace
aux m{\it e} sures d{\it e} Dirac $\lambda\delta_{a}$.
Faisons maintenant tendre $a_{j}$ vers $0$ dans $\mathrm{C}^{n}$, {\it e}t $g_{j}$ vers 1,
$g_{j}$ satisfaisant de plus à (29) ({\it cf}. remarque 2); on obtient l{\it a} densité
des $(v_{1^{ }},\ldots, v_{k})$ dans $\omega(\mathrm{B})^{k}$ Si $\mathrm{K}_{1},\ \ldots,\ \mathrm{K}_{k}$ sont des parties
compactes de $\mathrm{H}^{n},\ \mathrm{K}_{j}\circ\neq\emptyset$, l'{\it e}nse mble des {\it k}-uplets
$$
(v_{1^{ }},\ldots, v_{k})\in\omega(\mathrm{K}_{1})\mathrm{x}\ldots\times\omega(\mathrm{K}_{k})
$$
tels que la fonction V $=\displaystyle \sum_{j=1}^{k}u_{j}*v_{f}$ ait une transformée $\hat{\mathrm{V}}$ irréduc-
tible dans $\mathrm{H}(\mathrm{C}^{n})$, {\it est} un $\mathrm{G}_{\delta}$ (utiliser la proposition 1 et la conti-
nuité d{\it e} la transformation d{\it e} Laplace). Vérifions brèvement que
{\it ce} $\mathrm{G}_{\delta}$ est dense. Pour tout $\epsilon>0$, désignons par $(\mathrm{K}_{j})_{\epsilon}$ la partie
compacte $\{x\in \mathrm{K}_{j} ; d(x, \mathrm{C} \mathrm{K}_{j})\geq\epsilon\}\subset \mathrm{K}_{j}\circ$ ; soit $\rho\in\Phi(\mathrm{R}^{n})$ une
fonction positive d'intégrale 1, à su pport dans la boule de centre $0$
{\it e}t d{\it e} rayon $\displaystyle \frac{1}{3}$, {\it e}t posons $\displaystyle \rho_{j,\epsilon}(x)=\int_{y\in(\mathrm{K}_{j})_{\frac{2\epsilon}{3}}} \displaystyle \rho(\frac{y-x}{\epsilon})\frac{dy}{\epsilon^{n}}$
La fonction $\rho_{f.\epsilon}\in\Phi(\mathrm{R}^{n})$ a les propriétés suivantes:
(30) $\rho_{j,\epsilon}=1$ sur $(\mathrm{K}_{j})_{\epsilon}$ , {\it Supp} $(\rho_{j.\epsilon})\subset(\mathrm{K}_{j})_{\frac{\epsilon}{3}}$;
(31) pour tout multi-indice $\alpha\in \mathrm{N}^{n}$, il existe une constante
$\mathrm{C}_{\alpha}$ indépendante de $\epsilon$ telle que
$$
|\mathrm{D}^{\alpha}\rho_{j,\epsilon}(x)|\leq \mathrm{C}_{\alpha}d(x, \mathrm{C} \mathrm{K}_{f})^{-|\alpha|}
$$
Il résulte {\it fac} ilement d{\it e} $(30_{\circ})$, (31) qu étant donné $v_{f}\in\Phi(\mathrm{K}_{f})$ la
fonction $v_{f,\epsilon}=v_{f}\rho_{f,\epsilon}\in\omega(\mathrm{K}_{f})$ tend v{\it ers} $v_{f}$ dans $\omega(\mathrm{K}_{f})$ quand
$\epsilon\rightarrow 0$. On peut comme {\it c}i-dessus remplacer $v_{j,\epsilon}$ par une {\it f}onc-
tion voisine $v_{i\epsilon}'$. telle que $\hat{u}_{1}\hat{v}_{1,\epsilon}',\ \ldots,\ \hat{u}_{k}\hat{v}_{k,\epsilon}'$ aient un ensemble
de zéros communs d{\it e} codim ension $\geq 2$. D'après {\it c}e que nous avons
déjà démontré, il existe des approximations $w_{1},\ \ldots,\ w_{k}$ d{\it e} $\delta_{0}$
dans $\Phi(\mathrm{R}^{n})$ telles que la fonction V $=\displaystyle \sum_{j=1}^{k}\mathcal{U}_{f}*v_{j,\epsilon}'*\mathcal{W}_{f}$ soit irré-
ductible. La preuve s'achève en faisant tendre $v_{j,\epsilon}'$ vers $v_{f}$, et $w_{l}$
v{\it e} rs $\delta_{0}$.
{\it Remarque 4}. --Dans le cas $n=1$, la situation est tout à fait
différente. Il est {\it a}isé d{\it e} voir, {\it e}n utilisant la factorisation canonique
d{\it e} Weierstrass-Hadamard des fonctions entières (29), que tout élé-
ment d{\it e} $\omega(\mathrm{R})$ est {\it réductible} dans @ (R). Par contre, le problème

234
J.P. DEMAILLY
d{\it e} savoir si $\omega$ ({\it R})$*$6Ê)(R) $=$6É)(R) semble non résolu à c{\it e} jour $(c\mathrm{f}$.
