Annales de l'institut Fourier Jean-Pierre Demailly Construction d'hypersurfaces irréductibles avec lieu singulier donné dans Cn Annales de l'institut Fourier, tome 30, n° 3 (1980), p. 219-236. © Annales de l'institut Fourier, 1980, tous droits réservés. L'accès aux archives de la revue « Annales de l'institut Fourier » (http://annalif.ujf-grenoble.fr/), implique l'accord avec les conditions générales d'utilisation (http://www.numdam.org/legal.php). Toute utilisation commerciale ou impression systématique est constitutive d'une infraction pénale. Toute copie ou impression de ce fichier doit contenir la présente mention de copyright. NUMDAM Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques http://www.numdam.org/ Ann. Inst. Fourier, Grenoble 30, 3 (1980), 219-236 CONSTRUCTION D'HYPERSURFACES IRRÉDUCTIBLES AVEC LIEU SINGULIER DONNÉ DANS Cn par Jean-Pierre DEMAILLY 0. Introduction. M. Cornalba et B. Shiffman [1] ont construit deux courbes d'ordre 0 dans Cn qui se coupent en une suite discrète de points dont le cardinal croît aussi rapidement que l'on veut à l'infini (voir le § 4), montrant ainsi que l'analogue transcendant du théorème de Bezout sur l'intersection des courbes algébriques n'est pas vrai en général. Il est bien connu d'autre part qu'une courbe algébrique (n-l)(n-2) de degré n, qui admet plus de points doubles, dégénère en deux ou plusieurs courbes de degré inférieur. On peut se demander si un analogue transcendant de ce dernier théorème subsiste. L'objet du présent travail est de démontrer qu'il n'en est rien ; nous prouvons au § 4, en nous appuyant sur l'exemple de Cornalba-Shiffman, l'existence d'une courbe transcendante irréductible dont la croissance à l'infini est arbitrairement lente, et dont cependant les points singuliers sont aussi nombreux que l'on veut. Nous déduisons cet exemple d'un théorème général permettant de construire, avec contrôle de la croissance, une hypersurface irréductible de Cn dont le lieu singulier S est imposé (voir le § 1 pour l'énoncé précis). La traduction en termes de distributions à support compact, obtenue au § 5 par l'intermédiaire du théorème de Paley-Wiener, nous permet de retrouver un résultat antérieur de L.A. Rubel, W.A. Squires et B.A. Taylor [3], complété par J. Dixmier, P. Malliavin [2], selon lequel l'ensemble des produits de convolution (D(Rn) * (0(Rn) n'est pas égal à G) (R") pour n > 2 . 220 J.P. DEMAILLY J'adresse tous mes remerciements à Monsieur Henri Skoda, qui m'a signalé ce problème, et qui porte un intérêt constant à mes travaux. 1. Enoncé du théorème principal. Théorème. - Soit S un ensemble analytique de Cn (où n > 2), de codimension >2 en tout point, défini par les équations f1(z) = ...=fk(z) = 0. On se donne une fonction

. Alors il existe des fonctions entières gl9 . . . ,gk telles que : k (2) la fonction F = £ f.gj est irréductible, ; = i (3) Vhypersurface X définie par l'équation F = 0 a son lieu singulier contenu dans S, et la majoration (4) LogU/(z)|<^(LogU|) a lieu pour tout j = 1, . . . , k et tout z E Cn . Corollaire 1. - Si fl9 . . . ,fk s'annulent à l'ordre 2 au moins sur S (sinon remplacer par exemple fx,. . . , fk par leurs puissances), le lieu singulier de Vhypersurface irréductible X du théorème est précisément égal à S. Nous aurons besoin d'exprimer dans la démonstration qu'une hypersurface dépend «continûment» de son équation, propriété explicitée dans les propositions 1 et 2 . 2. Déformation des composantes irréductibles d'une hypersurface en fonction de l'équation. Les propositions 1 et 2 qui suivent sont probablement classiques. Mais vu leur importance pour la démonstration du théorème, CONSTRUCTION D'HYPERSURFACES IRREDUCTIBLES 221 il nous a semblé préférable d'en donner une preuve afin d'être complet. Proposition 1. - Soient Î2 une variété analytique complexe connexe de dimension ny H(Î2) l'espace des fonctions holomorphes sur n, et K une partie compacte de SI. A toute fonction /EH(Î2) non nulle, on associe l'entier vK^f) > somme des multiplicités de f sur les composantes irréductibles de Zf = {z E £2 ; f(z) = 0} qui rencontrent K, et on pose &>K(0) = °°. Alors l'application f-? ^k(/) est semi-continue supérieurement sur H (£2). Démonstration. - On prouve la semi-continuité en une fonction / ¥= 0 fixée une fois pour toutes. On commencera par substituer à K des compacts Kx, K2 plus appropriés tels que M/) = V/) = *k2(/)> ^k(^) < vkx (g) < pk2 (S) P°ur S voisine de /. Le lieu singulier S de Zf a en tout point une codimension > 2 . Quel que soit z0 E S H K, il existe donc des coordonnées locales wx, . . . , wn telles que Wj(zQ) - 0 , 1 < / < n , et telles que le point z0 soit isolé dans l'ensemble S H {w3 = . . . = wn = 0}. On choisit e > 0, puis r? > 0 assez petits de sorte qu'en notant V,o= {zEftilw^z)!2 + |w2(z)|2 2 } , B2q = {EEÎÎHw^z)!2 + |w2(z)|2 =e2, et |w/.(z)) 2 } , on ait SHBZ = 0 , et que les composantes irréductibles de Zf ne rencontrant pas K ne rencontrent pas non plus Vz . Si Vz , . . . , Vz recouvrent SHK, on pose KX=(K\ U V\U U Bz.. Toute hypersurface de Î2 qui coupe V2. en un point #, coupe également B2., sinon la trace de cette hypersurface sur l'ensemble {zen-\wx(z)\2 + |w2(z)|2 2} 222 J.P. DEMAILLY serait un ensemble analytique compact de dimension 1 ou 2. Pour tout gGH(£2) on a donc J>K(g) < ^K (£)- De plus par construction, M/) >%(/)> et SPIK1=0. Soient X'l9...9X'k les compo santes connexes de Z^\S qui rencontrent Kj, et L;, 1 0, donc zeKl\K2 Zg H Kj C Zg H K2 lorsque g tend vers /, ce qui entraîne l X' n \Jq l'application qui en coordonnées locales s'écrit (wx, w2,. . . , wn) -? (0, w2, . . . , yv") . Comme X' est connexe, on peut toujours faire en sorte que U ira(Ua) soit q H H connexe. Pour chaque couple (qx ,q2) d'indices distincts tels que % (UQ2) H 7rqi (U<ï2) =É 0 , on choisit un point *a a E *a (U0 ) H 7Tfl (IL ) . ^1^2 ?1 ^1 ?2 ?2 On pose A* = {z G U^ ; |w;.