[2], [3] pour plus de détails).
{\it Remarque 5}. --La proposition 5 repose sur le fait que pour
toute distribution V $\in$ ê'({\it Rn}), 1'irréductibilité de $\hat{\mathrm{V}}$ dans $\mathrm{H}(\mathrm{C}^{n})$
entraîne 1'irréduc tibilité de V dans $@^{i}(\mathrm{R}^{n})$. Il {\it est} nature 1 de se
demander {\it s}i $1' \mathrm{implication}$ réciproque $e$ st vraie. La réponse est affir-
mative si $n=1$, négative si $n\geq 2$.
PROPOSITION 6.-{\it Il existe une famille} $(\mathrm{V}_{\lambda})_{\lambda\in C}$, {\it dépendant}
{\it analytiquement de} X, {\it de fonctions irréductibles dans l}'{\it anneau}
$@'(R^{n})$, {\it premières entre elles deux à deux, telles que les transfor}-
{\it mées de Laplace} $\hat{\mathrm{V}}_{\lambda}$ {\it aient un facteur commun} H G $\mathrm{H}(\mathrm{C}^{n})$ {\it non}
{\it inversible. De plus},
(32) {\it la décomposition en facteurs irréductibles}, $lorsquelle$ {\it existe},
{\it n}'{\it est pas unique en général dans} @ $(R^{n})$.
{\it Démonstration}. --On considère la fonction d'une variable
$$
g(z_{1})=\frac{1}{\Gamma(z_{1})}=z_{1}e^{\mathrm{C}z_{1}}\prod_{s=1}^{\infty}(1+\frac{z_{1}}{s})e^{-\frac{z_{1}}{s}}
$$
II est classique que $g$ est une fonction entière d'ordre 1 qui
n'est pas d{\it e} type exponentiel, et d'après la formule de Stirling $g$
possède la majoration
(33) $|g(z_{1})|\displaystyle \leq \mathrm{Ct}e.(\frac{|z_{1}|}{e})^{\frac{1}{2}-\mathrm{R}ez_{1}}e^{\frac{\pi}{2}}$ 11 $mz_{1}|$
On déduit aisément d{\it e} (33) que pour tout $\lambda \in \mathrm{C}$ la fonction
$z_{1}\rightarrow g(z_{1})g(\lambda-z_{1}) e$ st dans l'{\it e}space $\hat{@'(R)}$ des transformées
d{\it e} La place.
Un raisonnement analogue à celui de la proposition 5 fournit,
pour toute boule fermée $\mathrm{B}$ de centre $0$, des éléments $u,\ u'$ de
$\omega(\mathrm{B})$ tels que la fonction
$\mathrm{H}$ ($z_{1},\ \ldots$, {\it zn})$=${\it û} $(z_{1^{ }},\ldots, z_{n})g(z_{1}) +${\it û}' $(z_{1}, \ldots, z_{n})g\left(\begin{array}{l}
1\\
z_{1}+-2
\end{array}\right)$
soit irréduc tible dans $\mathrm{H}(\mathrm{C}^{n})$. Montrons tout d'abord {\it que} $\mathrm{H}$ n'est
pas de t{\it ype} exponentiel. Fixons $(z_{2}^{0_{ }},\ldots , z_{n}^{0})\in \mathrm{C}^{n-1}$ d{\it e} manière

CONSTRUCTION D'HYPERSURFACES IRREDUCTIBLES
235
que la fonction $h(z_{1})=\mathrm{H}(z_{1}, z_{2}^{0}, \ldots, z_{n}^{0})$ ne soit pas identique-
ment nulle. De (33) on tire la majoration
$|h(z_{1})|\leq$ Cte. $(\displaystyle \frac{|z_{1}|}{e})-\mathrm{R}ez_{1} \mathrm{exp}.\ ((\displaystyle \frac{\pi}{2}+\mathrm{A})|$ I{\it m} $z_{1}|)$
(où A désigne le ray on de la boule B), montrant ain {\it s}i que $|h(z_{1})|$
tend vers $0$ très rapidement lorsque $z_{1}$ tend vers $\infty$ dans le se {\it cteur}
angulaire $|\mathrm{Arg}z_{1}|\leq\pi/4$. Si $h$ était d{\it e} t{\it y} pe exponentiel, on en
déduirait $\displaystyle \lim_{r\rightarrow+\infty}\frac{1}{2\pi}\int_{0}^{2\pi}{\rm Log}|h(re^{i\theta})|d\theta=-\infty$, {\it c}e qui est
absurd $e$. Il est clair que la fonction entière
$$
\mathrm{F}_{\lambda}(z_{1^{ }},\ldots, z_{n})=\mathrm{H}(z_{1}, z_{2^{ }},\ldots, z_{n})\mathrm{H}(\lambda-z_{1}, z_{2^{ }},\ldots, z_{n})
$$
appartient à $\hat{\omega(R^{n}}$), que $\mathrm{F}_{\lambda}$ est irréductible dans $1' \mathrm{ann}e\mathrm{au}$ des
fonctions de type exponentiel, mais réductible dans $\mathrm{H}(\mathrm{C}^{n})$. {\it Les}
fonctions $\mathrm{V}_{\lambda}\in\omega(R^{n})$ dé finies par $\hat{\mathrm{V}}_{\lambda}=\mathrm{F}_{\lambda}$ répondent   la ques-
tion d'après l{\it e} lemme {\it c}i-dessous, et $1' \mathrm{ass}e\mathrm{rtion}(32)$ résulte d{\it e} même
d{\it e} 1'égalité
$\mathrm{F}_{0}(z_{1^{ }},\ldots)\mathrm{F}_{0}(z_{1}+\lambda_{ }\ldots)=\mathrm{F}_{-\lambda}(z_{1^{ }},\ldots)\mathrm{F}_{\lambda}(z_{1}+\lambda_{ }\ldots)$
$$
=\mathrm{H}(z_{1^{ }},\ldots)\mathrm{H}(-z_{1^{ }},\ldots)\mathrm{H}(z_{1}+\lambda_{ }\ldots)\mathrm{H}(-\lambda -z_{1^{ }},\ldots).