(z)| < 1 - e , 1 0 assez petit de manière que les conditions suivantes soient réalisées pour tous les couples (qx, q2) précédents : (7) Ae = U A' est un voisinage de X'HL. q *i Grâce à la propriété (7) et au fait que Zf H Ae = X' H Ae, on voit que vh < vK au voisinage de / dans H (fi), et que ^L(/) = vAe(f) = multiplicité m de / sur X'. La démonstration sera achevée si nous prouvons que v e(g) 0). Soit Y une composante irréductible de Zg rencontrant Ae, avec YHAj ¥= 0 par exemple. L'inégalité (8) entraîne que YHA' = Y n B* , donc pour tout z E 7r" (A* ), le sous-ensemble analytique Y O B* Ha-"1^) du disque B* ftir~*(z) est compact. Il en résulte que les fibres YHBj H 7T"1 (z) sont discrètes, et comme dim Y = dim X' = n - 1 , 7rfl (Y n B* ) est ouvert dans ttQi (B^) = irQi (A^). Mais d'autre part, ^ (Y nly = tt^ (Y n A^) est une partie compacte non vide, donc irq (Y H B^ ) = irq (Aq ) par connexité de ir (Aq ). D'après (5) et (6), pour tout indice q2 tel que ^(Ap n ^(A^) =É 0 , on a YHA^0, donc aussi irn (Y H B* ) = 7r_ (A* ) en répétant le même raisonnement. ^2 q2 q2 q2 Il en résulte par connexité de U TTa(Aea) (hypothèse (5)) que pour q H H tout indice q on a 7rq(Y D Bq) = irq(Aq). Choisissons arbitrairement un indice q0 et un point *o6'ï,(Aî,)- D'après le théorème de Rouché et la condition (8), la fonction g possède exactement m zéros (comptés avec multiplicités) dans le disque B* <^0n~1(hn). Si Yt, . . . , Y. sont les composantes 224 J.P. DEMAILLY irréductibles de Zg qui coupent Ae (donc aussi B* ^Ttqx(h0) en vertu de ce qui précède) et ml, . . . , mr les multiplicités respectives de g sur ces composantes, chaque point de Yy. HBj H n~l (h0), 1 < / < r, contribue pour au moins ray. zéros. Il vient par conséquent *>Ae(g) = ml + . . . + mr 2, la condition (10) est nécessaire pour que vK soit continue en /; dans le cas n = 1 , la condition (9) est en fait nécessaire et suffisante. Proposition 2. - Soient SI, K et f comme dans la proposition 1, / étant non nulle, et Xx = X[, . . . , Xk = X'k les composantes irréductibles de Z^ qui rencontrent K. Alors, pour tout ouvert iô de SI qui rencontre chaque X;., les composantes irréductibles de Zg qui coupent K, rencontrent co dès que g est suffisamment voisine de f. Démonstration. - On revient aux considérations précédentes, en supposant dans ce qui suit que g est prise suffisamment proche de /. Alors toute composante Y de Zg telle que Y n K ¥* 0 rencontre L = L; pour / = 1 ou 2, . . . ou k. On choisit ensuite les IL de sorte que co H U 7r0(U0) =£ 0 , ce qui est toujours pos- sible puisque X' est connexe. On prend enfin h0 E co, et e assez petit pour que hQ appartienne à un certain pavé B^ , avec 3. Démonstration du théorème. Soit E l'espace de Fréchet des fonctions entières g telles que les semi-normes CONSTRUCTION D'HYPERSURFACES IRREDUCTIBLES 225 -4^(Log|z|) (11) Pj(g)= sup \g(z)\e > ,7 = 1,2,... zec" soient finies. Notons Bp la boule fermée de centre 0 et de rayon p, (Kp)pGN une suite exhaustive de compacts de C"\S, et Up (resp. -V ) l'ensemble de fc-uplets g = (g19... ,gk) E Ek tels que, k si F = ^ f.g., tous les points de ZF Pi Kp soient réguliers pour F (resp. vB (F) < 1 , c'est-à-dire qu'une composante irréductible p au plus de ZF rencontre Bp, composante sur laquelle F a la multiplicité 1). D'après la proposition 1 , Vp est ouvert, et il en est de même trivialement pour Up. Si l'on montre que Up et Vp sont denses dans E*, le théorème de Baire entraînera que H (Up H Vp) est dense, d'où la conclusion. p Densité de Up Il suffit de prouver que l'ensemble fermé des a = (al9... ,ak)ECk tels que (gx + ax, . . . ,gk + ak) n'appartienne pas à Up est négligeable, et pour cela, que l'ensemble des a tels que la fonction F*= t /,(*,+*,) ait un point critique sur ZF\Zf., est négligeable quel que a Jj soit /, 1 < / < fc : en effet Zf HLC U ZF \Z,. . Lorsque Ja p Kj"*/ > définie sur c"\z/- - L'en" semble de ces valeurs critiques est négligeable dans C (théorème de Sard), d'où la conclusion par Fubini. Densité de Vp C'est le point essentiel de la démonstration, le seul qui utilise (1) et la définition de E par les semi-normes (11). Si (#!,... ,gk)¤Ek est donné, on peut choisir des vecteurs a1 E Ck , a2 El Ck arbitrairement petits tels que les fonctions 226 J.P. DEMAILLY Fi = i ft(8,+a}) , F2= £ fjigj+af), 7 = 1 7=1 aient un ensemble de zéros communs ZF H ZF de dimension pure 72 - 2 : fixer a1 tel que Fx soit non nulle, puis utiliser le fait que codim S > 2. On peut maintenant trouver a aussi proche de 1 que l'on veut, tel que les zéros critiques de F1 + a¥2 soient conte- F nus dans ZF H ZF : prendre oc valeur régulière de - --^- sur 12 Ï7 1 F 2 C"\ZF , et - valeur régulière de sur C"\ZF . Soient Y 2 a Fx l l'hypersurface d'équation Fx + a¥2 = 0, et Yx, . . . , Yr les différentes composantes irréductibles de Y qui rencontrent B ; on prend sur chaque Y;. un point z;. régulier pour Y, n'appartenant ni à Bp, ni à ZF (ce qui est possible, car Y;. HZF CZF DZF est de dimension n - 2). On choisit ensuite des vecteurs ux, . . . , ur deux à deux indépendants tels qu'en notant H;. l'hyperplan (z - Zj, Uj > = 0, on ait les propriétés suivantes : 21)H;. ne rencontre pas Bp, et \itj - z;. | < 1 , ce qui est vrai dès que | Uj - z;. | est assez petit, 22)H;- coupe transversalement Y;. en z;., 23)Hy. ne contient pas zs pour s ¥= /, 24)Les sous-espaces Hx H Hy, / > 1 , sont deux à deux distincts, et non contenus dans Y U ZF . r 2 Pour chaque / > 1 , on sélectionne un point Xj G Hl H H;. tel que (16) Jf.^YUZF U U H,. L'idée est que les hyperplans Hl, . . . , Hr «relient» entre elles les composantes Yx, . . . , Yr, et qu'en déformant un peu l'ensemble Y2 U . . . U Yr U Hx U . . . U Hr on obtiendra une hypersurface irréductible. On pose quel que soit e G C G, = I (F, + aF2) n_ (,-/ '' en z;., on peut prendre grâce à (13), (14), des coordonnées locales (Wj, . . . , u>") telles que <*'"/> I Fl + "F2 n A " <*>"*> \ . ' 2 2 F2 Ks/' (z,Uj) 1 F, + û:F1 " / (z,u.) Z \a> - i £ |J I 1 ? wx en jc;. , / > 1 , on peut grâce à (16) trouver des coordonnées locales (w1? . . . , wrt) telles que ux > ;i = - - n (î - --^-), w2 = î Soit ojz. (resp. cojc.,/>1) un voisinage ouvert de z;- (resp. x;), tel que les coordonnées (w1? . . . , wn) réalisent un isomorphisme de oûz. (resp. ojx.) sur le polydisque P6 = {w ECn ; I w-1 < 5 , 1< / < w} de C". Dans les ouverts coz. et cox,, ZG admet l'équation w*w~ +6 = 0, donc pour 0 < | e \ < 52 , Za H a>. et Zr H cjv sont irréductibles. Par ailleurs ZG admet l'équation w^j = 0, où Wj = 0 représente Phyperplan H;, et w2 = 0 l'hypersurface Y (dans coz.), ou l'hyperplan Hj (dans co^.). On peut donc choisir des compacts