$$
LEMME. --{\it L}'{\it hypersurface irréductible} $\mathrm{Z}_{\mathrm{H}}=\{z\in \mathrm{C}^{n} ; \mathrm{H}(z)=0\}$
{\it n}'{\it est invariante par aucune transformation} $ z_{1}\mapsto\lambda -z_{1}$, {\it ou}
$ z_{1}\leftrightarrow z_{1}+\lambda,\ \lambda \neq 0$, {\it portant sur la première variable}.
{\it Démonstration}. --L'invariance d{\it e} $\mathrm{Z}_{\mathrm{H}}$ équivaut à $1' \mathrm{existen}c\mathrm{e}$
d'une fonction P E $\mathrm{H}(\mathrm{C}^{n})$ telle que
$\mathrm{H}(\epsilon z_{1}+\lambda, z_{2^{ }},\ldots, z_{n})=e^{\mathrm{P}(z_{1},\ldots,z_{n})}\mathrm{H}(z_{1^{ }},\ldots, z_{n}),\ \epsilon=\pm 1$.
La fonction $e^{\mathrm{P}}$ est d'ordre 1, comme quotient d{\it e} fonctions
d'ordre 1, par conséquent $\mathrm{P}$ est un {\it p}oly nôme de degré $\leq 1$. Si
$\epsilon=-1$, on obtient
$\mathrm{H}(z)^{2}=\mathrm{H}(z)\mathrm{H}(\lambda-z_{1}, z_{2^{ }},\ldots, z_{n})e^{-\mathrm{P}(z)}=\mathrm{F}_{\lambda}(z)e^{-\mathrm{P}\langle z)}$,
donc $\mathrm{H}$ serait une fonction d{\it e} ty $pe$ exponentiel, contraire ment à
{\it c}e que nous savons déjà. Supposons désormais $\epsilon=1,\ \lambda \neq 0$, et
considérons une fonction partielle $h(z_{1})=\mathrm{H}(z_{1}, z_{2^{ }}^{0},\ldots, z_{n}^{0})$ non
nulle. Par hypothèse, $h$ est une fonction entière d'o rdre 1, dont

236
J.P. DEMAILLY
le diviseur $\mathrm{div}(h)$ est une somme de classes modulo $\lambda \mathrm{Z}$; comme
la fonction $z_{1}\rightarrow h(z_{1})h(-z_{1})$ est de t{\it ype} exponentiel, le nombre
$\mathrm{N}$ d{\it e} ces classes est nécessairement fini (examiner la croissance du
nomb $re$ de zéros), {\it e}t $h$ est de la fo rme
$$
h(z_{1})=e^{az_{1}+b}\prod_{s=1}^{\mathrm{N}}\sin\frac{\pi}{\lambda}(z_{1}-c_{s})
$$
avec des constantes complexes $a,\ b,\ c_{s}$; $h$ serait donc encore d{\it e}
type exponentiel : contradiction.
BIBLIOGRAPHIE
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cendental Bezout problem'', {\it Ann. of Math}. (2) 96 (1972), 402-
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teurs indéfiniment di fférentiables, {\it Bull. des Se. Math}., tome 102,
fasc. n${}^{\text{o}}$4 (1978), 305-330.
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{\it ofMath}., vol. 108, n${}^{\text{o}}$3 (1978), 553-567.
Manuscrit reçu l{\it e} 12 février 1980.
Jean-Pi erre DEMAILLY,
L.A. au C.N.R.S. n${}^{\text{o}}$213
Analyse Com {\it place} et Géométre
Université de Paris VI
4 {\it place} Jussieu
75230 Paris Cedex 05.

\end{document}