L; de o?2. et M;- de a)x>, />1, tels que zG n Lj = Hy. n Ly et H; n Ly =£ 0 , ZG HM^^nM, et ^n^-^0, et il est clair que l'hyperbole wxw2 + e = 0 rencontre Ly, ou M;. selon le cas, dès que e est assez petit. On applique maintenant trois fois consécutives la proposition 2 avec fi = C" , / = G0 , g = Ge, où K, {X1, . . . , Xk } et a> sont remplacés par Bp -{Y* Y-> - L;- , {Hy} , co pour / > 1 ; My , {HJ , coZj pour / >1 . Si e ¥= 0 est assez petit, et si T est une composante irréductible de ZG qui rencontre Bp, on obtiendra successivement les conséquences (17), (18), (19) ci-dessous: 228 J.P. DEMAILLY (17) T rencontre U co_ ; Kj 1 ; alors T H Ly = {wxw2 + e = 0} D Ly. ^ 0 ; (18) TOco^.^0, donc TnM/ = {w1w2+e}nM/^0 ; (19) THcoz *0. Dans tous les cas, on voit que T H coz =£ 0 ; comme ZG H coz = + e = 0} H coz est irréductible et que Ge = (w1w2 + e) F2 y a la multiplicité 1 , ZG possède au plus une composante T rencontrant Bp, sur laquelle Ge a nécessairement la multiplicité 1 ; par définition Ge appartient à Vp . k Ecrivons maintenant Ge = Y, //£/,e avec /' = i fte = | (te, + */) + «(*, + af)) fi (l - /'"J>x) + e(*y + a/) ; y,e 2 ' ' ' ' s=i v (zs,us)/ ' ' on fait tendre a1 et a2 vers 0, a vers 1 , z5 vers °°, et e vers 0. Il résulte de (1) et de la définition de E (cf. (11)) que dans E la multiplication par un polynôme est continue. On vérifie enfin, en utilisant la relation (12) \us - zs\<\ 9 que gj ¤ tend vers gj, d'où la densité de Vp . Remarque 2. - La démonstration révèle en fait que les fc-uplets de fonctions (gx,. . . , gk) E Ek satisfaisant aux conclusions (2) et (3) du théorème constituent un G6 dense dans Ek . Le quatrième paragraphe est consacré à l'application du théorème au contre-exemple annoncé dans l'introduction. 4. Exemple de courbe irréductible d'ordre 0 , ayant un lieu singulier d'ordre infini. Rappelons d'abord brièvement l'exemple de Cornalba-Shiffman [ 1 ]. On choisit une suite de nombres complexes distincts non nuls, an , tendant très vite vers °°, et on pose CONSTRUCTION D'HYPERSURFACES IRREDUCTIBLES 229 L n /, _Z1\ u ," ,- fl(*0 /i(*i> = t n (i--î-) , M*i> = i-ii- on détermine ensuite, étant donné une suite quelconque (/:") d'entiers, une suite (e") de complexes non nuls, tels qu'en définissant le polynôme ?k par pjt(z2) = /n (s2-})> la série /2(z1,z2)= £ enhn(zx)¥k (z2) soit convergente. L'ensemble analytique " = ° S= {(z,,z2)¤C2 ; /,(z1)=/2(z,,z2) = 0} est l'ensemble des points de coordonnées (1 1 ) z, =a" , nGN, z2 G 1 -,...,_ . ( » ) La croissance de fx est aussi lente qu'on veut, pourvu que la suite (an) tende vers °° assez vite ; on choisit alors kn très grand et en très petit de sorte que f2 soit à croissance lente et S à croissance très rapide. De façon précise, on obtient la Propositions (Cornalba-Shiffman [1]). -Pour toute fonction croissante positive y vérifiant (1), et toute fonction \p : R -? [0, + ©o[ croissante, on peut trouver fx et f2 telles que Log l/,^)! <^(Log |zj), Log \f2(zl ,z2)| < i//<>), quels que soient z = (zl5z2)GC2 et r > 0 . On remarquera que par construction, le jacobien de (/i ,/2) est non nul aux points de S. D'après le théorème, on peut trouver des fonctions gx et g2 telles que / = fx l gx + f22 g2 soit irréductible (où 2 \p(r), 27)Zf a au voisinage des points singuliers Vêquation (20) Remarque 3. - Des modifications évidentes dans la construction de fx et f2 permettraient de faire varier (px,p2) à volonté. 5. Applications à l'analyse harmonique. (D(Rn) (resp. g'(R")) désignera comme d'habitude l'algèbre de convolution des fonctions indéfiniment différentiables (resp. des distributions) à support compact. A toute distribution wEg'(Rn), on associe sa transformée de Fourier-Laplace û E H(CW) définie par û(z) = ux(e-Hx>z)). La classe des transformées de Fourier-Laplace des éléments de ûD(R") et de g'(R") est caractérisée par le théorème bien connu de Paley-Wiener : Une fonction entière f est transformée de Fourier-Laplace d'une fonction de (D(Rn) (resp. d'une distribution de S'(RW)) à CONSTRUCTION D'HYPERSURFACES IRREDUCTIBLES 231 support dans la boule fermée de centre 0 et de rayon A, si et seulement si pour tout entier N > 0, // existe une constante CN telle que (24) |/(z)| 2), telles que les transformées de Laplace ûl9 . . . ,ûk aient un ensemble de zéros communs de codimension > 2 en tout point. Alors il existe des fonctions vl9 . . . ,vk dans k (D(Rn) telles que la fonction V = £ u- * i;y. soit irréductible dans Vanneau &'(Rn). > = 1 Pour tout compact Ky- de R" d'intérieur non vide, 1 3, Dixmier - Malliavin [2] pour n = 2). - G)(Rn) * (D(Rn)^G)(Rn) pour n > 2 . Démonstration de la proposition 5. - Soient wx, . . . , wk des fonctions non nulles de (0(B), où B est la boule de centre 0 et de rayon A. On peut supposer que (26) les fonctions ûl wl5. . ., ûk wk ont un ensemble de zéros communs de codimension > 2 en tout point. Si (26) n'est pas vrai, on remplace Wj par w](x) = wf(x) exp(/ (af, x>), ^GC", de sorte que Wy(z) = w;.(z - a;). L'hypothèse (26) relative aux fonctions w;' signifie que pour tout j ^ s on a 232 J.P. DEMAILLY (26') codim(fly + Z^,)nzfi = codimte + Z^.)n(^ + Z^ )=2. J S J s Choisissons sur chaque composante irréductible de Z^. un point #/p (où pGN). Il est clair que (26') est réalisé dès que (tfi,..., A*) est en dehors de la réunion (dénombrable) des ensembles analytiques dans (Cn)k définis par l'une des conditions */ + */.pGZûf > */-*. + */.pgz*, > j*s,pen. Par conséquent (26') est vrai pour un ensemble dense de (ax> . . .\ak)E(Cn)k. D'après (24), il existe pour tout entier N une constante CN telle que (en revenant à la notation w;) (27) |wy(z)i sup - = + <» t-+ + °° t ngn 2 donc la condition (1) est satisfaite. D'après le théorème du § 1 , il existe des fonctions entières gx, . . . , gk telles que la fonction k F = Y^ ûjWjgj soit irréductible, et qui satisfont à la majoration (29) Log|*y(z)|<*(Log|z|). Il résulte aisément de (27), (28) et (29) que Log|\vy(z)| (Log \z\) + A \Imz\. Le théorème de Paley-Wiener montre qu'il existe une fonction k Vj E ®(B) telle que i>;- = w;gy. Si l'on définit V = £ "/ * *>/ » alors V = F est irréductible dans H(CW), par conséquent V est irréductible dans ê'(R"), car les seules fonctions entières inversibles vérifiant (25) sont les exponentielles X exp (- / (a, z >), CONSTRUCTION D'HYPERSURFACES IRREDUCTIBLES 233 aGR", correspondant par la transformation de Fourier-Laplace aux mesures de Dirac \8a . Faisons maintenant tendre ûj vers 0 dans Cn , et gf> vers 1 , gy satisfaisant de plus à (29) (cf. remarque 2) ; on obtient la densité des (vx, . . . , vk) dans (D(B)*. Si Kx, . . . , Kk sont des parties compactes de R" , K;- =£ 0 , l'ensemble des fc-uplets («!,... ,vA:)G(x)(K1) x ... x (D(Kk) k tels que la fonction V = £ «y. * vf ait une transformée V irréduc- 7 = 1 tible dans H(C"), est un G6 (utiliser la proposition 1 et la continuité de la transformation de Laplace). Vérifions brièvement que ce G6 est dense. Pour tout e > 0, désignons par (Ky)e la partie compacte {x GKy \d(x, CKy) > e} C Ky ; soit p G ffl(R") une fonction positive d'intégrale 15 à support dans la boule de centre 0 1 /- (y - x\ dy et de rayon -, et posons p, ¤(x) = / p ( ) - - 3 y'c Jye(K,)2e v e ' en 1 3 La fonction pJ¤ ^ (D(Rn) a les propriétés suivantes : (30) pAe = 1 sur (K,)e , Supp(p/.e)C(K/)1 ; 3 (31 ) pour tout multi-indice oc E N" , il existe une constante Ca indépendante de e telle que \Wp,t¤W\ 2. D'après ce que nous avons déjà démontré, il existe des approximations wx,. . . ,wk de ô0 k dans 6D(RW) telles que la fonction V = X uj * v]f¤ * w/ soit frré" 7 = 1 ductible. La preuve s'achève en faisant tendre v'j e vers u;-, et w;. vers 50 . Remarque 4. - Dans le cas « = 1, la situation est tout à fait différente. Il est aisé de voir, en utilisant la factorisation canonique de Weierstrass-Hadamard des fonctions entières (24), que tout élément de (R) * 2. Proposition 6.-// existe une famille (VX)XGC, dépendant analytiquement de X, de fonctions irréductibles dans l'anneau S'(R"), premières entre elles deux à deux, telles que les transformées de Laplace Wx aient un facteur commun H G HCC") non inversible. De plus, (32) la décomposition en facteurs irréductibles, lorsqu'elle existe, n 'est pas unique en général dans &' (R"). Démonstration. - On considère la fonction d'une variable Il est classique que g est une fonction entière d'ordre 1 qui n'est pas de type exponentiel, et d'après la formule de Stirling g possède la majoration (33) 1*^)1 g(z1) g{X- zx) est dans l'espace ê'(R) des transformées de Laplace. Un raisonnement analogue à celui de la proposition 5 fournit, pour toute boule fermée B de centre 0, des éléments u, u' de CD(B) tels que la fonction H(zl9...,zn) = û(zi9. .. ,zn)g(zi) + û'(zl9. ..9zn)g(zx + -) soit irréductible dans H(C"). Montrons tout d'abord que H n'est pas de type exponentiel. Fixons (Zj,. . . ,z^)ECw~1 de manière CONSTRUCTION D'HYPERSURFACES IRREDUCTIBLES 235 que la fonction h(zx) = H(z1 ,z£,...,z°) ne soit pas identiquement nulle. De (33) on tire la majoration 1/2^)1 dans le secteur angulaire |ArgZ! | <7r/4. Si h était de type exponentiel, on en 1 /*27r déduirait lim -- / Log \h(reid)\ d6 = - «>, ce qui est absurde. Il est clair que la fonction entière F\(*i>- --,*«) = H(z1,z2,...,z")H(X -zlsz2,. .. ,zn) appartient à 6D(R"), que Fx est irréductible dans l'anneau des fonctions de type exponentiel, mais réductible dans H(C"). Les fonctions Vx E